ER
14 Janvier 1921. — 53° insufflation.
PIRE 45 "par injecté: 1428 cm3. PT: — r.
À cette époque, c’est à peine si la malade crache une fois par jour. Pas de bacilles de Koch dans les crachats. (Cependant un cobaye inoculé sera tuberculisé). Poids: 45 kilogs 350. Se croyant complètement guérie, la malade se marie et part en voyage de noces sur la Côte d'azur. Or, pour achever cette série d’'impruden-
. ces, la jeune femme devient enceinte presque immédiatement.
Cependant, les insufflations sont continuées. En voici le détail: |
27 Janvier 1021. — 54° Insufflation, pratiquée par le Docteur Mantoux, au Cannet; gaz injecté: 400 cm3.
10 Février 1921. — 55° insufflation.
P. I: — 4 1/2; gaz injecté 450 cm3. P. T: — 1. Pneumo pas très net avant; beau après. Poids: 45 kilos. 21 Février 1921. — 56° insufflation.
P: I: — 2 1/2; gaz injecté: 360 cm3. P. T: — 2 Quelques gros crachats verts par jour. Poids: 45 K. 300.
8 Mars 1921. — 57° insufflation.
P. I: — 5; gaz injecté: 450 cm3; P. T: + 2.
16 Mars 1921. — 58° insufflation.
P. I: — 4; gaz injecté: 550 cm3; P. T — 1/2.
La malade recommence à expectorer des crachats bacillifères. Poids: 45 kilogs.
1* Avril 1921. — 50° insufflation. | P. I: — 4; gaz injecté: 450 cm3 PTT 11 Avril 1921. — 60° insufflation.
P. 1: —6; gaz injecté: 350 cm3. P. T:— 1,
20 Avril 1921. — 61° insufflation.
P.1:— 6; gaz injecté: 475ema. PAT: = 51/2:
30 Avril 1021. — 62° insufflation.
P.ls 8: 26a7 injecté 475 %0m3 PAPERS Poids: 45 kilos 650. $ :
14 Mai 1921. — 63° insufflation.
La malade rend quelques crachats sanglants.
Poids: 44 kilogs 550.
20 Mai 1921. — 64° insufflation.
P. I: — 21/2; gaz injecté::300 cm3. PT: ps 1/2. La malade a craché du sang pendant trois jours; elle perd du poids: 44 kilogs 150. 7
31 Mai 1921. — 65° insufflation.
P.]: — 4; gaz injecté: 320 cm3. P. T: —2. dextrocardie. Poids: 44 kilogs 350.
4 Juin 1921. — Visite du Docteur Rist.
On constate alors au sommet droit, jusqu'alors cliniquement indemne, la présence d’un foyer tuberculeux en activité, caractérisé à l’auscultation par des râles dans l’aisselle, et à l’écran par une opacité nette.
12 Juin 1921. — La situation devient angoissante: la malade est, à cette époque, enceinte de quatre mois 1/2 environ. Après avis du Docteur Kuss, il est décidé, malgré ce foyer du poumon droit, qu’on continuera d'entretenir le pneumothorax gauche, afin de poursuivre la cure du poumon collabé aussi longtemps que-l’on pourra faire fond sur le poumon droit pour assurer la fonction respiratoire. Les insufflations sont donc poursuivies, mais avec des pressions très basses, de — 4 environ: on se
tient prêt à les abandonner et même à hâter la résorption du P. À. par aspirations prudentes, si la tuberculose du
sommet droit devient menaçante. 66° insufflation. P. T: — 4. Poids: 45 kilogs 350. Pression arté-
rielle: 10/6.
17 Juin 1921. — 67° insufflation (par le Docteur Moreau).
P. I: — 8; gaz injecté: 225 cm3. P. T: — 4. — Pas de
dextrocardie à la radio.
29 Juin 1921. — 68° insufflation. (Docteur Moreau)
PRO; par injectést4soncmai. PAT:
Poids: 45 kilogs 550.
11 Juillet 1921. — 60° insufflation.
P. I: — 10. Gaz injecté: 425 cm3. P. T:—5.
22 Juillet 1921. — 30° insufflation. à P. I: — 7. Gaz injecté: 400 cm3 P. T: — 3,5
Poids: 48 kilogs 400.
