B. N. fo Fm
Pour répondre à une telle question, il faut étudier sa vie, et une telle recherche n'apparaît pas sans intérêt, puisque la Compagnie fut un des corps les plus considérables de l’Ancien Régime. Mais auparavant il convient de dire brièvement ce qu’étaient les secrétaires du Roi, et en quoi consistaient leurs fonctions et leurs privilèges, puisqu’aussi bien le but de ce livre est essentiellement d’étudier la Compagnie comme corps d'officiers, dans son organisation même et dans ses rapports avec le Roi et les autres corps. Nous écarterons donc, après ces quelques pages qui leur sont consacrées, l’étude des fonctions des secrétaires, au surplus assez connues et qui ne sont ici rappelées que pour permettre de mieux comprendre l’histoire de la Compagnie et le rôle joué par elle entre 1351 et 1791.
Les secrétaires du Roi faisaient remonter leur origine jusqu’à ces anciens barons et ces premiers secrétaires de l’Empire romain, «qui cingulo mililumque more utebantur, et qui étaient les sages dépositaires des secrets de leurs Empereurs »!. Sans remonter jusqu’à de telles antiquités, et sans discuter, avec un factum édité à Paris en 1609, la question de savoir si sa charge de secrétaire constituait ou non un titre de gloire pour Eumène, beau-frère d'Alexandre le Grand, et si c'était avec raison « que le grand écuyer dudit Alexandre ne laissait pas de l'avoir à mépris, Voire à chaque bout de champ lui reprochait la plume et l’écritoire »? — tout ceci afin d’en tirer une conclusion pour les secrétaires d'Henri IV au xvire siècle — il est certain qu’en France les princes de la première et de la deuxième Races eurent auprès d’eux des hommes de confiance pour exprimer et publier leur volonté, et que ces personnages, tous clercs, jouissaient auprès du Roi d’une situation prééminente.