Le P. Louis Valantin au 11. P. Rootbaan, i2aoùti
comme partout en France, gémissent des concessions qui ont été faites, et nous sommes souvent embarrassés pour répondre à leurs plaintes. »
Mais de toutes les remontrances que les Jésuites français eurent à essuyer par suite de leur prétendue capitulation, la plus pénible fut assurément celle qui leur vint de Tévéque de Langres, Mgr Parisis. Nous avons dit avec quelle énergie il les avait conviés à une résistance intransigeante. La victoire de Rossi et l'information qui l'attribuait à la capitulation des Jésuites lui causèrent un mortel déplaisir; il reprit la plume et écrivit une Lettre à un catholique ; datée du 14 juillet, elle parut le 22 dans V Univers, et fut en même temps répandue sous forme de brochure. Le prélat paraît d'abord excuser la conduite des Jésuites; il plaide, si l'on peut dire, les circonstances atténuantes. Les évêques étaient disposés à tout pour eux. « Mais on leur a fait croire au loin que cette générosité de l'épiscopat était téméraire, que, en acceptant l'appui des évêques, ils compromettaient certainement et gravement leurs protecteurs et avec eux la religion tout entière. On peut sans doute accuser ces représentations de mensonges; on peut plaindre les chefs de la Compagnie d'y avoir ajouté foi. Mais dès que les Jésuites ont accepté cette conviction, peut-on blâmer, ou plutôt peut-on ne pas admirer ce qu'ils viennent de faire ? » On sent assez que l'évêque a sur le cœur la faute qu'il ne veut pas « blâmer », sur laquelle il appelle même l'admiration ; il y a vu un excès de crédulité et tout ensemble un manque de confiance offensant pour l'épiscopat. Mais que dire de ce qui suit? « Quels seront les résultats de la concession faite par les Jésuites ? Le premier résultat, c'est que nous n'aurons plus à nous occuper d'eux. Ils se sont'placés, pour ainsi dire, hors la loi ; ils ont quitté le front de l'armée sainte où se trouvait naturellement leur poste; ils ont abdiqué pour leur compte des droits incontestables; ils nous ont mis dans l'impossibilité de les défendre. »
Ainsi donc l'évêque, qui s'était placé à la tête de l'Eglise