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I. On citera celles des stalles, bancs et lambris des églises de
Une application en grand du même procédé est le parqiietage, dit en mosaïque, avec cette particularité que les bois durs seuls sont appropriés. Aussi, plus que jamais, Télément rectiligne devra-t-il jouer ici le rôle principal, à cause du débit des frises dans le sens des fibres et pour éviter un déchet considérable*.
L'industrie des bois plaqués, c'est-à-dire des bois communs, recouverts de feuilles très minces, tranchées dans des essences riches ou colorées, doit trouver ici une place. Si le placage d'épaisseur se bornait à garnir les panneaux ou les frises d'un meuble, en laissant accusés les cadres et montants, on pourrait, l'assimilant à la marqueterie à grands morceaux, lui trouver un intérêt; mais quand on voit l'acajou ou le palissandre recouvrir totalement un meuble de chêne ou de sapin, en passant indistinctement sur toutes les parties de la structure, moulures comprises, on a peine à classer le placage parmi les industries artistiques.
Un genre de marqueterie à relief Sy particulier aux Chinois et aux Japonais, consiste dans l'emploi des matières les plus diverses, ivoire, nacre, jade, porcelaine, onyx et métaux, modelées avec une certaine saillie et incrustées dans un fond de bois, de laque ou de marbre souvent modelé lui-même ou rehaussé de gravures. Ce procédé, très décoratif, est excellent tant que les divers reliefs offrent bien le caractère d'un décor
Pise, de Florence, de Sienne, etc. La France, aux xvii« et xviii» siècles, a produit également de fort belles marqueteries et paraît actuellement avoir repris les meilleures traditions de cet art.
I. On a fait des essais de parquetage de petits cubes de bois debout dans le genre de la mosaïque.
incrusté et que les motifs, se détachant avec franchise sur le fond, ne donnent pas l'impression d^un vulgaire bas- relief polyclirome^
Il existe enfin l'industrie des incrustations métalliques, si répandue depuis le xvni* siècle et que porta à un si haut degré de perfection le célèbre Boulle. Au moyen d'une transposition de plaques minces de cuivre, d'argent ou d'étain, découpées et incrustées dans le bois, récaille, la corne ou l'ivoire, on parvient à trouver des dessins à. double jeu du plus excellent effet , auxquels sont d'ailleurs associées des
I. Les incrustations métalliques sino-japonaises ont été imitées avec beaucoup de succès par la galvanoplastie.
COMP. oécOR.
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appliques en cuivre fondu ou repoussé ( fig. 171)*.
Le marbre est aussi employé en marqueterie et offre, à cet égard, des ressources extrêmement variées, le nombre des teintes passant du blanc statuaire au noir fin, par les brèches, griottes et brocateiles, étant pour ainsi dire infini ; si Ton y ajoute encore la série des pierres semi-précieuses : jaspe, agate, onyx et lapis, on obtient une palette d'une richesse exquise de coloration. Il ne faut pas, d'ailleurs, abuser de ces ressources, en cherchant outre mesure l'expression naturelle des sujets vivants, il faut au contraire en simplifier la facture. L'Italie et surtout Florence ont, de tous temps, su approprier la marqueterie de marbre, non seulement au décor architectural, mais au mobilier*. Enfin les Arabes et les Indous ont également rehaussé leurs façades d'incrustations marmoréennes.
Le dallage est, en somme, de la marqueterie d'assemblage de grande dimension. On connaît les pavements classiques des Romains et notamment Vopus alexandrinum, dont la composition, généralement rectiligne, est ordinairement bien comprise (fig. 172); les Byzantins, les Arabes ont fait un plus fréquent usage de la courbe dans le dessin de leurs dallages, tout en se maintenant dans un à plat indispensable (fig. 173). En principe, le dallage se prêtera toujours bien aux compartiments géométriques d'un assemblage facile, pré-
1. On cerne fréquemment d'un trait gravé les contours du métal bordant les fonds comme on peut aussi en garnir les surfaces par des gravures au burin.
