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de cette seconde partie de la prophétie, que pour un avenir assez éloigné du moment où il écrivait. Les versets 213 sont donc tout entiers commandés, dans leur matière, par la fiction unitaire du rédacteur. Leur forme correspond au besoin de présenter de façon dramatique ce qui devait constituer la leçon centrale du livre. Je veux parler de ce verset 2*, où l’'anxieuse plainte du psaume (12-113) s’accoisait dans la con-
fiance en la justice de Dieu.
Dans la combinaison actuelle, la transcription de ce verset après 1'* eût été prématurée, puisqu'elle aurait coupé en deux le passage des doubles récriminations, — aujourd'hui soudées entre elles —, contre Iahvé (13) et contre les Chaldéens (41%ss.), 21 étant reculé jusqu’à la place qu'il occupe, la matière apparaît mieux partagée. D'un côté, la question que soulèvent les abus de la force (113, mais aussi 1'*). De l’autre, la réponse générale du verset 2!, longuement commentée par les malédictions qu'elle introduit. La reprise du psaume, en 1%, et la fin de la première prophétie sont censées former un tout cohérent, comme en forment un, d'autre part, le dernier verset du psaume (2), et le second morceau prophétique. La transition rédactionnelle (113), établie entre ces deux parties du livre, consiste en un triple tétrastique, de même que les soudures moindres de 4° et de 1!? avaient, chacune, la forme d'un tétrastique entier.
Au cas où on ne les tiendrait pas pour originaires, les versets 25b 6a sont-ils des additions du dernier rédacteur, ou des gloses étrangères ? C'est difficile à décider. La seconde solution paraîtrait, cependant, plus probable. On ne reconnait, en effet, dans ce passage, ni la netteté strophique des additions propres à l'éditeur du recueil, ni un développement tendancieux, de nature à modifier, dans un certain sens donné, la teneur du morceau. Il est vrai que cette addition (2b 6a) souligne l'application de la prophétie aux Chaldéens mais le doute à ce sujet n’était guère possible, fût-ce indépendamment de cette précision !.
1, CÉaPINENES.
Les deux lélrastiques contenus dans les versets 19, 18, intervertis dans le texte actuel, peuvent être du rédacteur. Le reste de sa composition, j'entends, l'orientation qu'il donne aux faits historiques et le souci qu'il a de montrer lahvé et sa justice derrière les événements humains, révèlent une mentalité essentiellement religieuse. On n'aurait donc pas à s'étonner qu'il ait créé la dernière des malédictions, ajoutant à tous les crimes des Chaldéens, un crime d’un caractère spécialement grave à ses yeux, le défi qu'un culte idolâtrique lui semble jeter à Dieu. Dans ce péché des Chaldéens qui visait directement Jahvé, il pouvait trouver une préparation plus immédiate à l'intervention personnelle d'Iahvé dans la théophanie finale.
: En tous les cas, qu’elle soit ou non de lui, le rédacteur rencontrait déjà cette malédiction que l'addition du verset 22° suppose :
Mais lahvé est dans son Temple saint.
Silence devant lui, toute la terre !
Le contraste est évidemment voulu entre les idoles muettes de 2181, et le Seigneur dont la présence seule impose silence à l'univers. Du même coup, une transition est ménagée à l'hymne, d’abord liturgique, qui clôt à présent le recueil. Derrière les scènes historiques qui remplissent les deux premiers chapitres, celte grande description eschatologique forme comme une toile de fond. fahvé juge en personne et définitivement son peuple, mais, cette fois, pour le sauver. Les préoccupations religieuses et morales du rédacteur trouvent, dans cette vision grandiose, leur suprême apaisement.
On a vu que le psaume utilisé ainsi en gnise de conclusion paraît avoir appartenu au Psautier du Maître de chœur, dont la collection est attribuée au 1 siècle, vers le temps où se rédigeait la Chronique. Si l’on admet que le chapitre 111 d'Habacuc a fait partie de la rédaction d'ensemble du livre, on ne peut’ donc localiser cette compilation définitive qu’au cours, également, du mure siècle, entre l’époque où le psaume du cha-
pitre 1 figurait dans le recueil du Maître de Chœur, et la constitution du Canon des petits prophètes, qu'on ne peut faire descendre plus bas que 220 à 200 environ.
La date approximative de l’ensemble actuel d'Habacuc nous permettra de situer, dans des limites très vagues encore, mais pourtant un peu moins larges, la composition du psaume Hab. 1?%:15 21, Probablement postérieur à la captivité, ainsi que la plupart des psaumes, et comme semblent l'indiquer également ses préoccupations anxieuses sur la justice du sort, il ne peut être de date plus basse que le recueil prophétique où il se trouve inséré. Il a donc été rédigé entre le ve et le mme siècle.
En dehors des modifications et additions apportées aux morceaux primitifs par le rédacteur, on doit compter un certain nombre de gloses, postérieures, ou, çà et là, antérieures, à la composition de notre livret. Les principales de ces surcharges sont :
Le second membre de 1°.
Nous ne mourrons pas (112).
Probablement 25b 62.
Dans le verset 2!0 : «en fauchant des peuples nombreux ». : 234: « Voici qui vient du Dieu des armées : la terre sera remplie de la connaissance de la gloire d'Iahvé, comme les eaux couvrent la mer».
: 217: « À cause du sang de l'homme et de la violence faite à la terre, à la ville et à tous ceux qui y demeurent».
Le dernier membre de 3°: «Dans la colère rappelle-toi la miséricorde. » | CtÉ : Le premier membre de 38: « Est-ce contre les fleuves que Iahvé est irrité ? »
Enfin 37 et 31°, moins l'indication finale, vestige du recueil dont l'hymne est tiré.