3 Août 1921. — 71° insufflation. (Docteur Gendron). P. [: — 5 1/2; gaz injecté: 400 cm3. P. T: — 3,5
Poids: 48 kilogs 880.
13 Août 1921. — 72*insufflation.
P. I: — 5; gaz injecté: 400 cm3. P. T: — 5 1/2.
25 Août 1921. — 3° insufflation.
P. 1: — 5; gaz injecté: 450 cm3. P. T: — 4.
9 Septembre 1921. — 74° insufflation.
PAIE = 6; ea7 injecté: L3o01cma. P. T: :— 3.
Poids: 49 kilogs 650.
23 Septembre 1921. — 75° insufflation.
P. [: — 5. Gaz injecté: 300 cm3. P. T: — 3 1/2,
— sg —
7 Octobre 1921. — 76° insufflation.
P: Is —1s 1/2: "gaz injecté: 400" cm3 PT: =— 4. Poids: 54 kilogs.
On note un mieux sensible au poumon droit. Tension au Vaquez: Max: 10 — min: 7. |
21 Octobre 1921. — 77° Insufflation (à 18 heures).
P. I: — >; gaz injecté: 500 cm3. P. FA 5:
22 Octobre. — A deux heures du matin, le travail commence, par rupture prématurée des membranes: écoulement d’un liquide amniotique très abondant. Les premières douleurs apparaissent à 2 heures 30. À 5 heures, au toucher, on trouve une dilatation du col utérin de cinq francs. Les contractions se répètent toutes les cinq minutes, très. efficaces, le sommet étant en O.I.G.A., et s’abaissant progressivement.
À > heures 30, la dilatation est complète: le sommet à un doigt du périnée. À ce moment, pour éviter à la parturiente tout effort d'expulsion, on pratique une application de forceps en O.I.G.A, à l’étage inférieur de l’excavation, et sans anesthésie. On fait alors une extraction rapide d’un enfant vivant, du sexe masculin, pesant 3 kilogs 250. ;
La délivrance est opérée par expression, trente minutes après l’accouchement. Durant le travail, la parturiente n’a présenté ni dyspnée, ni troubles cardiaques; préventivement avait été faite une injection de ro cm3 d’huile éthéro-camphrée. La délivrance n’a été suivie d'aucune hémorragie. La rétraction utérine a été bonne. Pas de phénomène de shock.
Naturellement, l’enfant a été immédiatement après la naissance éloigné de la mère.
Les suites de couches ont été normales, apyrétiques, n'ayant demandé que les soins habituels, si l’on excepte les 5 cm3 d'huile camphrée injectés quotidiennement pendant une semaine.
Le 15° jour, on pratique à basse pression la 78° insufflation. Vers le 20° jour, le lever est autorisé, mais, à cette époque, les lésions du sommet droit manifestant une tendance extensive de plus en plus marquée, les insufflations à gauche sont complètement cessées, et la création d’un P. A. à droite est nettement envisagée. Voici le status pulmonaire au début de janvier:
Percussion: matité du sommet droit.
Auscultation: Souffle tubaire; pectoriloquie aphone; craquements humides.
A l'écran: opacité très marquée de tout le lobe supérieur, bien limitée en bas par une ligne courbe à concavité inférieure, qui répond à la scissure. Les lobes moyen et inférieur sont de clarté normale.
L'état général est moins bon. La malade expectore quotidiennement 12 crachats bacillifères. Le pneumothorax gauche est complètement résorbé. La respiration est normale dans tout le poumon, sauf dans la région sous-claviculaire, où le murmure est très diminué. En cet endroit, on perçoit quelques crépitements qui ne revêtent pas le caractère bulleux des râles.
Une radiographie de ce poumon décomprimé montre, près de l’ombre aortique, une opacité légère, de la dimension d’une pièce de 5 francs. En comparant cette
radio avec celle faite il y a 3 ans, avant la collapsothérapie, on est frappé de l’atténuation des ombres, et de leur limitation. Le pneumothorax, entretenu pendant 33 mois, par 78 insufflations, a amené une guérison clinique et radiologique presque complète.
