‹ La compagnie de Jésus, esquisse de son histoireChapitre 12 sur 62 · III. — NOUVELLES ŒUVRES SOUS LE P. MERCURIAN · texte numérisé non relu

III. — NOUVELLES ŒUVRES SOUS LE P. MERCURIAN

Quatrième Général : Everard Mercurian (23 Avril 15^3- Ier Avril i58o)

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Troisième Congrégation Générale U»i

(12 Avril -16 Juin 15^3) |P

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45. Incidents à l’élection. — Convoquée par le :ss< P. Jean de Polanco, vicaire général élu, la 3eCon- (eci grégation Générale était réunie le 12 avril 1573. nnt Elle se mettait à sa tâche principale, l’élection du jÇo chef de la Compagnie, quand elle reçut comman- i N< dement du Pape Grégoire XIII de ne pas nommer j ip cette fois un Espagnol. On se rappelle que les trois Jeu Généraux élus jusque-là étaient de cette nationa- F, lité. Il paraît que l’intervention pontificale avait iju, été sollicitée par des Jésuites portugais avec inr l’appui de leur gouvernement, et avait pour but ion d’écarter le P. Polanco, parce qu’il sortait d’une ( famille de nouveaux chrétiens , c’est-à-dire de iis juifs convertis. Mais cette intervention était chose jvj grave, surtout en ce qu’elle pouvait fonder un ldi; précédent funeste à la liberté d’une élection si i importante. Déplus, ne risquait-elle pas d’éveiller i( les compétitions nationales, jusque-là heureu- |ae sement inconnues dans la Compagnie? Sur les |n observations respectueuses faites dans ce sens, fie Grégoire XIII voulut bien retirer l’ordre et se |,|e

everard mercuriàn (1573-1580)

borner à l’expression d’un désir. Ala suite de quoi,

; la Congrégation décida que chacun voterait librement selon sa conscience; et, le 23 avril, fut élu au premier scrutin, par vingt-sept suffrages des quarante-sept électeurs présents, le P. Everard Mercuriàn, Belge.

Né en 1514, à Marcour, d’où son nom, le P. Everard était déjà prêtre quand il fut reçu dans la Compagnie, à Paris, où il commença aussi à exercer un fructueux ministère, spécialement parmi les étudiants de l’Université. Après quelques mois passés à Rome sous la direction de saint Ignace, il avait été envoyé par le Fondateur comme premier recteur au collège de Pérouse; il avait eu ensuite à organiser la province de i Basse Germanie, dont il fut le premier Supérieur effectif, le P. Olivier nommé d’aborcl étant mort " avant d’avoir appris sa nomination ; enfin la i 2# Congrégation Générale l’avait élu Assistant pour uns Nord. Quelques objections élevées par des i : scrupuleux contre l’élection des Assistants, n’auti : raient pas arrêté un moment la Congrégation, si io»|eP. Mercuriàn n’avait lui-même demandé une ' enquête, qui dissipa tous les nuages. Le reste des av« séances, jusqu’au 16 juin, se passa tranquillement ü à donner leur dernière forme aux règles concernant l'uwélection du Général et la tenue des Congrégations provinciales, la nomination et les pouvoirs hcr du Vicaire général ; en outre, à fixer divers points r is de discipline religieuse.

)iu Si Grégoire XIII, par son intervention dans ulic'î élection du Général, avait pu causer quelque im peine et susciter quelques appréhensions chez les r lesjésuites, il effaça bien cette impression par la sensluite : nul Pape ne s’est montré plus que lui vérit sijable père à l’égard de la Compagnie. Nous aurons

à mentionner plus loin les principales faveurs « qu’il lui accorda, notamment les nombreuses fondations de collèges et de séminaires qu’il lui con- i fiait. C’étaient là, il est vrai, autant de charges nouvelles pour les fils de saint Ignace; mais leur »! nombre croissant à mesure qu'ils étaient plus î chargés, ils n’avaient qu’à s’estimer heureux d’être beaucoup employés par Dieu et son Vicaire. i

C’est le P. Mercurian qui mit la dernière main L au travail, très avancé par son prédécesseur, sui d; le livre des Règles de la Compagnie. En outre, il se préoccupa beaucoup du bon gouvernement des pis Supérieurs. Il leur demandait vigilance et fer- lire me té, mais ne voulait pas de dureté : il s’attacha Si à corriger sur ce point, en particulier, les pro- « cédés des supérieurs d’Espagne et de Portugal, u

Pendant les sept années du généralat de Mer- > curian, le chiffre de ses religieux s’éleva au delà d de 5.000. Les seules modifications en ce qui concerne les provinces, furent la division de la pro- i vince de Lombardie en deux, Venise et Milan, et la séparation de la Pologne, devenue province, ;n d’avec l’Autriche. La Compagnie formait donc, en 1580, vingt et une provinces, et possédait 10 maisons professes, 144 collèges, 12 noviciats i séparés, 33 résidences.

