‹ La compression du cornet moyen par les malformations hautes du septum: Pathogénie de certaines céphalées rebellesChapitre 19 sur 54 · C. Signe de Ewing · texte numérisé non relu

C. Signe de Ewing

Par ailleurs, à côté des signes donnés par l’examen rhinoscopique, il est un autre signe qui, quoique non absolument spécifique, ne manque jamais. C’est le signe de Ewing qui est toujours positif. Tarneaud a beaucoup insisté sur sa valeur pathognomonique; on l’obtient en exerçant une certaine pression au niveau de l’angle supéro-interne de l’orbite à environ un centimètre et demi du rebord orbitriare, au point d'insertion de la poulie du grand oblique mais en arrière et en dedans de cette insertion.

Ce point traduit, pour Tarneaud, « la congestion osseuse » à la partie la plus mince du plancher du sinus frontal; il n’existe à ce niveau aucun nerf. « Les phénomènes vaso-moteurs et sensitifs décelables par l’examen de la fosse nasale incriminée peuvent être reconnus dans toute la zone métamérique correspondante, en l’espèce dans la zone d’innervation sympathique T 2, deuxième portion du trijumeau, qui comprend les fosses nasales, la région frontale supra-orbitaire, l’œil et la joue ».

Bouchet et Soulas ne reconnaissent pas de point douloureux précis comme dans le vacuum sinus ou la sinusite frontale; dans la céphalée du méat moyen, c’est une région entière, toute la zone qui encercle l’orbite dans les deux tiers supéro-internes, qui est douloureuse à la palpation.

Quoiqu'il en soit, la découverte du signe d’Ewing permet d'attribuer la céphalalgie, à caractères décrits plus haut, à une cause nasale. Un examen rhinoscopique attentif et l’épreuve de la cocaïnisation feront le reste. Une restriction cependant : Ferreri croit que les céphalées permanentes d’origine purement nasale sont très rares et se rattachent pour la plupart à des modifications dans les sinus. Pero, tout récemment, met en garde contre la mauvaise interprétation que peut donner une anesthésie endonasale. Des céphalées dues à une cause étrangère au nez peuvent être favorablement influencées parce que la sensibilité nasale est mise hors circuit : on éliminerait ainsi une « composante » importante pour la douleur, vers la voie centrale.

En somme, très peu de signes essentiels caractérisent ce syndrome; céphalée pour laquelle vient consulter le malade, très souvent anosmie, enfin malformation na-

sale : voilà ce qui permet de faire le diagnostic.

La pathogénie de cette affection est un sujet difficile, qui a été et qui est encore beaucoup discuté à l’heure actuelle. Si l’on admet généralement que la céphalée du cornet moyen est due à une collision de parois, comment expliquer, par exemple, qu’un malade qui porte sa déviation depuis des années commence à souffrir un beau jour? Il y a donc quelque chose de plus. En effet, trois facteurs entrent en jeu

1° La disposition anatomo-pathologique déjà dé-

crite : étroitesse des fosses nasales, malformation haute

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de la cloison, hypertrophie du cornet moyen. Cette disposition prépare en quelque sorte la compression. Mais ce

sont :

2° Les poussées congestives qui déterminent la compression. Et ces poussées peuvent être non seulement inflammatoires, infectieuses comme dans le cas d’infection nasopharyngée, mais encore allergiques; ceci a son intérêt et explique bien des choses.

En effet, ces poussées sont alors déclenchées soit par certaines odeurs, soit par certains aliments. Or, l’on sait que les phénomènes d’anaphylaxie digestive sont particulièrement fréquents chez les hépatiques dont le foie ne forme plus une barrière suffisamment efficace à des substances toxiques ou du moins pas suffisamment transformées.

A côté des dispositions anatomopathologiques et des poussées congestives il est un autre facteur qui inter-

vient, c’est :

3° Le déséquilibre du système nerveux nasal :

Nous avons vu que les malades sont toujours des dystoniques vago-sympathiques, et nous verrons plus loin que ces malades peuvent être améliorés par certains médicaments comme la yohimbine, ou le tartrate d’ergotamine qui sont sympathicolytiques.

Ainsi, il nous apparaît que de nombreux éléments entrent dans l’étiologie du syndrome de compression du cornet moyen, et c’est précisément pour s'être attaché trop exclusivement à tel élément plutôt qu'à tel autre que beaucoup d’auteurs n’ont pû traiter avec succès cett2

affection.

rene

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