‹ La compagnie de Jésus, esquisse de son histoireChapitre 41 sur 62 · LES JÉSUITES CONFESSEURS DES ROIS · texte numérisé non relu

LES JÉSUITES CONFESSEURS DES ROIS

vulgaire prudence, aussi bien que par les instruc- 11 tions de leurs Supérieurs.

? Un grand sujet de récriminations contre les ; confesseurs de rois a été fourni par le transfert 'If d’anciennes fondations religieuses aux établisse-

I ments de la Compagnie. Il s’agit surtout de di| quelques monastères d’Allemagne qui, abandon-

II nés à l’époque de la Réforme protestante, ou .ttj depuis longtemps presque vides et sans vie le* régulière, furent supprimés par le Saint-Siège et w affectés, avec le restant de leurs revenus, à la fi fondation ou à l’entretien des collèges ou des i séminaires. Les Ordres dont ces monastères faisaient primitivement partie, et qui n’avaient pas

et pu les maintenir en état, ne laissèrent pas souvent m de se plaindre très vivement, comme s’ils étaient * dépouillés par les Jésuites. Cependant ceux-ci, \f conformément aux avis que leur donnait déjà es saint Ignace et que répétèrent tous ses succesntp seurs, ont presque toujours évité avec soin d’exes, primer un désir pour ces sortes de désaffectait tions, ou d’intervenir dans les tractations qui les îs précédaient. C’étaient les princes, soit ecclésiastiill ques, soit laïques, et les nonces du Saint-Siège ils eux-mêmes, qui demandaient au Souverain Pontife de transférer ainsi une part du domaine ecclé- ■inti siastique, ne fructifiant presque plus pour l’Église, rts à des œuvres dont l’utilité, voire la nécessité pour mil elle, était manifeste. Les Jésuites se contentaient ai!: de recevoir ce qu’on leur offrait régulièrement, cei avec la charge d’employer le tout, non à leurcom- |j|s modité personnelle, mais au service de la relii# gion. Il est établi d’ailleurs que, ni les vieux ri monastères, ni les prieurés dont on leur a attri- >if: bué les revenus, ne les ont élevés à la richesse. ■ Si les Jésuites confesseurs des rois, dans

l’ensemble, n’ont pas mérité de graves reproches pour ce qu’ils ont fait, en mériteraient-ils davantage pour ce qu’ils n’ont pas fait et qu’ils auraient dû faire ? Ici encore, certains critiques sont peu raisonnables.dans leurs exigences. Ils parlent comme s’il appartenait à ces confesseurs d’empêcher toutes les fautes, toutes les erreurs de leurs pénitents princiers et, par suite, comme s’ils avaient la faculté, non seulement de leur faire faire ce qu’ils voudraient, mais encore de les pourvoir des qualités que la nature leur a refusées. Qu’on se borne donc à demander aux Jésuites des cours d’avoir rempli leur devoir, et l’on en signalera difficilement un seul qui ne l’ait fait consciencieusement, souvent de manière remarquable.

Le secret de la confession couvre la plus grande partie du bien que les directeurs jésuites ont fait aux princes et, par une conséquence naturelle, à leurs peuples. Cependant nous avons déjà pu indiquer plus d’un fruit de leur action et nous en trouverons encore plus dans la suite de cette histoire.

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