C’est le P. E verard qui fit commencer, en Angles hfi terre, par les PP. Persons et Campion, la mission j: ii des martyrs. 1 lit!

Les missions en pays infidèle attirèrent aussi la ::*! grande sollicitude du P. Mercurian. Il leur fit do il bien, non seulement par les nouveaux sujets qu’a iotr leur procura, mais encore et surtout par les Visy li teurs qu’il leur envoya. C’étaient des hommelouj» capables par leur prudence de se rendre un compti le 1

EVERÀRD MERCURIÀN (1573-1580)

exact du bon et du moins bon, et qu’il armait de l’autorité nécessaire pour promouvoir l’un et remédier à l’autre. Notamment, le P. Jean Plaza, qui visita successivement le Pérou et le Mexique, et le P. Alexandre Yalignani, qui eut en partage toute l’extrême Asie, déployèrent dans leurs fonctions des qualités hors ligne et donnèrent une impulsion nouvelle et puissante aux œuvres qu’ils inspectèrent.

Le P. Everard ne vécut pas assez pour voir les développements et les résultats de tout ce qu’il ri avait commencé; mais il a fait assez pour qu’on puisse dire que les sept années de son généralat furent fécondes.

1 Nous renvoyons plus loin l’histoire particulière des provinces, dans cette période, que nous joindrons avec la suivante, pour ne pas trop morceler les récits. Seuls Rome et la France demandent ici quelques détails.

46. Maisons de Rome. La Congrégation de la Vierge, i: — Rome était toujours la tête et le cœur de la Compagnie. Environ trois cents religieux, de !: nationalité très variée, y étaient diversement occupés dans sept maisons. Le Père Général et ses ! Assistants, avec les services de l’administration générale de l’Ordre, demeuraient dans la maison K Professe, qui réunissait les Pères spécialement appliqués au saint ministère. Et là, on avait pu enfin, en 1577, ouvrir la grande et belle église du Gesii , us commencée en 1568 grâce à la libéralité du cardilii nal Farnèse. Elle remplaçait la petite église de sijfîotre-Dame délia Strada, acquise par saint Ignace i en 1540 et qui avait reçu depuis des accroissements ;ni toujours insuffisants. Le Noviciat avait été séparé ;r de la maison Professe et établi dans la maison de

Saint-André, au Quirinal, par saint François de Borgia (1566). La résidence des Pénitenciers de Saint-Pierre n’avait de collège que le titre. Mais en 1580, la Compagnie avait à Rome quatre autres collèges spécialement destinés à la formation de la jeunesse.

Le principal était le collège dit Romain. Une vingtaine de professeurs y enseignaient toutes les disciplines, depuis la grammaire jusqu’à la théologie, et avaient pour auditeurs, outre une centaine de scolastiques de la Compagnie, les élèves des trois autres collèges que nous nommerons tout à l’heure ; puis un nombre considérable d 'externes de toutes conditions et de tous pays. ! En 1567 déjà, on évaluait à plus de mille tous ces étudiants, et ils seront près de deux mille en 1584, lorsque les cours se feront dans le nouvel édifice ' grégorien. Cette affluence avait sa raison d’être dans l’excellence de l’enseignement et le talent des professeurs. Pour ne nommer que les plus I connus dans cette période, François Tolet et Benoit Pereira, qui enseignèrent d’abord la philosophie (depuis 1559), puis la théologie et l’Écri- ; ture Sainte ; Bellarmin, qui professa les controverses depuis 1576 ; Jean Mariana, qui débuta aussi > par la philosophie, en 1562; Jean Perpinia, latiniste et professeur de rhétorique ; Christophe Clavius, professeur de mathématiques, étaient des maîtres que toutes les universités d’Europe i pouvaient envier au Collège Romain.

Et l’influence de ce grand établissement scientifique ne s’arrêtait pas à la foule qui suivait ses cours. Il était réellement devenu le collège modèle que voulait saint Ignace. Les Généraux continuèrent à y faire venir des provinces, pour compléter leur instruction, les jeunes religieux qui

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