‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 341 sur 382 · I. Histoire de la Monarchie de Juillet. Tome V, p. 56a · texte numérisé non relu

I. Histoire de la Monarchie de Juillet. Tome V, p. 56a

laquelle n'a pas qualité pour interpréter les lois, puis raillé l'ultramontanisme du Gouvernement qui va demander à Rome son appui pour faire exécuter les lois de l'État, l'orateur prenait une à une les accusations élevées contre les Jésuites, et montrait qu'elles s'adressaient aux évéques, au Pape, à l'Église elle-même, à l'Église catholique que l'on visait en réalité sans avoir le courage de l'avouer : « Pourquoi donc, s'écriait-il, les Jésuites sont-ils seuls accusés ? Oh ! c'est que leur nom est impopulaire ; leur nom est commode pour la haine; il dispense de la vérité et il remplace la justice... Eh bien ! je ne crains pas de dire sans désigner personne, qu'il y a dans cette tactique une souveraine lâcheté et de plus une souveraine hypocrisie, et j'ajoute, une souveraine impuissance. . . Et sachez-le, disait-il en terminant, le sacrifice du juste ne profite jamais en dernière analyse qu'à la justice. Gela s'est toujours vu depuis le temps de Pilate, et c'est un exemple, une méditation que je recommande aux nombreux successeurs de ce fameux homme d'État parmi nous. »

Pendant deux longues séances la Ghambre desPairsetle Gouvernement durent se résigner à entendre la défense des Jésuites, rigoureuse, complète, où laquestion étaitenvisagée sous tous ses aspects, avec une hauteur de vue et un accent de sincérité que l'on n'était guère accoutumé à rencontrer dans les harangues de leurs adversaires. Le comte Portalis en donna une preuve de plus dans un discours où il leur attribuait des prétentions à une hégémonie chimérique au sein de l'Église. Quant au ministre des Gultes, obligé de dire pourquoi on s'en prenait aux seuls Jésuites, tout ce qu'il sut leur reprocher de façon un peu précise, ce fut «d'être venus hautement, à la face du pays, déclarer ce qu'ils étaient ».

Le marquis de Barthélémy à la Ghambre des Pairs, comme Berryer à la Chambre des Députés, avait examiné la situation des Ordres religieux en France au point de vue juridique . L'un comme l'autre, ils avaient établi

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