‹ La composition de Salammbô d'après la correspondance de FlaubertChapitre 8 sur 10 · AVOIR CONSULTÉS · texte numérisé non relu

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Ir a composition de Salammbô a été pénible.

A Flaubert dit qu’il vit « d’une manière farouche et extravagante » ; — qu'il travaille « furieusement, roide ». Dans un billet où il appelle Feydeau «un aimable Nabouchoudouroussour », il déclare qu'il « bûche comme un nègre » ; — ailleurs, « comme trente nègres » ; — ailleurs, « comme quinze bœufs », une de ses images favorites et que George Sand se plait à reprendre, pour son propre compte, dans sa correspondance. C’est ce qu’il aimait à appeler les affres du style; ce que ses admirateurs qualifient de besogne de forçat, comme M. Paul Bourget, ou ses critiques, de religion d'artiste, comme M. Brunetière. (IL est avant tout, dit ce dernier, et par-dessus tout un érudit dans le roman, même dans le roman contemporain ; son érudition paraît solide, mais l’usage en prête à la critique ; elle est parfois impertinente,

ailleurs obscure, incohérente même ». C’est aussi pour le style que Flaubert travaille, et non pas seulement pour le fond. Il nous indique lui-même les trois qualités qu'il juge nécessaires à la forme : la couleur, l’harmonie, le relief, ce dernier, comme il dit, « venant d’une vue profonde des choses », et par conséquent de ces lectures forcenées qu’on lui a reprochées souvent. |

Le 4 septembre 1858 il avoue à Mie Leroyer qu’il

se couche « tous les soirs exténué comme un ma-

nœuvre qui a cassé du caillou sur les grandes routes. Je ne travaille pas trop mal, pour moi du moins. Depuis dix-huit jours j'ai écrit dix pages... Je vais m'’épater lourdement comme un bœuf... J'y crèverai.... Je me livre, dit-il à Bouilhet le 5 octobre 1860, dans le silence du cabinet à une telle pantomime que j’en arriverai à ressembler à du Bartas qui, pour faire la description d’un cheval, se mettait à quatre pattes, galopait, hennissait et ruait ». Il confie aussi toutes ses fatigues Feydeau. « Je retravaille avec plus d’acharnement que de succès, étant maintenant dans un passage atroce, un endroit de troisième plan et qui, même réussi dans la perfection, ne peut être que d’un médiocre effet ».

Si elle a été aussi exténuante, la préparation de son roman l’a entrainé à de nouvelles lectures, notamment à des recherches purement archéologiques. « J’entasse bouquins sur bouquins, notes « sur notes, écrit-il à Feydeau. Mais c’est bien diffi- « cile, — J’ai lu, lui dit-il une autre fois, et depuis « quinze jours six mémoires de l’Académie des Ins- « criptions, deux volumes de Ritter, le Chanaan de « Samuel Bochart, et divers passages dans Diodore. « — J’ai lu, lui écrit-il dans une autre circonstance, « et depuis dix-huit jours, en entier la Retraite des « Dix-Mille, et analysé six traités de Plutarque, la « grande hymne à Cérès dans les Poésies Homériques « en grec, de plus l’Encomium Moriae d’'Erasme, et «€ Tabarin ». Feydeau lui envoie de Paris un Athénée dont il le remercie. A la fin de décembre 1859, il écrit de Croisset à Maurice Schlésinger et lui expose tous les travaux qu'il est obligé de faire. « Ce ne sera « pas encore pour cette année que J'aurai fini. À (« propos d’un mot ou d’une idée, je fais des recher- « ches, je me livre à des divagations, j'entre dans « des rêveries infinies ».

Le 15 mars 1860 il est à Paris et il raconte à

Bouilhet l'emploi de son temps. « J’ai passé mon « après-midi au Cabinet des Médailles. Ma besogne « ne sera pas longue. J’espère qu’il en sera de même « pour les pierreries ». Le 30 du même mois il est encore à Paris et écrit à Mile Leroyer qu’il a bien avalé « depuis le 4er février une cinquantaine de volumes)». Il rentre vite à Croisset. «Je me livre à la Kabbale, « écrit-il le 3 juillet aux Goncourt, ainsi qu’à la « Mischna, à l’art militaire des anciens : un tas de « lectures qui ne me servent à rien ». Et à Feydeau : « Je me livre maintenant à quantité de lectures que « J’expédie voracement. Voilà trois jours que je ne « fais qu’avaler du latin. Quant aux Carthaginois, je « crois franchement avoir épuisé tous les textes. Il « me serait facile de faire, derrière mon roman, un « très gros volume de critique avec force citations. « Je deviens savant et triste ». Une autre fois il lui expose son état d'âme en des termes analogues. « Mes lectures ne font qu’augmenter. J’ai passé, le « mois dernier, trois semaines à Paris, à me traîner « dans les bibliothèques ; ce qui est peu divertis- « sant... Je viens de lire un livre très curieux sur la « médecine des Arabes. Actuellement je lis Cedrenus, « Socrate, Sozomène, Eusèbe, un traité de M. Obry « sur l’immortalité de l’âme chez les Juifs, le tout « entrelardé de Mischna, comme pièce de résistance ». Un ouvrage sur les drogues de l’Afrique contemporaine a fait le bonheur de Flaubert. Il en parle longuement à Bouilhet, dans une lettre datée du 5 octo-

