I . Séance du i4 mai
600 LA COMPAGMt; DE JÉSUS
en général. Selon lui « elles avaient fait leur temps ». Il ne songeait à demander ni « leur résurrection, ni leur retour ». Seulement il lui répugnait « qu'on allât fouiller dans les consciences, scruter la foi intérieure, obliger un citoyen de 1830 à affirmer par écrit quelles sont ses opinions, sa religion, ses vœux. De telles mesures, disait-il, ne sont pas de notre époque, elles rappeUent les temps de l'Inquisition... Elles ne sont qu'une prime à l'hypocrisie et au mensonge, et si vous avez flétri les escobarderies d'autrefois, il ne faut pas faire des législations qui ne semblent destinées qu'à en provoquer de nouvelles.. . Vous ne demanderiez pas cela à des magistrats, à des avocats... ; il ne faut pas le demander à de pauvres religieux'. »
Un orateur abondant de la Haute Chambre, le marquis de Boissy se distingua par son ardeur à appuyer l'amendement du duc d'Harcourt,^ mais en poussant plus loin encore les précautions. Non seulement il n'était pas Jésuite et ne voulait pas « de la Congrégation de Jésus », mais il regrettait de la voir combattre d'une façon qui, à son avis, lui serait plus profitable que nuisible. « En en faisant, disaitil, le Croquemitaine du moment, je crois qu'on lui donne beaucoup trop d'importance et que, en la poursuivant comme on le fait, on lui ralliera plutôt les esprits qu'en ne les en éloignera 2. »
Cette peur du Jésuite, peur réelle ou simulée, caractéristique de l'état d'àme de la Chambre des Pairs en ces dernières années de son existence 3, pesa jusqu'à la fin sur la discussion de la loi destinée à organiser la liberté d'enseignement. A vrai dire, c'était plutôt chez le grand nombre la peur de voir passer l'enseignement aux mains du clergé, hypocritement désigné, pour les besoins de la cause, sous le nom des Jésuites. A la veille du scrutin final, M. Rossi constatait que le débat avait été « dominé,