LES JÉSUITES CONFESSEURS DES ROIS
elle déclare que les Supérieurs eux-mêmes ne peuvent en donner la permission. Elle étend du reste cette défense aux autres confesseurs, aux prédicateurs, professeurs et à tous ceux qui peuvent se trouver dans un cas analogue.
Ajoutons que le Père Aquaviva veut que ces instructions soient lues au pénitent princier,
la
!! pour qu’il sache bien à quelles conditions 1 Compagnie lui donne son ministère.
® Ces prescriptions ne sont pas demeurées lettre 111 morte.
iut 14, correspondance des Généraux avec les confesseurs des princes et les Provinciaux dont ils ^'dépendent, témoigne abondamment de la vigion: lance qui s’exerce à leur égard. Si les « Pères de la llI15: cour» s’oublient parfois ou paraissent s’oublier, le H Général est bientôt averti, et le rappela l’ordre, 'Fls’il y a lieu, ne tarde pas à suivre, plus ou moins uve,ï.accentué, suivant que le demande la cause, mais toujours ferme, sans compromis. Aquaviva n’hé- 3® sitait pâs à déplacer des hommes très méritants, |)r^ quand il les voyait s’engager dans des affaires touwf chant trop à la politique. C’est bien à contre-cœur et pour ne pas désobéir aux papes Grégoire XIII telle* et Sixte-Quint, qu’il laissa quelque temps le Père nde tPossevin à ses négociations diplomatiques, pour s (M lesquelles il était si demandé. Il imposa une reh traite prématurée à la fois au Père Auger qu’on aup» accusait de trop servir le roi Henri III, et au Père sot1 Claude Mathieu qu’employaient trop les chefs evoi de la Ligue. Il fit de même pour le Père Henri iea«}Samier, qu’occupait à l’excès le désir de sauver a» Marie Stuart. Il n’aurait sans doute pas traité auèrei trement le Père Edouard Persons, si, comme dans :sse® le cas du Père Possevin, il n’avait été arrêté par leutMe respect des volontés pontificales.
Les successeurs du Père Aquaviva ne sont pas moins intraitables sur ce point. Le Père Vitelleschi, comme son prédécesseur, eut beaucoup à combattre, mais le fit sans trêve, contre le désir des princes allemands de faire entrer leurs confesseurs dans leurs Conseils d’État. Et non seulement son successeur, l’austère Père Carafa, dans des cas semblables, suivit la même conduite; le doux Père Oliva réprimanda sévèrement le Père Manoël Fernandez, confesseur du roi de Portugal don Pedro II, pour s’être laissé nommer par le prince membre des Cortès. Le Père s’empressa de se démettre ; mais le Général, en recommandant au Provincial de Portugal de tenir à la stricte abstention de tous ses subordonnés dans les affaires politiques, n’omit pas de nommer comme ayant particulièrement à s’observer, outre Fernandez, le célèbre orateur Antoine Vieira, plus exposé sans doute à s’oublier, vu la chaleur de son patriotisme et l’autorité universelle dont il jouissait. *
163. Reproches faits aux Jésuites confesseurs de rois. — En dépit de toutes les précautions, et de la réserve, gardée au moins par la grande majorité des Jésuites confesseurs et conseillers de rois, ce ministère de la Compagnie lui a valu beaucoup de violentes accusations. On ne peut tenir compte de celles qui sont manifestement portées ou répétées sans souci de la vérité, par des ennemis déterminés à charger les Jésuites de tous les crimes : tels les polémistes protestants en générai, et plus tard les jansénistes. A les entendre, tout ce qu’un prince a pu faire qui leur déplaît, s il s un confesseur jésuite, c’est inspiré, mené par celui-ci qu’il l’a fait. Ces accusations se réfutent