‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 75 sur 382 · CHAPITRE JII · texte numérisé non relu

CHAPITRE JII

en 1816, il avait entendu l'appel de Dieu : « Jamais, écrivait-il quarante ans plus tard, je ne me serais présenté au séminaire de Saint-Brieuc, à l'âge de dix-sept ans, si j'avais su que la Compagnie de Jésus existât quelque part dans le mondée »

Gomme plusieurs jeunes ecclésiastiques sollicitaient l'autorisation de le suivre au noviciat, l'abbé Jean-Marie de Lamennais, administrateur du diocèse en qualité de vicaire capitulaire, dit au Père Thomas, Supérieur des missionnaires de Laval : « Prenez les cœurs que Dieu vous donnera; ceux-ci n'ont guère autre chose à vous offrir; quant à l'abbé Renault, c'est une tête au-dessus d'un grand cœur^. »

L'abbé Renault entra à Montrouge le 5 août 1819; puis, après un an de noviciat, il fut désigné pour enseigner la Théologie morale au scolasticat de Saint-Acheul. Socius du Père Gury en 1823-1824, il alla cette même année fonderie noviciat d'Avignon et y exercer la charge de maître des novices. C'est dire en quelle considération le Père Renault était dès lors tenu dans sa famille religieuse. Aucune fonction, en effet, n'exige, avec une vertu solide, plus de tact et de prudence. 11 la remplit pendant six ans, jusqu'au jour où la tempête révolutionnaire vint séparer le maître d'avec ses disciples. Quelques semaines auparavant, le Père Général lui écrivait : « Continuez, mon excellent Père, à former de vrais Jésuites... » (24 Avril 1830.) C'était exprimer tout à la fois un témoignage pour le passé et une espérance pour l'avenir. Le Père Renault avait effectivement donné une formation vigoureuse aux recrues que la Compagnie confiait à ses soins. Quatorze de ceux qui l'avaient reçue comptèrent parmi les premiers ouvriers des Missions étrangères renaissantes, et y périrent de bonne heure, victimes d'un dévouement qui ne savait pas compter. On a vu plus haut avec quelle générosité ceux qui furent surpris par la crise de 1830, acceptèrent l'exil

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