‹ La Composition du Livre d'HabacucChapitre 44 sur 69 · PER · texte numérisé non relu

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comme sable les captifs » (1%. 30.000 Tyriens furent vendus comme esclaves, après la prise de leur ville", Mais il est sûr que les Chaldéens firent aussi des prisonniers à Carchémisch, en masse. Est-ce plus ou moins qu'Alexandre dans ses victoires ? Leur nombre exact n'importe guère à l'emploi de la métaphore, toujours hyperbolique, du « sable ».

Si le grand pêcheur de peuples sacrifie à son filet, Duhm ne se refuse pas à reconnaitre là une simple facon de parler. Mais il croit devoir mentionner qu'Alexandre fit placer dans le temple de Melkart quatre machines de siège, grâce auxquelles il avait triomphé de Tyr?. Mais, outre qu'un er-voto n’est pas précisément un dieu, on pourraitobserver que le culte des armes de guerre chez les Assyro-Babyloniens, aussi bien que chez les Scythies, est d'une authenticité reconnue ; des scènes gravées, récemment découvertes, l'ont rendue indiscutable ?.

‘Le pêcheur métaphorique du prophète se réjouit de ce que sa part est grasse. C’est le style figuré qui se poursuit. D'ailleurs il n’est guère étrange que n'importe quel conquérant prenne plaisir à son butin. Aux yeux de Duhm, cependant, la seconde moitié du verset 1'6 est spécialement caractéristique de l’idée que notre écrivain s’est faite d'Alexandre : il entreprend ses conquêtes pour en jouir. « Habacuc n’a aucune intelligence, ajoute-t-il, pour ce qui constitue l'essence de l'Européen ; dans son estimable, mais étroite et bourgeoise façon de penser, il ne se doute pas qu'il introduit, avec ces traits, une nouvelle époque de l'histoire universelle ?, »

On ne voit pas davantage pourquoi les épithètes d’orgueilleux et d’arrogant s’appliquent mieux à Alexandre qu'à tout autre dominateur ”. Il est ingénieux de songer qu'on l'ait pu prendre pour le Scheôl et la Mort en persoune, commé on a tenu, paraît-il, Napoléon pour l'Antéchrist 6, mais l'ambition P. 26.

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J. Halévy, Rev. Sémailique, 1906, p. 107.

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MDN 6. D. p. 49.

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insatiäble n’est pas uh trait qui lui conviénne à l'exclusion des autres dompteurs de peuples.

Sans doute, si Habacuc s’occupait d'Alexandre, en parlant de villes bâties dans le sang, il pouvait songer à Alexandrie‘; mais s'il s'occupait des Chaldéens ef s'il écrivait lés Malédietions peu de temps avant le triomphe des Perses, il pouvait penser à Borsippa, à Babylone, que Nabuchodonosor avait rebâties, ainsi qu'aux constructions grandioses du règne de Nabonnedos.

Il est possible qu'Alexandre ait fait couper cèdres et cyprès dans le Liban pour les machines de guerré et la flotte qui lui servirent à prendre Tyr, voire, peut-être, pour la construction d’Alexanürie?. Mais que la violence faite aux bêtes du Liban soit à expliquer par le trop peu de ménagements avec leqüel les soldats grecs employaient le bétail dés Juifs, pour Le trañsport des bagages ou les services d'intendance, c’ést ce qu’on aura plus de peine à penser. Mieux valait encore s'en tenir au souvenir des grandes chasses assyriennes.

Au verset 15 du chapitre 11, nous avons lu :

Malheur à qui abreuve les autres de sa colère, A qui les enivre au calice de 5a fureur, Pour contempler leur nudité.

Bois, toi aussi, et te mets à nu.

Que le prophète est un poète *, et qu'on ne doit pas épiloguer sur la lettre de ses expressions, c'est ce qu'il serait superflu de rappeler. Dans le passage en question, ce qui suit montre clairement que le calice est métaphorique ‘ comme en Isaïe 51172122 en Jérémie 25°, en Ezéchiel 23**, dans le Psaume 75%. Bernhard Duhm l'entend littéralement, Il s'étonne qu'un conquérant fasse boire à ses amis sa colère à pleine coupe. Que ne leur accorde-t-il, plutôt faveur et. ri-

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3. Cf. v. g. P. Schwartzkopi, Giessèn, 1896, dié Prophetische Offenbarung, b. 90-99,

4. Cf. C. G. Monteñore, Jewish Quarterly Review, TI, 1891; p. 662. (Dans ur aftiéle sur l'usage biblique des Métaphores).

ET ce

chesses ? IT est vrai, remarque-t-il, qu'Alexandre à tué Kleitos et Parménion. Mais ce n'est pas à Habacue à s'en plaindre. Puis qu'aurait affaire la fureur avec la tenue et le costume peu sévères de ces buveurs? Il lit done : 355 9x *» n2r2 Les amis d'Alexandre boivent « à l'aiguière » jusqu'à l'ivresse. Ce stique signifierait, avec celui qui précède, qu'Alexandre fait boire ses £raisor à mème la grande coupe à libalions, à même les aiguières, c'est-à-dire énormément. Peut-être les excès ici décrits ont-ils été réalisés à la lettre, tout «comme nos chevaliers buvaient dans des bottes ! »,

Le savant exégète continue son interprétation, aussi réaliste que dénuée de probabilité. Habacuc aurait entendu parler de la tenue peu habillée des commensaux du prince. En sémite inhabitué à de tels usages, il conclurait à des scènes de débauche ?. Quand il invite Alexandre à se dépouiller de ses vêtements lui aussi, ete., le prophète lui reproche une double honte : celle de se livrer à de telles bacchanales, et de montrer matériellement, en se dévêtant, qu'il appartient aux incirconcis *. C'est vraiment là prouver trop.

On le voit. L'hypothèse macédonienne de Dubhm est ingénieuse. Elle est savamment suivie. Mais elle repose sur une élimination inacceptable du mot «les Chaldéens » au profil d'une mention conjecturale des Grecs, sur une restitution aléatoire de « Gomer », sur une interprétation discutable de Ep, terme lui-même peu certain et qui appartient à un membre de phrase corrompu, sur des inférences historiques qui sont loin d'être inéluctables, et de factices rapprochements ‘.

Nous avons constaté d'ailleurs, que si l'on garde aux Ghaldéens leur place, dans le texte d'Habacuc Ÿ, il n'y a aucune

Duhm, p. 62 ss.

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