bre 1860. « Quels beaux détails je trouve dans « l’Hygiène des Arabes du Docteur Bertherand. Cata- « plasmes de sauterelles, fiels de corbeaux ! Pour « faire accoucher, des matrones leur montent sur le « ventre et les piétinent ; pour les rendre fécondes, « on leur brüle sous le nez des poils de lion et elles « avalent la crasse quiest dans les oreilles des ânes ».

En 1861 il se met à lire du Virgile. « Je me pdme, « écrit-il, en soulignant, à Feydeau, je me pàme « devant son style et la précision de ses mots ». Jules de Goncourt vient de lui envoyer ce qu’il appelle « des bougreries puniques ». Il lui adresse ses remerciements. « Elles doivent avoir été rappor- « tées par le major Humbert. Je connaissais les « poissons et le vase. Les trois jambes dansant sur « un taureau, cela me fait le plus grand plaisir, bien « que je n’y comprenne goutte ». Flaubert avait sans doute la carte de l’ingénieur hollandais Humbert, dressée en 1828 (celle de Thomas Shaw l'avait été en 1735), et reproduite dans Dureau de la Malle, le premier plan de Carthage qui ait été, après celui de Shaw, relevé sur place. C’est avec Humbert que

Lan)

Châteaubriand avait, en 1807, parcouru l’emplacement de la grande ville. Les « bougreries puniques », dont Jules de Goncourt adressait l’image à Flaubert, sont bien connues : « les poissons », de toute espèce, seuls ou affrontés, et notamment les dauphins, et mille types de « vases » sont fréquemment représentés sur les stèles puniques. Quant aux « trois jambes dansant sur un taureau », je ne vois pas bien ce dont il a voulu parler. Les stèles puniques, que l’on avait déjà commencé à recueillir et à dessiner, il les prenait alors pour des monuments funéraires : aussi montre-t-il dans son roman, ici « deux milliers de Barbares attachés contre les stèles des tombeaux, tués à coups de flèches », là « le vieux cimetière des autochthones sous les catacombes saccagé par les Barbares et les dalles des tombeaux lancées sur les Carthaginois ». De ces stèles, dont chacun sait aujourd’hui qu’elles sont votives, il avait retenu la forme caractéristique : ne fait-il point voir Hamilcar traversant « un champ planté de longues dalles, aigues par le sommet, telles que des pyramides, et qui portaient, entaillée à leur milieu, une main ouverte, comme si le mort couché dessous l’eût tendue vers le ciel pour réclamer quelque chose ». La main divine est un des symboles les plus fréquents sur ces nombreux ex-voto à Baal- Haman et à Tanit face de Baal, sur les « bougreries puniques » dont les érudits ont découvert ultérieurement — je cite MM. Babelon et S. Reinach — un

monte Testaccio formé à une époque inconnue par la mise au rebut d’une quantité de ces pierres votives. C’est encore cette main ouverte qui est — ainsi que le dit M. Maäsqueray — suspendue aux coiliers des femmes africaines,peinte sur les portes des maisons, brodée sur les drapeaux de nos tirailleurs (1).

Jetons maintenant un coup d’œil sur la collection de livres de toute sorte qui chargent la table où Flaubert écrit Salammb6. Ce qu’a pu être toute la bibliographie de son roman, de son travail archéologique, nous le devinons d’après le peu que sa correspondance nous fait connaître avec précision. Quelques-uns de ses amis ont pu le consulter,comme un érudit de métier capable de fournir la solution de problèmes peu accessibles à ceux qui ne sont pas des spécialistes. Ainsi George Sand, rentrant de Bretagne, demande à Flaubert de lui retrouver un livre dont il lui avait parlé à propos des monuments celtiques de Carnac et d’Erdeven. « Cette blague m'inté- resserait beaucoup », lui dit-elle au sujet du galgal

(1) Arch. Miss., 3° série, V, 1872 p. 482.

To

de Lockmariaker et du dolmen de Plouharnel (28 septembre 1866). Lui qui avait été autrefois l’un des plus brillants élèves du collège de Rouen, le devenait, pour ses intimes, presque un savant én us. Voyons un peu de tout ce qui l’a aidé à faire ce que des juges plus sévères reconnaissent pour un tour de force, mais ce qu’ils traitent aussi de mystification.

