‹ La Composition du Livre d'HabacucChapitre 43 sur 69 · Col. 639, 2n vocem · texte numérisé non relu

Col. 639, 2n vocem

SU ee tion avec le mot br du texte, Duhm pense fixer la date de la prophétie.

C'est durant la campagne d'Alexandre en Asie, et non point au début, puisqu'il a déjà emporté maintes places, soumis bien des peuples et des rois. C'est après la bataille de l'Issus, la prise de Tyr, de Gaza, de Damas, la conquête mème de l'Egypte et la fondation d'Alexandrie'. N'est-il pas dit « Malheur à qui bâtit une ville dans le sang » (2®)?? Plusieurs années se sont done écoulées depuis le débui de la conquête, mais la bataille décisive d'Arbelles ne doit pas ètre déjà livrée, puisque l'écrivain croit encore que le conquérant peut être châtié 41?s), Il faut done s'arrèter à la date de 331.

Pour le mème commentateur, les versets 1?'ne correspondent pas à un état de désordre intérieur où une classe de la nation opprimerait l'autre. Les Juifs vivaient, pense-t il, dans la paix la plus profonde, se nourrissant de leurs champs et du produit de leur commerce, dévôts au Temple et à la Loi“. C'est l’arrivée des Grees qui bouleverse tout. La loi est paralysée, ear le prètre ne se résigne pas à intervenir, si l'ouvrier ou le paysan juif est contraint par l'étranger à travailler le jour du Sabbat, pour satisfaire à ses exigences. Les troupes juives auxiliaires n'osent pas refuser les mets impurs à.

Une double remarque s'impose. Selon Duhm, les versets 1° et suivants ne font que continuer les précédents, en restant sur le même plan. Dans l’état du texte actuel, il ne paraît pas qu'il en soit ainsi. Après les premiers versets, consacrés à l'état troublé de Juda, l'annonce des conquérants semble former un second tableau. En outre, il paraît diffieile d'expliquer par la domination grecque, si douce en Palestine durant 150 ans, les plaintes amères du début et celles du chapitre second *. Elles semblent supposer, les unes comme les autres,

sr — dans un plan d’ailleurs différent, un état de souffrances violent et déjà long. On ne justifie pas non plus à moins la terrible théophanie du chapitre ur, que Duhm estime appartenir, et dés l’origine, à la méme composition. Pour expliquer chez le prophète cet ardent besoin de justice et de vengeance, il faut plus que quelques abus de pouvoir de la part des conquérants, ou que l'inintelligence de l'écrivain juif, pacifiste honnéte, « devant l'effort mi-conscient du Titan macédonien pour ouvrir des voies nouvelles à l'évolution de l'humanité ! ».

Le thème étant une fois constitué, Duhm excelle à le déve- Jopper. Si les Juifs s'étonnent devant l'invasion, c'est qu'ils étaient habitués, depuis deux siècles, à la paix dans le vasselage. En 604 rien n'eût surpris ?. Un prophète n'aurait pas, alors, invité ses concitoyens à regarder « parmi les peuples * ». Cette expression indique assez que la Judée n'avait plus part, depuis longtemps, à la politique internationale‘. Les Juifs n'étaient plus qu'un petit peuple endormi à l'ombre du manteau persan”.

N'est-ce pas tirer des mots « parmi les peuples », beaucoup plus qu'ils ne contiennent ? La Judée n'était pas directement en cause dans la lutte des Chaldéens avec l'Assyrie et l'Egypte. Cela suffit à expliquer l'expression du prophète. On ne saurait y découvrir qu'il considérât son pays comme rayé depuis longtemps de la liste des nations.

Eñt-on reproché aux Chaldéens, vers 604, de s'emparer de terres étrangéres ? C'étaient les héritiers heureux de l'empire assyrien, Mais la conquête macédonienne avait de quoi scandaliser. On n'avait pas encore, pour ratifier l'histoire, prêté au patriarche Noé celte prédiction, que Japhet habiterait dans les tentes de Sem 5. — S'emparer de terres étrangères? C'est pourtant, par définition, le fait de tous les conquérants.

Quant l’armée d'Alexandre apparut en Orient, « il amassa

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