‹ La compagnie de Jésus, esquisse de son histoireChapitre 37 sur 62 · III. — LES JÉSUITES CONFESSEURS DES ROIS · texte numérisé non relu

III. — LES JÉSUITES CONFESSEURS DES ROIS

162. — Plusieurs affaires où la Compagnie s’est trouvée intéressée, particulièrement en France, nous amèneront à mentionner souvent les confesseurs du roi. C’est le moment de prendre d’abord une vue générale de l’action des Jésuites dans les cours.

Ce difficile ministère, qui valut à la Compagnie moins de gloire humaine que d’âpre hostilité, a reçu son grand développement au xvn® siècle, mais a commencé presque avec la Compagnie elle-même. Le premier souverain qui ait désiré un Jésuite pour confesseur en titre, est Jean IIÏ de Portugal. Les PP. Jean Miron et Louis Gonzalez de Camara, à qui il s’adressa, se refusèrent d’abord de toutes leurs forces, comme s’il s’était agi de recevoir une mitre ou un chapeau de cardinal. Outre la responsabilité qu’avait à porter le conseiller spirituel, ordinaire et attitré du prince, ils redoutaient, non sans raison, les inconvénients et les dangers de la vie à la cour pour des religieux. Cependant saint Ignace, après avoir entendu leurs objections, leur commanda, le 1er février 1553, au nom de la sainte obéissance, de satisfaire le roi. Il leur rappelait « qu’ils devaient leur ministère à tous, aux grands comme aux petits, et que le bien à faire, dans le cas, était en proportion de l’influence que donnait le pouvoir royal. Le péril qu’ils y voyaient pour leur salut personnel, un Jésuite peut le rencontrer dans tous les ministères de sa vocation; ce n’est pas une raison de les fuir, et il faut compter sur la grâce de Dieu, quand on procède avec intention pure, ne cherchant pas ses

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intérêts propres, mais ceux de Jésus-Christ ». Quant aux accusations d ambition qu’on leur jet tera, ils les réfuteront par leur conduite humble et mortifiée. Le saint Fondateur traçait ainsi la direction à suivre, quand d’autres princes demanderaient ce qu’il accordait à Jean III.

Des Jésuites ont donc servi de confesseurs aux : rois de Portugal et à leur famille, depuis le milieu i du xvi® siècle jusqu’au milieu du xviii6. En Espagne, ils n’ont été appelés à un poste semblable : qu’au xviii8 siècle, après l’avènement de Philippe Y, qui amena comme confesseur le Père P Guillaume Daubenton, Français, désigné à son I: petit-fils par Louis XIV. Sous le successeur, la fonction fut remplie par un Jésuite espagnol. En d Allemagne, tous les empereurs, depuis Ferdi- ! nand II (1619), et tous les ducs, plus tard élec* i teurs, de Bavière, depuis Guillaume V (1579), i ont pris leurs confesseurs dans la Compagnie, t 11 en a été de même de presque tous les rois de : Pologne. En France, Henri III, le premier, confia sa conscience royale à un Jésuite, mais de fa- ai çon plutôt intermittente, d’abord au Père Claude et Mathieu, puis surtout au Père Emond Auger. > Depuis Henri IY, qui dans les dernières années : de sa vie demanda la direction spirituelle du Père Coton, les rois de la dynastie de Bourbon, i: jusqu’à Louis XV inclus, ont eu des Jésuites pour confesseurs en titre. ■ 'mgl i'

Si on ajoute aux Jésuites chargés de la con- i science des empereurs et rois, ceux qu’il fallut souvent accorder, non seulement aux princes souverains, comme les ducs de Lorraine, de et Savoie, etc., mais encore aux autres membres des familles régnantes, on peut juger que les cours ai réclamaient de la Compagnie un nombre de ses ia

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