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L. Ricci

Brucker. — La Compagnie de Jésus. 33

Vue d'ensemble du Second Siècle

141. — Le second siècle de la Compagnie, que nous étendrons jusqu'à la veille de la suppression, se présente dans son histoire comme assez différent du premier. Les combats, les persécutions n'ont pas manqué jusqu'à présent, mais avaient pourtant un caractère intermittent, local : ils vont devenir constants; la lutte permanente contre des adversaires acharnés, implacables, sera presque partout la condition d'existence de l'Ordre, jusqu'à ce qu'il sombre dans la dernière attaque, plus violente et plus générale/Ce qui est en partie plus nouveau encore, c'est la nature des contradictions qu'il lui faudra subir : les hérétiques protestants ne le ménageront pas plus que par le passé; mais la fureur janséniste les dépassera tous; en outre, il y aura des conflits plus pénibles avec des personnalités et même des corporations respectables. Enfin la Compagnie, vouée par son Institut à être un instrument dans la main des Papes, pourra sembler par moments avoir encouru la disgrâce du Saint-Siège.

Cependant l'activité de l'Ordre ne s'affaiblit point durant ce second siècle. L'accroissement du nombre des membres s'est ralenti, mais sans jamais s'arrêter : de 15.544 en 1626, il est passé, en 1679, à 17.655 (7.870 prêtres); en 1710, à j 19.998(9.957 prêtres); en 1749, à 22. 589 (11.293 prêtres).

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Les collèges, qui sont toujours lescentres principaux de l'activité pour tous les ministères de raj)OStolat extérieur, aussi hien que pour la formation delà jeunesse, étaient 444 en 162(i; il faut ajouter oG séminaires : en 1679, il y a 578 collèges et 88 séminaires; en 1710, G12 collèges et 157 séminaires; en 1749, GG9 collèges et 17G séminaires. Dans ces collèges, au cours du second siècle, l'enseignement des lettres et des sciences humaines atteindra son plus grand éclat. La prédication dans les chaires fameuses aura ses re[)rèsentants les plus illustres, tandis que les missions populaires ne seront nullement négligées. Aux œuvres anciennes, partout poursuivies avec zèlo. on en ajoutera de nouvelles, et l'on accroîtra refficacité des premières par des moyens nouveaux. Les missions chez les infidèles seront développées et verront leurs plus beaux jours. Enfin la persistan(*e de la ferveur et de resj)rit de saint Ignace dans la Compagnie continuera s'allirmer par les fruits de sainteté : ni les hoiii mes que l'I-^glise juge dignes de son culte ne lui manqueront, ni surtout les martyrs de la religion ou de la charité. Ses ennemis ne trouveront rien dans la conduite de ses fils, en gc'uéral, pour justifier sa destruction qu'ils réclament.

Quatrième période de la Compagnie

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