2. On appelle souvent la marqueterie de marbre : mosaïque florentine, expression mal appropriée, la mosaïque comportant, comme on le verra § X, un tout autre genre d'exécution.
sentant peu de déchets et dont le carreau ^rectangulaire ou hexagonal, est le type le plus simple; le pavement incrusté, tout en possédant plus de liberté dans le dessin, doit rester dans les limites d'une expression en rapport avec sa destination qui consiste à être foulé aux pieds. C'est ainsi que les célèbres compositions bibliques exé-
cutées par Beccaffumi, pour les dallages du Dôme de Sienne, eussent été mieux placées sur des murs verticaux et n'exigeraient pas ainsi la protection d'un plancher de bois les voilant aux regards pendant la majeure partie de l'année ^
I. Ces dallages sont traités en marbres à trois teintes (blanc, gris et noir, parfois rouge) rehaussées de hachures exprimant un certain modelé. Le maître de Beccaffumi, Duccio, a exécuté
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Enfin, on emploie aussi les dallages faits de cimenîs colorés, incrustés dans un fond de pierre, de terre cuite, de grès ou d'autre ciment. Si le principe de la composition reste le même que pour Pincrustation des marbres, la convention y sera peut-être encore plus absolue, la
difficulté de pouvoir allier la chaux avec les couleurs minérales restreignant considérablement le nombre des teintes en jeu.
pour le même édifice des compositions d'un style moins élevé, mai? qui, par le procédé plus primitif de teintes à plat bordées de traits, sont plutôt d'un effet plus franc et plus large.
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g IX. — ÉMAUX SUR MÉTAL, CLOISONNÉS, CHAMPLEVÉS, PEINTS ET REPOUSSES. — ÉMAUX DIVERS. ORFÈVRERIE ET BIJOUTERIE ÉMAILLÉES.
L'industrie des émaux sur métal comporte plusieurs procédés de fabrication*.
Les émaux cloisonnés s'obtiennent par le coulage de rémail en poudre à Pintérieur de petits compartiments formés de rubans métalliques, fixés sur champ contre un fond également en métal. Après la cuisson chaque case colorée apparaît sertie d'un mince filet brillant, produit par l'épaisseur du cloisonnage, l'émail pouvant être à volonté arasé au nu des cloisons, s'enfoncer en creux ou saillir en relief.
Les émaux cloisonnés, qu'il ne faut pas confondre avec les verroteries insérées dans des cloisons d'or, semblent avoir pris naissance chez les anciens Perses, qui en ont légué le secret aux Byzantins. Durant tout le moyen âge, ce procédé est resté en grande faveur en Occident jusqu'au xvi® siècle où on le voit délaissé pour celui des émaux peints. Par contre, l'Orient et l'extrême Orient n'ont pas cessé de l'appliquer à une infinité d'objets d'art*.
Bien que par le mélange des poudres avant la cuisson on puisse obtenir des teintes fondues et dégradées,
i. L'émail est une sorte de verre opaque, translucide ou transparent, différemment coloré par des oxydes métalliques.
2. On est parvenu par le moulage et la galvanoplastie à tirer de nombreux exemplaires d'un même cloisonné, procédé économique et prompt, mais ne pouvant posséder l'intérêt du cloisonnage à la pince.
la recherche d^un modelé sérieux est matériellement im^possible, le cloisonnage très apparent étant un obstacle invincible à toute représentation naturelle; c'est dire
que la flore et les êtres vivants ne peuvent guère être rendus que comme de purs simulacres.
Dans les émaux cloisonnés du moyen âge, chaque figure est exprimée par un dessin dont Tépaisseur des rubans métalliques forme les traits extérieurs et inté-
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rieurs; chez les Sino-Japonais,les mêmes cernures brillantes servent aux contours des pétales de fleurs, aux nervures des feuilles, aux plumes des oiseaux, aux e'cailles du serpent; iln^estpas jusqu^à l'eau ondoyante, aux nuages, aux fumées, qui n'en soient aussi pourvus,
malgré leur nature vaporeuse et indécise, et quel que soit leur éloignement (fig. 174).
Dans les émaux champlevés ou en taille d'épargne, l'émail est coulé dans une sorte de gravure profonde traitée -au burin ou à l'eau-forte sur une plaque de métal. Ce procédé offre cette ressource de permettre des intervalles métalliques de dimensions très variées, pouvant acquérir l'importance de larges champs et
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même de fonds entiers; particularité qui permet d'en rehausser la nudité par des gravures au burin, dont l'effet s'ajoute à celui du dessin émaillé (fig. 175).
Les émaux champlevés ont surtout été en faveur en Occident, pendant la période du moyen âge pour déchoir, en même temps que les émaux cloisonnés, à l'époque de la Renaissance.
Le procédé de la nielle a trouvé ici une application, la matière noire se trouvant rem- ^^^__ placée par l'émail; aussi ap- K^^^J pelle-t-on souvent les émaux champlevés à simples traits gravés: des émaux de niellw^e.
