CHAPITRE XII G
le mécontentement, le découragement et surtout la défiance à l'égard de Rome '. »
Il fallut du temps pour calmer des récriminations dont le respect était parfois impuissante tempérer la violence. Plus d'un mois après, le Père Guidée fait part au Père Général des propos qui continuent à circuler parmi des catholiques de marque : « On traite à Rome avec un apostat, un renégat; on s'en rapporte à sa parole, La seule réception de Rossi comme négociateur a été un scandale; jugez de l'efTet produit par son succès... Tout le monde parle de làcJieté à l'adresse de la plus sainte autorité. » (11 Août.) A peu près à la même date un Supérieur de Lyon se fait l'interprète de plaintes plus modérées dans leur expression mais non moins profondes : <f Quant aux concessions que Votre Paternité a cru devoir faire, je dois à la vérité de dire qu'elles ont beaucoup affligé et consterné les catholiques les plus dévoués à l'Église, qu'elles ont même blessé et indisposé plusieurs de nos meilleurs amis et de nos plus zélés défenseurs. Je puis citer NN. SS. de Lyon, de Langres, de Chartres et MM. de Montalembert, de Barthélémy, Beugnot, de Vatimesnil, etc. M. de Barthélémy en a été malade et M. de ^Nlontalembert en a exprimé de vive voix sa profonde douleur à notre vénéré Cardinal. . . Les vrais et fervents catholiques s'attendaient à nous voir résister vaillamment... ; quand ils ont vu, par nos concessions, que nous nous retirions du combat et que nous trompions leurs espérances, ils en ont été douloureusement affectés, et presque indignés et découragés-. »
Jusqu'à la fin de cette triste année la même note douloureuse se fera entendre de tous les points du territoire. Le Père Jordan, alors Supérieur de la résidence de Grenoble et qui allait bientôt succéder au Père Maillard comme Provincial de Lyon, écrit le 5 novembre : « Nos amis, ici