Beaucoup d’auteurs anciens, et tout d’abord la littérature hébraïque. — Flaubert déclare qu'il a beaucoup travaillé la Bible de S. Cahen en dix-huit volumes in-80 (1830-1851), traduite avec le texte hébreu mis en regard, et pourvue de notes critiques ou historiques. « Dans la chambre de Salammbô, dit-il à Sainte-Beuve, je n’ai pas mis un seul détail qui ne soit dans la Bible ou que l’on ne rencontre encore en Orient. Vous me répétez que la Bible n’est pas un guide pour Carthage : ce qui est à discuter. Sentez donc, humez dans la Bible Judith et Esther ». C’est d’après elle (Rois,Il. 32) qu'il place des chevaux sacrés ; d’après elle (Cahen. t. XVI.37) qu'il imagine « la chaînette des chevilles qui est dans le Cantique des Cantiques »; d’après elle (Cahen. Ezéchiel, ch. 24. 17) qu’il montre « des barbes enfermées en signe de deuil » ; d’après elle encore (tbid., ch, 28. 14) qu'il parle « de peuples qui incrustaient dans le sol de leurs appartements des pierreries » ; d’après elle enfin (/saïe. 3. 3 et Samuel 13.18) qu'il reconstitue en partie « la toilette des femmes ».

En outre Flaubert cite la Kabbale; enfin le Tal-

mud, et de préférence, dans l’ensemble de ce recueil, la Mischna: c’est à elle (tit. de Sabbatho) qu'il emprunte quelques-uns des détails des habillements de femmes dont il est parlé dans sa réponse à M. Froehner.

Flaubert rappelle à Sainte-Beuve « le petit coin de « merveilleux qui perce à travers le grec du Périple « d’'Hannon, — ne fût-ce que par ces peaux de goril- « les prises pour des peaux humaines et qui étaient « appendues dans le temple de Moloch (traduisez « Saturne !) et dont je vous ai épargné la descrip- « tion, — et d’une ! remerciez-moi ». Le romancier s’est inspiré de la relation — ou de l'extrait en grec qui nous reste de l’illustre navigateur carthaginois. D'après M. de Sainte-Marie, ce fameux Périple, — écrit, selon les uns, sur des tables de pierre, selon d’autres, sur un papyrus suspendu à la voûte du temple, — rappellerait les poésies, couronnées dans les tournois littéraires des Arabes,que ceux-ci avaient l'usage de suspendre au plafond de la Kaaba de la Mecque ».

Flaubert n’aime pas le Périple. « Montesquieu la admiré », dit-il à Sainte-Beuve ; « moi, non. À qui faire croire aujourd’hui que ce soit là un document original ? C'est traduit, raccourci, échenillé, arrangé par un Grec. Ce n’est pas un monument carthaginois.. C’est un sujet de thèse de doctorat : il m'est complètement odieux ». Il avait dû lire ou dans les Grands et petits géographes de d’Avezac (1856), ou dans

See

le volume Ier des Geographici graeci minores de Carl Müller (Didot. 1856), le récit de ce voyage dessoixante navires d’Hannon qui ne s'étaient arrêtés qu'à la Corne du Midi (golfe de Cherbro, au S. de Sierra- Leone, selon les uns, — golfe de Fernando-Po même, suivant d’autres) ; — et qui probablement — c’est du moins l’idée proposée il y a une douzaine d’années par M. Guiraud — imitaient en partie la circumna:vigation des navigateurs phéniciens sous le règne de Néchao.

Parmi «des nègres de la Sénégambie» à qui Flaubert aurait, selon M. Froehner, dû plusieurs curiosités, il fait figurer notamment Florus,. Diodore, Ammien Marcellin. — Diodore de Sicile lui a appris, (ce qu’il rappelle à Sainte-Beuve), que, « malgré la condition imposée par Gélon en 480,dans la guerre contre Agathocle en 302, on brüla deux cents enfants à Carthage ». C’est la description même de cet historierr, de qui les recherches passent pour avoir été si consciencieuses, qui inspire à Flaubert sa statue de Moloch. M. Froehner disait que « cette figure, composée de sept cages étagées l’une sur l’autre, appartient à la religion gauloise ». Flaubert a encore emprunté à Diodore l’idée de la petite statuette de la Vérité. « A la page 186 du tome IT de la traduction de « Cahen, dit-il à M. Froehner, vous lirez ce texte de « Diodore. Les Carthaginois portaient au cou, sus- « pendue à une chaine d’or, une petite figure de « pierre précieuse qu’ils appelaient la Vérité», Enfin

Diodore est un de ces « nègres de la Sénégambie », suivant le mot de son critique, qui indiquent les oreilles des éléphants peintes en bleu. — Ammien Marcellin lui a fourni « la forme exacte d’une porte » (Lettre à Sainte-Beuve). — Mais que lui a donné Florus ? nous ne le savons pas bien.

