LUS
tiennent au même morceau. Rien, dans le ton de ces trois versets, n'autorise une telle hypothèse. Ce n’est plus une prière, une protestation, une effusion lyrique. Ce n'est pas non plus une sorte de description épique, comme on en rencontre dans un certain nombre de psaumes, où les prodiges passés sont rappelés, où d'avance se trouve décrite la théophanie eschatologique. Il n'y a rien ici de pareil, mais une mise en scène toute dramatique, qui contraste de la façon la plus âpre avec le reste du morceau si heureusement reconstitué.
Marti en appelle au psaume 73, où le poète cherche aussi la solution d’une douloureuse énigme. Mais le seul rapprochement qu'on puisse faire entre les deux passages réside uniquement dans l'idée, et peut être établi aussi bien entre le Ps. 73 et Habacuc 12‘, 113 spécialement. Le rédacteur de 21 n'a fait que s'inspirer de ce thème fourni par le contexte. Il le traite d'une façon toute différente, qui rappelle bien plutôt les expressions d’Isaïe 216.8. !1. La préoccupation du rédacteur est de rattacher à ce qui précède le morceau relatif à la chute des Chaldéens (25). Il y pourvoit en donnant, par sa mise en scène dramatique, un relief extraordinaire à l'idée exprimée en 2*. Le dernier verset du psaume est ainsi destiné à relier les malédictions du chapitre second à la plainte du chapitre 1, détournée, depuis 1'%, dans le sens d’une application aux Chaldéens. 555 qui semble déborder le vers, aurait chance d’être un vestige du travail rédactionnel.
C'est en 1"? également que Marti semble faire un peu trop large la part du psaume originaire. Il reconnaît bien que ce verset n'est pas tout entier primitif. Outre les mots : « Nous ne périrons pas », qui forment surcharge même par rapport au texte de la rédaction définitive, il considère, avec raison, comme d'origine secondaire, les vers : |
lahvé, tu l’as destiné à juger, Rocher, tu l’as établi pour châtier.
Mais il conserve au psaume primitif :
N'es-tu pas depuis toujours, lahvé, Mon Dieu saint ?
Ne ferait-on pas mieux, néanmoins, de l'attribuer également au rédacteur ? 1!?4 oppose le Dieu éternel au Dieu que les Ghaldéens peuvent trouver dans leur force, et paraît, de ce seul fait, appartenir à la même couche littéraire que le verset 1!!, visiblement postérieur par rapport au premier fragment de la prédiction 4°-1°, Si l'on isole toul le verset 42 comme rédactionnel, et si l'on rattache directement 24 à 11%, sans contraindre 2!-2.5 à passer pour versets de psaume, on obtient, pour la plainte lyrique du chapitre premier, une suite satisfaisante.
C'est une pièce composée de cinq tétrastiques complets. On n’a pas à écarteler, avec Marti !, un tétrastique, celui qui est ci-dessous le quatrième, pour en rejeter la première partie sur le tétrastique précédent. Pas n’est besoin de supposer non plus que la dernière division strophique, inégale aux précédentes, serait d’un distique seulement?. Il devient encore inutile, vu la clarté du contexte, d'introduire dans le verset 2', un mot spécial pour désigner l’impie ÿ.
Voici donc, à seul titre d'hypothétique essai, comment on pourrait proposer de lire et de diviser le morceau :
I. Combien de temps, lahvé, aurai-je appelé au secours, Sans que tu entendes ; Crié vers toi violence, Sans que tu sauves ?
II. Pourquoi me fais-tu voir l'injustice, Et contempler l’iniquité ?
L'oppression et la violence sont devant mes yeux. Ce sont querelles et contentions.
III. Aussi la loi est paralysée, Et le jugement jamais ne se produit (au jour). Le méchant enveloppe le juste.
Le jugement est faussé.
IV. Tes yeux sont trop purs pour voir le mal, Tu ne peux contempler l'iniquité.
. Dodekapr., 335.
. Marti, Dodek., 335.