On a parfois associé aux émaux de niellure des appliques en métal repoussé continuant, par leur relief, le dessin du sujet émaillé, comme des têtes, mains et pieds en demi ronde bosse se raccordant à des corps de personnages en émail champlevé (fig. 176). Procédé bizarre, en faveur au moyen âge, dont le charme provient uniquement d'une convention voulue et franchement exprimée.
Viennent ensuite les émaux peints appliqués suivant des couches successives, recouvrant entièrement une plaque de fond métallique, et sur lesquelles on peint des sujets décoratifs à l'aide de couleurs minérales fondantes qui pénétrent, par k cuisson, dans
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la pâte de l'émail*. Diverses subtilite's sont mises en œuvre ; soit en recouvrant les émaux opaques d'une glaçure d'émail transparent, pour accentuer la profondeur de la coloration; soit en appliquant des émaux translucides et colorés, sur un fond de métal brillant, ou sur des paillons d'or ou de platine habilement répartis, de manière à profiter des reflets du dessous.
On peut, enfin et après coup, aviver et harmoniser les couleurs sombres de l'émail par des retouches et cernures d'or ou d'argent passées au feu de moufle.
Les émaux repoussés sont des émaux peints appliqués sur une surface métallique préalablement martelée suivant des reliefs, correspondant aux motifs du dessin, dont le modelé se trouve par le fait renforcé, ce qui donne l'impression d'un bas-relief émaillé; aussi le résultat est-il des plus riches parmi les applications décoratives, les jeux de la lumière, accrochée aux saillies, venant ajouter un éclat imprévu à la coloration des émaux.
Les émaux peints se prêtent, par leur nature même, au modelé des formes et aux finesses du détail; avantages pouvant devenir dangereux si l'on en abuse; cependant, si pour obtenir des effets très réels la palette de l'émailleur est encore incomplète, elle sera plus que suffisante pour le rendu décoratif. Des silhouettes caractéristiques, un modelé qui peut être très étudié sans être précieux, une coloration riche et profonde avec des accords de grisailles et
I. Le verso du métal est généralement garni d'un contre-émail, pour prévenir à la cuisson le gauchissement de la plaque métallique.
de camaïeux*, tels sont les vrais éléments d'expression des émaux peints.
Nés au XVI* siècle, les émaux peints ont trouvé en France les plus excellents traducteurs avec les Pénicaud, les Limosin, les Courtoys et les Raymond, dont les sujets, qu'ils soient personnels ou inspirés des œuvres italiennes et flamandes, sont, en tout cas, remarquables.
Les émaux translucides sur reliefs ou de basse-taille, délaissés depuis le xvi« siècle, ont été remis en faveur dans ces dernières années. Ce sont des sortes de champlevés dans lesquels le creux du fond, modelé suivant des reliefs prévus, imprime aux couches translucides qui les recouvrent les effets les plus chatoyants.
Nous n'avons pas à nous étendre sur la fabrication des émaux en résille, incrustés dans le cristal remplaçant ici la partie métallique, ou encore des émaux à jour, naturellement translucides et enchâssés dans une sertissure sans fond, à la manière des pierres précieuses, car ces procédés relèvent plutôt de Part du joaillier ou du verrier que de celui de Pémailleur.
Terminons par un mot sur l'orfèvrerie et la bijouterie émaillées, c'est-à-dire l'application de l'émail, non plus sur des plaques à contours variés, mais sur des formes d'objets métalliques : vases, calices, flacons, flambeaux, châsses et bijoux. Si l'intervention des émaux est un élément judicieux de décor, ce n'est pas une raison pour recouvrir totalement la surface d'un objet et en dissimuler la structure. Uémaillerie en plein est une erreur pour les pièces d'orfèvrerie et de bijouterie, et