Trois autres auteurs anciens aux ouvrages de qui il avoue être des plus redevables, ce sont Athénée, Pline et Théophraste. Ils lui ont fourni, à eux trois, | ainsi qu’en témoigne la lettre à Sainte-Beuve, « tous les noms qu'il a bien fallu prendre,de parfums et de pierreries». Athénée, ce compilateur grec qui était né sur le sol égyptien de Naukratis, lui a donné « la description minutieuse du manteau miraculeux : (XIL. 58) ». Pline et Théophraste, l’amiral de Titus et le disciple d’Aristote,lui ont fait connaître les pierres précieuses du trésor d'Hamilcar ; et «toutes »,comme il le dit dans la réplique à M. Froehner qui insinuait que « plus d’une appartenait aux légendes et superstitions chrétiennes ». C’est à Pline (XVII. 47) que Flaubert a emprunté « le détail si égayant des grepadiers que l’on arrosait avec du silphium »; à Pline (VIII. 48), « les lions crucifiés que virent Scipion Emilien et Polybe se promenant ensemble dans la campagne Carthaginoïse », ainsi qu'il le rappelle à son critique. Enfin il insiste sur ce que Théophraste | (Traité des Pierreries) et Pline (VIIL LVII) lui ont appris que des escarboucles étaient « formées par l'urine de Iynx : tant pis pour Théophraste » ! dit-il

tn —

dans ses ripostes. C’est encore ce même Théophraste qui lui a fait placer les stèles d’'émeraude à l'entrée du temple de Tanit : « Elles vous font rire, car vous êtes gai », dit-il à M. Froehner. « Elles sont pourtant mentionnées par Philostrate { Vie d’Apollonius) et par Théophraste {Pierreries), que citent Heeren (t. Il) et la traduction de Hill».Rappelonsencore que Flaubert déclare qu’il avait lu en entier au moins deux fois dans sa vie, l’Histoire Naturelle de Pline,et qu’il a vu dans Athénée, « au chapitre des Etrusques et de leur ressemblance avec les Lydiens, qu’ils portaient des robes de femmes ».

Florus, Diodore, Ammien Marcellin, Athénée, Pline et Théophraste, ce n’est pas tout. Voici d’autres écrivains dont Flaubert se réclame hautement, le jour où « mon gros livre », — comme il disait à Sainte- Beuve — est attaqué par les critiques. Je cite un peu au hasard. « Aristote, une grosse autorité, mais qui n’est d'aucun poids, puisqu'il est antérieur à mon époque de plus de quatre-vingts ans ». — Hérodote, qui lui a fourni « les Maxyes peints de vermillon, les Gysantes qui mangent des singes, les Adramachydes de qui les femmes croquent des poux, les Lydiens qui ont des robes de femmes (IV. 19%, 191 et 168) ». — Xénophon : au moins son Anabase. — Pausanias, qui autorise à parler de chevaux sacrés (I. 1). — Le pseudo-Lucien, auteur du traité de la déesse de Syrie, qui a servi pour Île sanctuaire de Tanit. — Polven, cité à Sainte-Beuve

pour la mention de l’histoire de Théodore, l’ami de Cléon, lors de la prise de Sestos par les Abydiens, ainsi que pour l’une des ruses de Spendius : « Cette ruse n’est ni bizarre ni étrange, c’est presque un poncif ; et Elien aussi parle, dans son Histoire des Animaur, du stratagème qui consiste à effrayer des éléphants par des porcs ». — Polybe, qui a raconté (I. 65 à la fin du livre) cette terrible guerre des Mercenaires qui suivit la première des luttes de Carthage et de Rome ; c’est d’après lui qu’il rappelle que, (si Hannon a été crucifié en Sardaigne, et non auprèsde Carthage), la mort de ce général appartient à la même époque, et que, d’ailleurs, ce sont bien des rebelles qui la lui infligèrent.

« Polybe, autorité incontestable, quant aux faits. Mais tout ce qu’il n’a pas vu, ou ce qu’il a omis intentionnellement, je peux bien aller le chercher ailleurs ».—Appien; Plutarque ; l’auteur de l’'Hymne homérique à Démétêr. — Elien, qui a fourni lui aussi, «l’image La Vérité qu'Hamilcar met devant lui. Le plus âgé d’entre les sénateurs, dit ce compilateur grec de Praeneste, était leur chef, leur juge à tous,et portait autour du cou une image en saphir». — Strabon, de qui le livre IIL est cité, entre autres documents qui prouvent qu’il y avait des sacrifices d'enfants au temps même de César et de Tibère.

De même le pro Balbo de Cicéron, Silius Italicus, Eüsèbe et Saint-Augustin surtout sont appelés en témoignage, au sujet de ces holocaustes de petits

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