‹ La Composition du Livre d'HabacucChapitre 31 sur 69 · Der Prophet Hab., p. 10 ss. DD · texte numérisé non relu

Der Prophet Hab., p. 10 ss. DD

par delà les errements de la Septante et de la Massore, le texte primitif du livre. Le point de départ de toute cette hypothèse est l'adoption de la variante grecque: ragotxias po, en 3'6, Elle ne s'imposait pas. Il eùt suffi de substituer au ? final de x un suffixe de première personne, pour obtenir un sens acceptable. C'est ce qu'ont fait Nowack et Marti. « Quand s'avancera le peuple qui m'attaque », esten meilleur parallélisme avec le «jour de l'affliction », au stique précédent, que la traduction de Peiser. C'est bien du point de vue du prophète qu'est employé ce terme de n7x,comme le confirme le contexte sinon des versets suivants, suspects d’être poslérieurs, au moins du verset précédent.

Quant à l'expression : « ton oint» (31), rien ne prouve qu'elle ne désigne pas toute la nation juive, en parallèle au mot «ton peuple !». Encore moins a-t-on-le droit de supposer que c’est le poète qui se désigne personnellement sous ce nom, et se donne ainsi à connaître pour un descendant des rois. L'inférence tirée des mots: «tête de la maison de l'impie » (31%), ne paraît pas plus légitime. Le parallélisme du membre suivant invite à traduire ww par « faite », plutôt que par « prince » :

Tu broies le faîte de la maison de l’impie, Mettant le fondement à nu jusqu'au rocher.

Il est vrai que la seconde partie de ce distique a, dans le texte de Peiser ?, complètement disparu.

On ne voit pas qu'on ait le droit, davantage, de rapporter personnellement à l’auteur le terme de « juste », et les plaintes des premiers versets (1?-‘). Ils dépeignent un état de choses bien plus général. Il suffit de les lire sans prévention pour être édifié là-dessus.

De ce que le nom d'Habacuc est assyrien, il ne s'ensuit

1. Cf. The reference to the + King » in the Psaiter, G. Buchansn Gray, Jew. Quart. Rev., London, VII, 1894-95, p. 658-686 ; H. Weinel : M7 wnd seine Derivate, Zeisch. f. alt. Wiss., 1898, p. 1-82, spéc. 72; Loeb, Lütér. des pauvres dans la Bible, p. 258.

2 Pr220:

Ne

évidemment pas que l'hypothèse de Peiser se trouve justifiée. Tout ce qu'on peut dire avec vraisemblance, c'est que ce nom n'est pas antérieur à l'époque de la captivité. Mais l'identité. d'Habacuc avec l'auteur de tout le livre demeure une question ouverte. Il a pu y avoir d’autres Juifs qu'un descendant de Manassé, à prendre pour pseudonyme un nom pareil ou à le porter plutôt réellement, et la date de la prophétie n'en saurait être précisée, non plus que déterminé le lieu de sa composition.

Les ressemblances signalées entre les prophéties d'Habacuc et les textes cunéiformes ! n’ont rien que de très lointain. On peut parler de poissons, de tablettes à écrire, de péché qui retombe sur les pécheurs, sans connaître la bibliothèque d'Assurbanipal. Un dialogue d'animaux et de choses inanimées peut être dans les habitudes littéraires assyriennes, sans que ce procédé oratoire soit interdit aux prophètes juifs. Le verset 21! d'Habacuc n’a pas besoin de s'appuyer sur une interpellation cunéiforme adressée à la poutre et au mur:

Poutre, poutre, mur, mur :

Poutre, écoute, mur, comprends.

Il n'est pas nécessaire d’être assyriologue pour estimer que le rapprochement n’est pas des plus saisissants, entre Habacuc 1° et Proverbes 112, Hab. 1° et Prov. 1!°. L'emploi d'une ou deux expressions analogues, dans des contextes et des sens tout différents, constituerait-il une présomption suffisante que l’un et l’autre passage s’inspirent de sources assyriennes communes ?

Un mot encore contre l'hypothèse unitaire qui est ici préconisée. Si les Assyriens sont visés en 1?*, on a peine à croire qu'il s'agisse également d’eux en 1'*$ et au chapitre 11. Ces passages devraient s'appliquer, d’après la rédaction actuelle du texte, aux conquérants décrits en 151".

L'hypothèse de Peiser reste originale, intéressante, érudite. Elle est fort loin de sembler prouvée, ou simplement d’être probable.

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