‹ La compagnie de Jésus, esquisse de son histoireChapitre 35 sur 62 · GOSWIN NICKEL · texte numérisé non relu

GOSWIN NICKEL

GénéralleP. François Piccolomini, alors provincial de Venise. Il était né à Sienne en 1582, et entré dans la Compagnie en 1600. Son généralat fut encore plus court que celui de son prédécesseur. Le 20 octobre 1650, il adressa à tout l’Ordre une lettre sur Y exécution (des prescriptions de l’Institut et des Supérieurs) : il appuyait principalement sur le choix des aspirants à la Compagnie et la formationdes novices et desjeunes religieux. Puis

11 eut encore le temps d’écrire une importante ordonnance concernant les études supérieures, qui s’inspirait des vœux exprimés dans les deux Congrégations générales précédentes. Il mourut le 17 juin de l’année où il la promulguait (1651).

9e Général : Alexandre Gottifredi (21 Janvier — 12 Mars 1652)

10e Congrégation Générale (7 Janvier i652 — 20 Mars i65a)

145. — Le P. Alexandre Gottifredi, né à Rome en 1595 et entré dans la Compagnie en 1610, provincial de Rome, élu Général le 21 janvier 1652, ne fit que paraître en sa place et mourut dès le

12 mars 1652. Comme la Congrégation générale n’était pas encore dissoute, elle put procéder aussitôt à une nouvelle élection.

10e Général : Goswin Nickel (17 Mars i65a — 3i Juillet 1 664)

146. — Le Père Goswin, né au pays de Juliers en 1582, entré dans la Compagnie en 1604, Assistant d Allemagne depuis 1649, fut élu le 17 mars 1652.

Ce Père Général allemand eut la joie d’aider au retour de la reine Christine de Suède dans le sein de l’Église catholique : chrétienne revanche pour le mal que son père avait fait à la Compagnie en Allemagne. C’est au Père Piccolomini que Christine avait demandé deux Jésuites italiens, pour achever son instruction catholique, commencée dans ses entretiens avec le Père Antoine Macedo, Jésuite portugais, qui avait accompagné un ambassadeur du Portugal à Stockholm. Mais ce fut le Père Nickel, vicaire pendant la vacance du généralat, qui reçut et satisfit la requête de la fille de Gustave-Adolphe. Il lui envoya, sur la fin de l’année 1651, le Père Paul Casati, professeur de théologie au Collège Romain et mathématicien distingué, et le Père François Malines, qui enseignait la théologie à Turin. Les deux. Pères partirent déguisés en gentilshommes italiens, voyageant par curiosité scientifique. Enfin, après le court généralat du Père Gottifredi, le Père Nickel, au moyen d’une correspondance mystérieuse, continua à diriger les deux missionnaires et à fortifier de ses conseils la reine, qui se préparait à sacrifier son trône à sa foi.

Dans sa première lettre à toute la Compagnie (30 septembre 1652), le nouveau Général recommande l’amour de la parfaite pauvreté religieuse. Quatre années plus tard (16 novembre 1656), il en écrivit une autre pour mettre en garde ses subordonnés contre l’exagération de l 'esprit national et provincial. Que ce sentiment eût pris ici ou là un développement dangereux pour la charité universelle, nécessaire à la vocation apostolique de la Compagnie, on ne s’en étonnerait point en songeant aux guerres qui, dans la première

G0SWIN NICKEL (1652-1664)

moitié du xvne siècle, armaient les uns contre les autres tous les peuples de l’Europe. Mais, sans condamner le patriotisme, il fallait bien réagir contre les tendances qui auraient compromis, non seulement l’union entre les enfants de la Compagnie, mais encore ce caractère catholique, international, que saint Ignace avait voulu donner à son œuvre et qui s’était de fait affirmé si souvent, au grand profit de l’Église, par l’emploi d’ouvriers de toute nationalité dans les postes les plus importants.

D’autres lettres du Père Nickel ont trait à l’enseignement de la morale. Des plaintes lui étaient venues de divers côtés, et aussi de la Compagnie, surlaliberté trop grande que quelques professeurs ou écrivains se donnaient dans les questions de morale. En conséquence, dès le 4 juillet 1654, il avait attiré sur ce point toute la vigilance des reviseurs de livres. En 1657, les attaques des Jansénistes (les Provinciales de Pascal venaient de paraître) le décidèrent à adresser, le 20 mai, une lettre plus pressante, inculquant à tous ceux qui pouvaient avoir quelque responsabilité en cette matière, le devoir d’éviter avec le plus grand soin tout ce qui fournirait le moindre fondement aux accusations contre la Compagnie.

La campagne de Port-Royal contre les doctrines morales des Jésuites était en réalité une diversion, ayant pour but de détourner l’attention publique des condamnations que les autorités les plus hautes avaient commencé à faire tomber sur le jansénisme.

Paul Oliva : Vicaire Général (7 juin 1661)

11e Général (31 juillet 1664 — 26 novembre 1681)

11e Congrégation Générale (8 Mai 1 66 1 — 27 Juillet 1 66 1)

147. — Le Père Nickel était arrivé à l’âge de 80 ans et accablé d’infirmités, quand, en 1661, il dut convoquer la Congrégation Générale pour obéir au décret d’innocent X. Dès l’ouverture de l’assemblée, le 8 mai 1661, le chef de l’Ordre exposa que l’état de ses forces ne lui permettait plus de remplir convenablement ses fatigantes fonctions, et demanda la nomination d’un Vicaire dans les conditions que les Pères jugeraient à propos. La Congrégation résolut de désigner un Vicaire, non seulement avec droit de future succession, mais d’ores et déjà investi de la pleine autorité pour le gouvernement de la Compagnie. Elle prit la précaution de faire approuver par le pape Alexandre VII ce mode de procéder, jusquelà sans précédent; puis, le 7 juin 1661, elle élut à la place le Père Paul Oliva. Né à Gènes en 1600, reçu dans la Compagnie en 1616, ce Père était un prédicateur très estimé, chargé sous quatre papes des prédications devant la cour pontificale. Il avait aussi les qualités de l’homme de gouvernement. On remarquait sa douceur, mais il savait être ferme quand il le fallait; et sa dextérité dans les affaires les plus délicates devait lui être bien nécessaire durant sa longue administration.

Général de fait depuis son élection, le Père Oliva en eut le nom par la mort du Père Nickel, le 31 juillet 1664. Un des objets les plus

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