‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 340 sur 382 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

pas d'intérêts difliciles à traiter » ; il s'agit simplement de l'exécution des lois. « La dignité du Gouvernement est intéressée à ce qu'on ne donne pas trop de temps à cette négociation. » M. Thiers désire qu'on sache bien que lui et ses amis sont résolus à poursuivre l'affaire « avec la constance nécessaire pour obtenir un résultat », Et M. Dupin d'exiger une fois de plus l'engagement ministériel que les lois seront exécutées, quelle que soit l'issue de la négociation en cours.

Cette impatience d'en finir avec les Jésuites fut pourtant ce qui détermina en leur faveur une manifestation parlementaire comme on n'en avait pas vu jusqu'alors. Le lendemain, 11 juin, on discutait à la Chambre Haute certains crédits pour les Affaires étrangères. Montalembert en prit occasion pour riposter à l'interpellation du 2 mai, au vote des députés et aux déclarations du ministère. Le jour suivant, on entendit le comte Beugnot et le marquis de Barthélémy; il ne leur restait rien de leur timidité de l'année précédente. « Tous trois, dit M. Thureau-Dangin, le premier avec un éclat de passion dédaigneuse et vengeresse, le second avec un grand sens politique, le troisième avec une connaissance étendue du problème juridique, mirent en vive lumière l'inanité des griefs allégués contre la Compagnie de Jésus, l'illégalité et le péril des mesures qu'on voulait prendre contre elle. Ils flétrirent la conduite de l'opposition libérale, donnant un démenti à tous ses principes, et aussi la faiblesse du ministère livrant la liberté religieuse à des passions qui n'étaient ni les siennes, ni même celles de ses amis, mais celles de ses ennemis*. »

Le manque de franchise, caractéristique de toute la manœuvre ourdie contre les Jésuites, faisait la partie belle à l'éloquence fougueuse de Montalembert. Après avoir contesté la valeur légale du vote de la Chambre,

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