IL — MISSIONS ÉTRANGÈRES AU XV IIU SIÈCLE
Les Missions Etrangères témoignent particuliè* rement de l’intensité de vie que garde l’esprit apostolique dans la Compagnie au xviii0 siècle. Il se manifeste toujours par le même dévoument
désintéressé à toute sorte d’âmes, dans toutes les parties du monde, bien qu’il n’obtienne pas par- ' tout les mêmes résultats.
Levant (xvme siècle)
221. — En Asie, les Missions du Levant étaient de plus en plus combattues. Seule, la catholique nation des Maronites, « rose entre les épines de
l’infidélité », comme l’appellent les papes, donnait
surtout des consolations aux Pères par sa docile foi et sa piété. Quelques abus néanmoins y ternissaient la pureté de la discipline ecclésiastique, et, pour les réformer parl’action commune des évé- ; ques du pays, un synode national se tint en sep- 1 tembre 1736. Le Saint-Siège y envoya comme \ ablégat le savant Joseph Assemani, Maronite de naissance, ancien élève du Séminaire maronite de Rome et garde principal de la Bibliothèque Vaticane. Le P. Fromage, supérieur des Jésuites de Syrie, eut la charge, comme orateur du concile, d’exposer et de motiver le programme de ses travaux. Les décrets adoptés par l’assemblée, en somme suivant les désirs du Souverain Pontife, reçurent, le 1er septembre 1741, l’approbation de Benoît XIV, qui les confirma encore avec quelques précisions, le 14 février 1742.
Même les prélats maronites ne laissèrent pas de i créer quelques difficultés aux Jésuites qui les aidaient de leur ministère : aussi Benoit XIV écrivait au patriarche Pierre Simon Evodius, le 12 mars 1764, pour lui recommander très instamment la paix et la concorde avec les Pères de la Compagnie.
Mais, de la part du haut clergé schismatique, grec ou arménien, c’était l’hostilité presque incessante et acharnée. Pour détruire l’œuvre des