FRANÇOIS RETZ
propositions de philosophie interdites, dont la quatorzième Congrégation Générale avait demandé l'établissement. Il raccompagna, du moins pour la France, d’une lettre, où il mettait en garde les siens contre le cartésianisme théolo- ! gique. Nous reviendrons sur ce sujet. Le 17 novembre de la même année, il adressait à toute la Compagnie une lettre sur l’amour des choses spirituelles. Il en envoya encore une autre, le | 15 décembre 1707, sur l’exacte observation de l’Institut.
L’événement peut-être le plus grave de ce généralat, pour la Compagnie, fut la condamnation des rites chinois et malabares. Ce fut assurément une grosse épreuve pour l’obéissance des Jésuites à l’égard du Saint-Siège : nous verrons qu’ils la soutinrent comme ils devaient.
Ces grands procès ne furent terminés que sous le généralat suivant.
Quinzième Général : François Retz (3o novembre l'jZo — 19 novembre i^ôo)
Seizième Congrégation Générale (i5 novembre 1730 — i3 février 1731)
211. — Le P. Tamburini étant mort le 28 février 1730, la Congrégation Générale se réunit le 15 novembre, mais ne commença ses travaux que le 19 ; le 30, elle élut au premier scrutin, à l’unanimité, le P. François Retz. Le Général choisi par un si remarquable accord était né à Prague en 1673; reçu dans la Compagnie en 1689, il avait gouverné
le collège de la même ville, ensuite toute la province de Bohême; depuis 1725, il était Assistant d’Allemagne.
Les vingt années de son gouvernement furent assez tranquilles pour la Compagnie en Europe. Il n’y a point de ralentissement dans l’activité de ses œuvres. L’enseignement de ses collèges, toujours recherché, se fait plus utile, et plus agréable au goût légitime du temps, par une place plus large donnée à l’histoire, aux mathématiques, aux découvertes des sciences modernes. L’ardeur pour les missions populaires ne languit pas et continue à produire de grands fruits dans tous les pays. Cet apostolat est glorifié en la personne de Jean-François Régis, et par les miracles que Dieu accorde à son intercession, et par les honneurs de l’Église, qui l’a béatifié en 1716 et le canonisa en 1737. La gloire qui en rejaillit sur la Compagnie est accentuée par les efforts vains et ridicules des jansénistes, pour faire croire que ce saint n’est pas mort Jésuite. En même temps la prédication pour les classes cultivées est soutenue, en France, avec distinction et montre, ailleurs, un réel progrès dans le sens indiqué par les exemples français.
Le P. Retz eut à notifier à ses missionnaires de Chine et des Indes les dernières décisions des papes, dans les affaires des rites chinois et malabares : il fut assez heureux pour constater que l’obéissance, quelque douloureuse qu’elle pût être, n’en était pas moins entière chez tous.