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Non moins surprenante est l'absence de toute mention des Assyriens, si les deux premiers chapitres ne visaient en réalité qu'eux. Il est vrai que Budde propose de lire le nom d'Assur au verset 1!!. Il suggère :
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« Alors le méchant passa comme le vent, Assur dont la force est son Dieu! ». La suite entre les deux membres de phrase n’est pas des plus naturelles. Si ingénieuse que reste, d’ailleurs, cette hypothèse, elle ne repose que sur des corrections assez violentes. Elle postule plus qu'elle ne confirme la théorie assyrienne.
Dans la mesure même où Budde établirait la lecture, en 1!!, du nom des Assyriens, il se rendrait plus difficile lexplication, pourtant nécessaire, de la transposition des versets, ramenés du second chapitre au beau milieu du premier. La mention expresse d’Assur ne pouvait pas être favorable à ce déplacement, et Budde qui avait supposé, dans son article des Studien und Kritiken,que l'absence du nom des conquérants avait facilité la transposition, en vient, dans F£Expositor, à émettre l'hypothèse que le nom des Assyriens se sera peutêtre trouvé effacé. La supposition que ce nom a figuré dans le texte, comme celle qu'il en a disparu, sont conjectures corrélatives. L’une n’est pas plus solide que l'autre.
Ne nous occupons donc plus du nom d’Assur, La transposition de 1°!! en devient-elle plus concevable ? Budde pense l'expliquer ainsi. Les Chaldéens étaient présentés comme des libérateurs. La prophétie s'est trouvée fausse. La domination nouvelle ne s’estpas fait moinsrudementsentirquel'ancienne. La venue de Cyrus, au contraire, a réalisé ce que les succès de Nabopolassar avaient fait espérer en vain. On a donc supposé rétrospectivement que les plaintes du prophète étaient occasionnées par l'oppression des Chaldéens. Voilà pourquoi 1" s'est trouvé intercalé au milieu de plaintes formulées au chapitre 1 : tout ce chapitre, et le 1x, n'ont plus semblé se
1, Ecpos., 10., 376, n. 1:
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rapporter quà la tyrannie chaldéenne !. — Si de pareils motifs ont dicté la transposition supposée, on avouera qu'elle n'a guère élé réussie. Il faut quelque bonne volonté pour trouver dans les conquérants décrits en 1511 les mêmes oppresseurs qu'en 1*%*. Telle est pourtant, d'après Budde, l'impression que ce déplacement devait donner.
Mais une autre objection se pose, plus radicale. D’après l'hypothèse de Budde, ce sont les Assyriens qui entravent l'application des réformes de Josias et empêchent la Loi deutéronomique d'être en honneur. Tout le morceau des malédictions, au chapitre 11, se rapporterait aux mêmes tyrans. Mais la situation supposée convient-elle à ce que l'histoire nous apprend des dernières années de l'empire assyrien ? Je ne serai pas suspecté de présenter les faits trop favorablement à mon opinion, si je rappelle simplement les lignes écrites par Tiele, plusieurs années avant que Budde ait émis son ingénieuse hypothèse. Vers la mort d'Assurbanipal « la domination assyrienne sur les pays situés le long de la côte de la Méditerranée, n’était plus que nominale, si bien que le roi Josias de Juda put exécuter ses réformes sans êlre entravé, et s'installer en maître dans le territoire du vieux royaume d'Israël, devenu depuis des années une province assyrienne; en l'an 608, Nécho 11, roi d'Egypte, put songer à étendre, — comme dans les jours depuis longtemps passés, — son royaume jusqu'à l'Euphrate, et à prendre les armes contre l'Assyrie pour lui enlever toutes ses provinces de l'Ouest... Get empire n'existait déjà plus à proprement parler, à tout le moins comme puissance mondiale (Weltmacht). Resserré dans ses anciennes limites, le vieil empire assyrien dépérissait lentement ; il n’attendait plus que le coup de grâce ?. »
Il n’est que juste de remarquer que Budde fait remonter la prophétie d'Habacuc jusqu'aux environs de 615. Mais il est difficile de croire, d'après ce que nous savons des libertés laissées à Josias, que le joug assyrien pesät sur Juda, en 615, d'un poids beaucoup plus lourd que quelques années plus
1. Expos., ib., 375 s. ; 2. Tiele, Assyr. und Babylon. Geschichte, Gotha, 1888, II, p. 406.