‹ La compagnie de Jésus, esquisse de son histoireChapitre 50 sur 62 · I. — EN EUROPE · texte numérisé non relu

I. — EN EUROPE

220. — Le dernier catalogue général de la Compagnie, publié en 1749, à la veille des premières exécutions, comptait 22.589 religieux, dont 11.293 prêtres. Ils formaient 39 provinces (43 en 1770), dont 13 hors d’Europe, et possédaient 1.563 domiciles, avec 1.542 églises. Ce nombre d’établissements comprenait 24 maisons professes, 61 noviciats, 669 collèges, 176 séminaires, 335 résidences et 273 stations de missionnaires. Les 845 collèges ou séminaires étaient ainsi répartis : en France, 89 collèges et 32 séminaires; en Italie, 133 collèges. 22 séminaires ; en Espagne, 105 collèges, 12 séminaires; en outre, dans les colonies espagnoles, 83 collèges, 19 séminaires; en Portugal, 20 collèges, 3 séminaires; de plus, dans les missions portugaises, 32 collèges, 4 séminaires ; en Allemagne et Autriche, 101 collèges, 41 séminaires, en Bohême, 26 collèges, 25 séminaires; en Belgique, 36collèges, 4 séminaires ; en Pologne, 44 collèges, 10 séminaires. Nous ne pouvons donner le chiffre exact des collèges qui furent encore fondés après 1749 jusqu’à la suppression. Toutes ces maisons d’enseignement occupaient le plus grand nombre des sujets de l’Ordre, soit environ 15.000 prêtres ou scolastiques.

Büuckeh. — La Compagnie de Jésus.

C’étaient surtout les familles de haute et de f moyenne condition qui profitaient des écoles !'■ jésuites ; mais toutes les classes, et en particulier p le peuple, trouvaient de non moindres avantages 1! spirituels dans d’autres créations du zèle de la 1 Compagnie. Notamment les Congrégations et les

missions intérieures, avec les retraites publiques

et privées, étaient demeurées florissantes comme nous les avons vues dans la période précédente. On s’appliquait même plus quejamaisàces œuvres, que rendaient de plus en plus opportunes les progrès de la licence des mœurs, allant de pair avec l’incrédulité dans la société contemporaine. Vers le milieu du xvme siècle, il n’y avait peutêtre pas de maison de la Compagnie qui ne donnât pas la direction à une, et ordinairement à plusieurs congrégations nombreuses, où s’as* sociaient, pour se soutenir mutuellement dans le bien, non seulement les élèves des collèges, mais encore les notables laïques, les ecclésiastiques, les employés, les ouvriers, etc.

Les succès prodigieux des grands apôtres du xvii0 siècle se renouvelaient dans les missions données : en France, par les Pères Pierre Sandret (f 1738), Antoine de la Bye (f 1743), Paul Dauphin (t 1744), Fr.-X. du Plessis (1720-1771), Th. Olivier j Corret (1720-1732); en Italie, par les PP. Cam. 1 Pacetti (f 1754), J. -B. de Francisci (f 1757), Fr. Pepe (f 1759), Phil. Trento (f 1761), Onofr, Paradiso ; (t 1761), J.-B. Vassallo (f 1775), Mich. Lentini (1723- 1795); en Espagne, par le célèbre P. Pierre Calatayud (1710-1773), et bien d’autres. Les Pères des j Germanies et de Pologne ne restaient pas en arrière de ce grand mouvement d’apostolat à l’intérieur ; c’est principalement par les missions de * pénitence , organisées sur les exemples d’Espagne

MISSIONS ÉTRANGÈRES AU XVIIie SIECLE

è \ et d’Italie, qu’ils touchaient et ramenaient à leurs 1(; Avoirs des multitudes de pécheurs, iei | En dehors de ces missions populaires, les Jésuites du xvme siècle continuaient encore à li pratiquer dignement et apostoliquement la prédile; cation ordinaire, même dans les plus grandes iêi chaires. En France, on n’a pas complètement oublié in; lesnoms des M. Pallu (f 1742), G. de Ségaud (f 1749), taS. Perussault (f!753), Ch. Perrin (fl767), J. -B. Le es, Chapelain (1726-1779). La vogue du P. Ch. deNeules [ville (1710-1774) a rappelé celle de Bourdaloue, é [quoique dans un genre d’éloquence assez diffé- 3e ’rent.

ü). 1 En Allemagne, les prédicateurs jésuites du ut xvme siècle ont le plus contribué à bannir de la m chaire catholique les étrangetés de langage et le i;i mauvais goût. On consulte encore aujourd’hui, !» ;non sans profit, les sermons de Fr. Iioger (f 1727), J* A. Ruoff(f 1739), Fr. Hunolt (f 1740), St. Grembs s, (f 1745), U. Probst (f!748), Fr.-X. Pfyffer (Suisse, controversiste) (f 1750), F. Peikhart (f 1752), I. Tschupick (1744-1784), J.Wurz (1747-1784). Ce is dernier, spécialement, a beaucoup fait, tant par ! ses leçons d’éloquence à l’Université de Vienne, i que par ses exemples, pour la saine réforme de la ; prédication catholique allemande.

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