I . Chapelle et couvent sont au n° g de la rue Antoinette
les Jésuites cherchaient un asile peu sûr dans des maisons faites pour d'autres. Cependant ils s'étaient installés dans leur résidence de la rue du Regard sans trop de crainte pour le lendemain. Ils n'en étaient plus réduits à se cacher comme les années précédentes ; leur nombre avait plus que doublé, leurs travaux grandissaient en proportion, et sans jeter beaucoup d'éclat, n'étaient pas infructueux. L'archevêque de Paris leur confiait la retraite pastorale du diocèse ; ils prêchaient également les Exercices spirituels dans des collèges royaux comme Henri IV et Louis-le- Grand, dans des institutions libres comme Laville, Poiloup, Bervenger, dans des hôpitaux ou hospices comme la Salpêtrière, Necker, la Charité ; les retraites publiques montaient en une année au chiffre de 76 ; celui des retraites privées atteignait 160, et celui des confessions entendues dépassait 40.000. Les curés de Paris ne faisaient pas difliculté de recourir aux Jésuites quand ils avaient besoin d'un prédicateur. Le Père Loriquet écrivait, à la veille du Carême de 1836 : « Nous voilà lancés dans les chaires de la capitale. Cette année nous en occupons six à la fois, sans compter les communautés... On paraît enfin convaincu que nous ne nous occupons que de notre ministère, et que, si le Gouvernement n'avait pas d'autres ennemis que nous, il serait immortel'. »
L'année précédente le Père Guyon, qui appartenait de nouveau, mais pour la dernière fois, à la résidence de Paris, avait fait une de ces campagnes apostoliques où il fournissait à lui seul la besogne de plusieurs ouvriers vaillants. Elle avait été marquée par deux incidents qui agitèrent l'opinion et que de nombreux journaux commentèrent de façons différentes. Nous les rapportons d'après le périodique religieux le plus autorisé de l'époque :
I . Au P. Druilbet à Lyon, 20 février i836. La lettre est signée Marie. Trop connu pour pouvoir sans danger mettre son nom au bas de sa correspondance, le P. Loriquet avait, depuis i83o, adopté ce pseudonyme.