I. Surtout quand ces grisailles ne visent pas l'imitation du bas-relief sculpté, simulant un trompe-l'œil.
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de plus un mensonge faisant naître, à certaine distance, un doute sur la matière en œuvre, qui prend de loin des aspects de verrerie ou de porcelaine tout à fait inopportuns. De plus, l'émail, par son épaisseur obligée, empâte considérablement les moulures et détruit les finesses du profil. L'application des émaux doit donc être partielle et ne servir que de remplissage dans les frises, tympans et écoinçons ménagés dans une ossature où le métal reste bien apparent. Les émaux cloisonnés et champlevés, ont été, par leur fabrication même, moins sujets que les émaux peints à envahir la totalité des grands nus métalliques, comme on peut en juger part les nombreuses pièces d'orfèvrerie émaillée exécutées au moyen âge, en Orient et en Occident (fig. 177),
g X. — MOSAÏQUE DE MARBRE ET d'ÉHAIL
L'exécution de la mosaïque procède, non par incrustation, mais par assemblage de petits cubes juxtaposés sur un fond, et dont on comble en ciment les joints intermédiaires lorsqu'ils n'offrent pas une contiguïté parfaite*. La mosaïque de marhrQ, dite antique on
I. Voir, dans la présente collection, le volume de M. Gerspach: la Mosaïque. — A. Picard & Kaan, éditeurs.
ai6 LA COMPOSITION DECORATIVE.
romaine, est faite uniquement de pierres dures et de marbres taillés en cuboïdes, tandis que la mosaïque d'émail ou de verre, dite by:{antine ou vénitienne, est formée de petits cubes d'émaux vitrifiés et colorés par les oxydes ou même recouverts de feuilles d'or ou d'argent protégées d'une couche d'émail transparent qui ajoute à leur éclat*.
Bien que les Romains aient laissé certains ouvrages de mosaïque où les verres sont mêlés aux pierres dures, c'est surtout de la mosaïque de marbre qu'ils ont tiré le plus grand parti. Sous l'influence des Perses qui depuis longtemps pratiquaient l'émaillerie, la mosaïque de verre se développa très vite à Byzance et dans les villes d'Italie et de Sicile en relation avec elle ; les basiliques de Constantinople, de Ravenne, de Venise, de Rome et de Palerme conservent encore les plus magnifiques spécimens de cet art resplendissant.
La mosaïque, par la rusticité relative de son exécution, gagne généralement à être pratiquée sur de grandes surfaces; c'est pourquoi elle convient si bien au décor architectural*. Cet an se prête mal au fini et aux subtilités du modelé, l'apparence de petits cubes plus ou moins grossiers, séparés les uns des autres par des joints très visibles, ne permettant pas au mosaïste de rendre les effets de la peinture; au xvii* siècle en Italie, certains virtuoses sont cependant parvenus à reproduire ainsi d'une manière surprenante des ta-
1. On donne ordinairement le nom de smaltes aux cuboïdes d'émail.
2. Ce qui explique l'aspect mesquin des mosaïques microscopiques fabriquées journellement en Italie.
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bleaux et des fresques; mais ce résultat ne prouve que de l'habileté et ne reste pas moins faux et en opposition avec tout principe décoratif.
Nous dirons même que c^est précisément cette inégalité des surfaces, ce craquelé des joints, ces réflexions imprévues des facettes qui, loin d^être des obstacles au rendu décoratif, impriment au contraire au décor un charme tout spécial et plein de séductions. Aussi Fornement, quel qu'il soit, doit-il être largement traité, soit méplat avec des cernures vigoureuses pénétrant dans le détail, soit modelé vigoureusement au moyen d'ombres violentes et de clairs vifs, mais en tout cas avec un parti d'exécution franc et sommaire. Parfois enfin, à l'aide d'un ou de plusieurs rangs de cuboïdes parallèles et côtoyant les formes, on accusera nettement les contours sur le fond.
L'animal et la figure humaine s'interprètent également bien en mosaïque, à condition qu'on ne s'attache pas à rendre la fugacité des reflets ou les délicatesses de la carnation (fig. 178). Saint-Marc de Venise, Saint- Vital de Ravenne et les basiliques de Rome possèdent un grand nombre de figures d'un caractère très puissant.
Ajoutons que la mosaïque de pavement doit être composée autrement que celle de revêtement de muraille ou de voûte, et que tel sujet, possible sur une paroi verticale, deviendra absurde s'il doit être foulé aux pieds. C'est donc dire que l'ornement géométrique doit surtout prédominer ici, et que si la flore et la faune interviennent, elles doivent être traitées méplates et avec la plus absolue convention.
La France, fermée pendant de longs siècles à l'usage
de cette industrie d^art, a enfin compris tout le parti qu'elle pouvait tirer^ pour le décor architectural surtout, de la
mosaïque d'émail, dont Taspect chatoyant et varié, vibrant dans la lumière et transparent dans l'ombre, est bien fait pour apporter sous notre ciel brumeux un peu d'éclat et de vie.
LA PRATIQUE 219
g XI. — VERRERIE SOUFFLÉE — CRISTALLERIE TAILLÉE ET GRAVÉS