‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 76 sur 382 · Notice... P · texte numérisé non relu

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pour demeurer fidèles à leur vocation. Rappelant les souvenirs de son cher noviciat, le Père Renault disait plus tard, avec un attendrissement'qu'on aurait pu croire étranger à sa forte nature: « J'avais de saints novices. Il y en avait dont l'obéissance était si grande que j'étais obligé de bien mesurer mes paroles pour ne pas les exposer à faire des imprudences. Une année il en mourut six'; leur mort fut admirable ; il y en eut qui rendirent le dernier soupir, rayonnants de joie. Lorsque j'écrivis au Père Provincial pour annoncer la mort du dernier, je baignai ma lettre de mes larmes. »

Au moment où le Père Renault prit en main le gouvernement de la Province de France (25 avril 1833), elle ne s'était pas encore relevée du coup qui semblait l'avoir anéantie, trois ans auparavant. Une bonne moitié de ses membres résidaient toujours à l'étranger ; les autres pour la plupart vivaient dans un état de dispersion et d'isolement qui ne pouvait se prolonger sans mettre en péril la discipline religieuse. Les résidences existaient en droit, mais en réalité ceux qui en faisaient partie se réunissaient rarement et comme à la dérobée. Pendant toute cette période, disent les Lettres annuelles^ les Pères qui se trouvaient à Paris, « se rendaient, au jour convenu, à la maison de la rue de Sèvres pour assister aux cas de conscience et aux exhortations 2. » Du reste ils n'avaient pas encore repris le costume ecclésiastique. Il y avaitdans ces rendez-vous de quoi fournir matière aux histoires de complots ténébreux.

Il était temps de reprendre un train de vie plus régulière ; les circonstances paraissaient favorables. Le pays était las d'agitations politiques, et le fanatisme antireligieux qui avait fait explosion en 1830 s'assoupissait dans l'indifférence. Les publications impies se faisaient rares.

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