Mgr Gerbet. Tome 1, p. i
L'y Compagnie de Jésus. 2
si l'on a le droit de punir ceux qui vont contre le sens commun'. »
Les Jésuites comme les autres cédèrent à l'entraînement. La plupart d'entre eux n'avaient fait que des études fort incomplètes sous des maîtres improvisés ; nous l'avons assez dit. Ce qui devait arriver arriva ; chez eux comme dans les rangs du clergé séculier, on se divisa en partisans et en adversaires du système de V Essai. « Cette division, dit l'annaliste de Montrouge, éclata d'une manière plus ou moins prononcée dans chaque maison. Ici le Supérieur prenait parti, là il ne disait rien ; ailleurs il était contre. Nulle part aucun frein efficace pour ramener les esprits échauffés. » On ne s'avancerait pas trop, croyonsnous, en affirmant que les noms les plus en vue dans cette première génération des Jésuites français furent aussi à un moment des noms d'ardents mennaisiens. Qu'il suffise de mentionner le Père Loriquet, le Père Renault, futur Provincial, le Père Delvaux, etc. Le Provincial d'alors. Père Richardot, n'avait-il pas un faible pour le système? On serait tenté de le croire; sans doute il eut assez de sagesse pour ne pas se déclarer ouvertement, mais la seule mesure qu'il crut devoir prendre au milieu du conflit fut la défense d'attaquer publiquement les doctrines philosophiques de VEssai. L'abbé Combalot, lui, avait déjà enseigné le système au grand séminaire de Grenoble, quand il se présenta à Montrouge. Son tempérament ne se prêtant guère à la contrainte de la règle, il dut quitter le noviciat, mais fut adjoint comme auxiliaire aux missionnaires de Laval. Entre temps il continuait à rompre des lances en l'honneur de la raison générale., à laquelle sa conviction fougueuse gagna plus d'un partisan parmi ses compagnons d'apostolat.
Cette agitation ne pouvait laisser indifférents les Supérieurs de Rome. Plus que tout autre l'Assistant de France,
I. Cité par Dupin dans la plaidoirie pour le « Constitutionnel », Novembre 1825.