A AR
Le tribun Thibault s’exprimait ainsi :
« Lorsqu'en l'an IT, on voulut créer la Bourse de Paris, « trente banquiers ou négociants des mieux famés examinè-
rent des milliers de demandes ; le scrutin décida du choix
et le gouvernement d'alors l’approuva. Ceux qui ne se trou- « vèrent pas sur la liste d'élection commencèrent par se plain- « dre et réussirent à se faire donner des permissions d'entrer « à la Bourse. La concurrence qui, dans d'autres professions, « donne de bons résultats, produisit l'effet contraire. »
Le tribun Fabre ajoutait :
« La bonne foi élait bannie de toutes les transactions: tel « est encore aujourd'hui, à quelques exceptions près, l’état « du commerce. Le gouvernement a pensé qu’il fallait enfin « opposer une digue à ce torrent de corruption et rappeler « tous les citoyens à leurs anciens travaux, au moment où la « paix va réveiller et accroître l'industrie nationale. Rien de « plus propre à ranimer le commerce que de régulariser par « une loi l'institution des Bourses, d’en étendre le bienfait « aux places qui peuvent en être susceptibles el surtout de « rendre aux agents de change et courtiers la confiance dont ç ils jouissaient autrefois, en exigeant de chacun d’eux une « garantie de leur fidélité dans l'exercice de leurs fonctions. »
Régnaud de Saint-jean-d’Angély exprimait donc l'opinion commune, en disant : il est temps de remédier aux nombreux abus, je dirai plus, aux maux pressants qui ont été le résultat d'une liberté indéfinie (1).
(1) V. l'exposé des motifs, les rapports et discours, dans la discussion de la loi du 28 ventôse an IX, dans Dalloz, Répertoire, Ve Bourses de commerce, p. 409 à 415 en note,