‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 49 sur 382 · Cf. VAmi de la Religion, tome LXVIII, pp. 196 et · texte numérisé non relu

Cf. VAmi de la Religion, tome LXVIII, pp. 196 et

n'ayant pas de passeport, on le met en prison. En y entrant il fait vœu de prêcher le Rosaire, s'il recouvre sa li])erté avant le premier dimanche d'octobre ; c'était sur la fin de septembre. Le Père Besnoin fut relâché au bout de quelques jours, grâce à l'intervention du célèbre avocat libéral, M. Janvier, adversaire déclaré des Jésuites, mais ennemi non moins ardent des mesures arbitraires. Le missionnaire avait employé ses loisirs forcés à catéchiser ses compagnons de captivité et à préparer un de ses geôliers à la première communion. Sa première visite fut pour son vieil ami, le curé de la cathédrale : — « Père Besnoin, lui dit l'excellent homme en le serrant dans ses bras, je suis exaucé ; j'avais prié la Sainte Vierge de vous faire mettre en prison, parce que vous prêchiez partout, et jamais chez moi. — Ce sera pour demain, repartit le Père, car moi j'ai fait vœu de prêcher pour la fête du Rosaire, si j'étais libre ce jour-là. »

L'année suivante, le Provincial de France lui-même, le Père Druilhet, était le héros, ou plutôt la victime de semblable aventure. C'était sur la fin de juin 1832. Comme il venait de faire sa visite au collège du Passage, à l'arrivée de la diligence à Bordeaux en pleine nuit, il fut arrêté et conduit devant le commissaire de police. Là, il eut à subir un premier interrogatoire qui dura deux grandes heures. Tous les papiers qu'il portait sur sa personne ou dans sa valise furent saisis et examinés. Il n'y avait certes aucun secret intéressant la sûreté de l'Etat, mais bien d'autres de nature plus ou moins intime, que le malheureux Supérieur ne pouvait sans de cruelles appréhensions voir en des mains étrangères. Il était en voyage deouis quatre mois; sa correspondance, son administration étaient à la merci des inquisiteurs officiels. — « Ma première pensée, racontait plus tard le Père Druilhet, fut d'adresser à Dieu une prière fervente pour qu'il empêchât ces gens-là de voir ce qu'ils ne devaient pas voir. » Heureusement une bonne partie des pièces révélatrices étaient en latin.

Page 1