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= eZ coupables et méritent, à leur tour, le châtiment qui les attend.
A cette idole que l'étranger trouve en sa force (111), le rédacteur oppose le Dieu éternel de Juda (1!?). Il marque nettement que le droit des Chaldéens à exercer leurs sévices sur les autres peuples, ne leur venait pas d'eux-mêmes. [ls semblaient le croire, ainsi que l’indiquait déjà le verset 17 et que le soulignait le versel 1!!. Mais c'élait orgueil et méprise. Ils avaient seulement commission de Dieu. Voilà ce qu'exprime la seconde partie (1!?%b) de ce tétrastique rédactionnel.
Derrière les instruments éphémères d'Iahvé, il montre l'Eternel lui-même, qui ne faisait que se servir d'eux. C'est la réponse directe (1°?) à la suffisance impie des conquérants (1!!).
N'es-tu pas depuis toujours, Jahvé, mon Dieu saint ?
lahvé, tu l'as destiné à juger, Rocher, tu l’as établi pour châtier.
Ici s’interpose la seconde moitié du psaume. Dans le contexte factice qui lui est donné, il devient bien évident que le méchant, le rebelle, ne peut plus être que celui dont il est question en 1!!-!?, d'une part, en 1'#ss:, de l’autre. Le scandale du psalmiste devant le triomphe du mal sert à suggérer la véritable signification, philosophico-religieuse, de la chute des oppresseurs.
Une fois que cette idée a été nettement amorcée, le rédacteur peut reprendre la prophétie interrompue (1'*ss. Elle se présente désormais comme un acte d'accusation contre le conquérant. En développant l’idée des Ghaldéens bourreaux, elle aplanit le passage de la première partie : les Chaldéens justiciers, à la seconde : les Chaldéens jugés.
Pour que la transition soit plus douce, des plaintes du psalmiste à la reprise de la description prophétique, au lieu de la troisième personne du singulier :
« Il rend les hommes semblables aux poissons de la mer » (1),
le rédacteur emploie la deuxième personne : « Tu rends
or
les hommes... »Il appliqué à Dieu ce que Dieu tolère, c’està-dire, en réalité, ce que les Chaldéens font. Et le discours peut continuer, visant, dès lors, directement les agissements de l'oppresseur : « I1les prend dans son filet, elc. ».
De même que le verset 1? faisait remonter l'attention, des Chaldéens, simples instruments, à Dieu, seul acteur principal, de même le verset 14 et le double sujet grammatical qu'il
‘ juxtapose : « Tu rends », « ils prennent », ramène, inversement, la pensée, de la Providence souveraine à l'activité humaine qu’elle laisse agir, et dont Iahvé demeure, somme toute, responsable. Il devra désavouer, au moins, par un éclatant châtiment, les violences qu'il n’a pas voulu empêcher.
C'est l'idée que le chapitre n doit développer dans l'intention du rédacteur. Mais il procède lentement. Il dramatise la leçon morale qu'il se donne mission d'inculquer. Les violences chaldéennes, décrites à la fin du 1" chapitre, ne peuvent être, à ses yeux, le dernier mot de l'histoire. Il sait bien, d'ailleurs, qu'elles ne l’ont pas été. Il établit un lien de cause à effet entre l'abus de pouvoir signalé dans la dernière partie de la première prophétie, et la chute de l'empire chaldéen que la seconde prophétie annonce.
Pour donner plus de relief à cette pensée, il recourt à un artifice littéraire. Il entre dans le personnage d’un prophète, d'autant plus volontiers qu'il rédige un recueil prophétique. Il imagine une mise en scène appropriée. Il ne lui faut pas moins d'une révélation pour tenir le mot de l'énigme, que soulève le triomphe, longtemps impuni, des méchants. Isaïe! lui suggère la métaphore du guet sur une tour, et l'emploi de tablettes pour écrire la vision. Il insiste à la fois sur les délais et l’infaillibilité du châtiment.
Il fallait bien que le rédacteur, réunissant en un seul tout les deux prophéties relatives aux Chaldéens, marquât la profondeur de plan qui séparait les deux tableaux. En effet, à supposer qu'Habacuc eût annoncé, à la fois, le triomphe et la ruine des envahisseurs, il n'avait pu prévoir la réalisation