‹ La Compagnie de JésusChapitre 47 sur 58 · LAURENT RICCI · texte numérisé non relu

LAURENT RICCI

Xé en 1703, Jésuite en 1718, il était secrétaire général de la Compagnie sous le prédécesseur. L'homme destiné par la Providence à recevoir, comme un autre Job, les chocs successifs des désastres qui allaient frapper, Tune après l'autre, toutes les branches de sa grande famille, était préparé par sa vertu à ce rôle de martyr. Il multiplia les lettres aux siens, pour les exhorter à la prière et les consoler dans le malheur; mais, tout en les défendant contre les accusations par lesquelles on essayait de justifier les violences, il n'eut jamais un mot de colère pour les persécuteurs ; il ne haussa même jamais sa plainte au ton de l'indignation, que méritait l'absence de toute forme de justice régulière dans la condamnation et l'exécution de la Compagnie.

La 19^ Congrégation générale s'était terminée avant le commencement des grandes calamités ; toutefois les Pères pressentaient, vaguement du moins, une tempête plus redoutable que les précédentes. Ce pressentiment se marque dans l'avantdernier de leurs décrets (LP). Rappelant et renouvelant les recommandations de la 18*= Congrégation, ils veulent aussi que les Supérieurs inculquent surtout à leurs surbordonnés « l'amour des choses spirituelles. Car, disent-ils, s'il plaisait à Dieu, suivant les conseils adorables de sa Providence, que nous fussions exercés par l'adversité. Dieu n'abandonnera point ceux qui lui sont intimement unis; et, tant que nous pourrons nous adresser à Lui d'un cœur pur et sincère, aucun secours ne nous manquera... »

Le P. Ricci était à peine entré en charge que les mauvaises nouvelles arrivèrent. Mais nous ferons tout à l'heure en détail l'histoire de la suppression.

Les Œuvres de la Compagnie au XVJll^ sièdc

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