‹ La Compagnie de Jésus en FranceChapitre 81 sur 382 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Cet autel fut placé dans la crypte, apparemment au même niveau, ou à peu près, que la « chapelle souterraine » d'autrefois. L'abbé Le Rebours fit la bénédiction du monument, le 15 août 1887, assisté des PP. Théodore Salmon et Nicolas Bouchot. * Depuis lors il n'est guère de Jésuite venant à Paris qui ne réserve sa première visite pour l'humble crypte de la rue Antoinette ; plusieurs y ont prononcé leurs derniers vœux, et pour tous c'est une joie du cœur de renouveler leurs saints engagements en ce lieu vénérable.

En cette même année où le premier Provincial de France faisait son triste pèlerinage à Montmartre et s'assurait par ses propres yeux que, du pieux sanctuaire, berceau de la Compagnie de Jésus, les ruines mêmes avaient péri, etiam periere ruinae^ un autre édifice disparaissait, lui aussi plein de souvenirs pour la famille de saint Ignace. Un incendie dévorait les bâtiments du noviciat construit en 1612, rue du Pot-de-Fer Saint-Sulpice. Déjà l'église, transformée un moment en loge maçonnique, avait été démolie par la bande noire. A leur arrivée à Paris en 1801, le Père Varin et son compagnon le Père Barat auraient, d'après la tradition, dit la messe sur un autel improvisé avec des pierres ramassées dans les décombres. L'incendie de 1836 détruisit presque tout ce que la spéculation avait épargné jusqu'alors. 11 ne restait désormais des anciennes maisons des Jésuites à Paris que le collège Louis-le-Grand et la maison Professe de la rue Saint- Antoine. Louis-le-Grand devait survivre en l'état jusqu'à la fin du siècle, où il fut rasé et reconstruit à neuf, en même temps que la Sorbonne. Quant à la maison Pro- ■ fesse, aujourd'hui le lycée Charlemagne, elle demeure seule debout, avec son église devenue l'église paroissiale Saint-Paul-Saint-Louis, comme au temps où elle abritait les Bourdaloue et les confesseurs du roi.

En 1835 ces temps étaient déjà bien loin ; maintenant

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