M. de Monter, op. cit. p. 'j
[^a Compagnie de Jésus. 6
âmes froides et glacées..., ces esprits à calcul, à combinaisons mathématiques, ces artistes à système d'accords chromatisés, ces compositeurs savantasses qui voudraient assujétir la mélodie à tous les caprices, à toutes les lois d'une froide science harmonique *. »
Toutefois le Père Louis Lambillotte ne s'est pas borné à composer des airs de cantiques, des oratorios, des messes et des saints ; «. la restauration du chant grégorien, dit M. de Monter, fut son œuvre maîtresse ». Il y consacra les douze dernières années de sa vie, alors qu'il était encore dans la force de l'âge et qu'il avait la plénitude de ses moyens. Ses travaux, ses recherches, ses découvertes, ses polémiques doivent trouver place dans cette Histoire; mais ce serait trop anticiper que d'en parler ici.
Pendant que les Jésuites français, chassés par la tourmente, reprenaient ici et là, loin du pays, leur vie religieuse dans des conditions régulières, ceux qui étaient restés en France allaient y commencer une existence de proscrits. La dispersion, l'isolement qui en était la suite, la réprobation populaire soulevée contre eux, sans parler des privations inévitables, c'était de quoi leur faire expérimenter la béatitude évangélique de la persécution. Ils l'accueillaient d'ailleurs en hommes préparés de longue main à la recevoir. « C'est donc à présent, écrivait l'un d'eux, que nous commençons à être véritablement ce que nous faisons profession d'être. Nous goûtons maintenant tout le bonheur de ces paroles de l'Apôtre, et de tant d'autres dont l'Écriture est pleine : Maledicimur et obsecramus... Si exprohramini in nomiiie Christi, heati eritis... Quelle- grâce et comment y répondre ^ ! »
Le Père Général répondait sur le même ton : « ...Oui,