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SUR FAÏENCE, PORCELAINE ET LAVE

REVÊTEMENTS d' A RC H I T ECT UR E. — CARRELAGES COLORES

L'étude de la coloration appliquée à la surface de la terre cuite quelle qu'elle soit, va, oomme nous l'avons dit, compléter le paragraphe précédent.

Le plus simple des procédés en usage dans la faïence est la peinture SiMfeu de moufle, qui consiste à peindre avec des couleurs vitrifiables sur la terre émaillée; mais comme par suite d'une cuisson relativement faible les

couleurs ne s'incorporent pas dans Témail cuit, le résultat demeure sec et superficiel *.

La peinture dite au gt^ and feu, faite d'émaux colorés appliqués directement sur la terre crue et sous couverte transparente 2, possède cet avantage d'obtenir la pénétration des couleurs dans Témail, ce qui leur communique une puissance et une profondeur particulières.

Viennent ensuite s'ajouter différents procédés em-

persan

pruntes a d'autres industries : la gravure au style sur engobe, l'application des émaux gravés sur crû ou

cloisonnés en terre, les couvertes colorées, les pâtes rapportées en relief, les fonds d'or sous couverte, etc., tous moyens variés dont l'attrait provient, non seule-

ïic. 19^.

1. Les majoliques italiennes, exécutées par un procédé analogue, possèdent en outre une glaçure transparente étendue sur la surface et qui rehausse l'éclat des teintes.

2. Si la terre est naturellement blanche, l'éclat est plus vif à cause du dessous rayonnant.

LA PRATIQUE

ment de la beauté de la coloration, mais des parcelles de lumière accrochées aux légers reliefs de la surface, source d'un éclat in-

connu à la perfection de Puni. Si la palette du grand feu est relativement restreinte, les couleurs qui résistent sont riches et puissantes. Il faut donc en tirer parti et ne pas, sous prétexte de mode ou d'originalité, écarter de parti pris ces superbes bleus d'outremer et turquoise, ces rouges de corail, ces jaunes francs et ces verts émeraude, dont les céramistes anciens ont usé avec tant de bonheur, pour laisser la place à des teintes mornes et sales inacceptables pour des objets décoratifs.

La terre émaillée et décorée en couleur, connue déjà en Egypte, a pris un grand développement avec les Assyriens qui lui ont assigné une large place dans la décoration de leurs édifices. Les Grecs n'ont pas cru

Faïence

d'Urbino.

FiG. 195.

devoir reprendre cette tradition et s'en sont tenus à la poterie lustrée à dessins rouges, noirs et blancs; il nous faut retourner en Orient pour voir les anciens Perses, les Sassanides et leurs successeurs les Persans,, porter la faïence décorée à son plus haut degré de perfection, non seulement dans les poteries de mobilier

(fig. 194), mais dans le revêtement intérieur et extérieur des palais, mo squées et caravansér ails.

Le moyen-âge

en Occident a présenté des essais timides et cependant bien compris; enfin, au xv® siècle, ritalie, la Sicile, les îles Baléares ont créé ces célèbres fabriques d'où sont sorties ces majoliqiies à coloration mordorée ou irisée, de tous points si remarquables (fig. 195 et 196). La France, au xvi° siècle, avec Palissy et la fabrique d'Oiron, puis plus tard avec celles de Rouen, Nevers, Moustiers, Strasbourg, etc., fournira, jusqu'au premier Empire, les modèles les plus heureux de faïence décorée (fig. 197). Enfin, après l'atonie générale des arts au commencement du siècle présent, cette industrie est

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