Le Docteur Kuss, consulté, donne son avis eñ ces termes: « étant donné que: 1°) le poumon gauche, décomprimé, et ayant subi pendant un temps prolongé l’action du P. A., fonctionne bien sans signes d'activité lésionnelle. 2°) Que le poumon droit est en pleine poussée progressive grave, tout à fait menaçante, la création d’un nouveau P. A. à droite est la seule thérapeutique utilisable. Il n’y a rien à perdre, et on obtiendra peutêtre un résultat satisfaisant. En tous cas, personne ne pourra nous reprocher cette intervention, puisque nous l'avons reculée aussi longtemps qu'il a été possible et que, même si le côté gauche réagissait de nouveau en cas de réussite du pneumothorax droit, il serait manifeste que nous avons eu la main forcée par la gravité des lésions du sommet droit. »
Création du pneumothorax artificiel droit
16 Janvier 1022. — 1"° insufflation.
Gaz injecté: 250 cm3. P. T: — $. Poids: 47 kilos.
19 Janvier 1922. — 2° insufflation.
Pls:5: Gaz injecté 20cm Per
23 Janvier 1922. — 3° insufflation.
P:E— 5: Gaz injecté: 250 mg. PT: 214:
. 28 Janvier 1922. — 4° insufflation.
PAS Gazinectét400 cms Pr:T: 7,6 Aucun crachat pendant cinq jours.
2 Février 1922. — 5° insufflation.
P: 1: — 4. Gaz injecté: 350 cm3. P. T:— 3. (7 crachats).
Sur ces entrefaites, la grippe, qui sévit à l’état d’épidémie à Nantes, frappe à la fois Mme M. et son mari. La température de notre malade monte brusquement de 37°5 à 38°6, le 8 février, pour atteindre 30°3 le lendemain.
Au niveau du poumon droit collabé, on ne perçoit aucun bruit, tandis que dans tout le poumon gauche, on entend de nombreux râles sibilants et ronflants, ainsi que quelques râles sous-crépitants à la base. Le 10 février, la température baisse et en quelques jours, tout rentre dans
l’ordre.
10 Février 1922. — 6° insufflation.
P. I: — 4 1/2. Gaz injecté: 380 cm3. P. T: — 3. 20 Février 1922. — 7° insufflation.
P. I: — 5. Gaz injecté: 450 cm3. P. T: — 2 1/2. 28 Février 1922. — 8° insufflation.
. P. I: — 3 1/2. Gaz injecté: 280 cm3. P. T: — 2 3/4. o Mars 1922. — 0° insufflation.
PI: —"4 1/2"Gaz'injecté: 350 cm3. PT: — 3 1/4. (moyenne 6 crachats).
17 Mars 1922. — 10° insufflation.
P. I: — 4 1/2. Gaz injecté : 350 cm3. P. T. : — 3. 27 Mars 1922. — r1° insufflation.
P. I: — 4. Gaz injecté: 400 cm3. P. T: — 5.
3 Avril 1922. — 12° insufflation.
Pia Tsfh)/24Gazsnjecté: 4001cm32P LT: 274 Poids: 47 kilos 300.
On note une bonne compression du sommet, parfaitement décollé. Tout le lobe supérieur, à la radio, est très opaque, et tranche sur les lobes moyen et inférieur, qui sont de transparence normale. Il est nécessaire de laisser le pneumo à des pressions négatives: des — 3 déterminent un déplacement du cœur et de tout le médiastin à gauche. À ces pressions, le lobe supérieur malade, étant parfaitement décollé, les lobes moyen et inférieur respirent encore.
12 Avril 1922. — 13° insufflation.
24 Avril 1922. — 14° insufflation.
P:: 155.1: Gazrinjecté: -200-20m8: PRE 74 Poids: 47 kilos 350.
3 Mai 1922. — 15° insufflation.
P.I:— 5 ï/2. Gaz injecté: 420 cm3. P. T: = 3 1/2. Poids: 47 kilos 400.
L'état de la malade s'améliore peu à peu.
15 Mai 1922. — 16° insufflation.
P:1: "5 1/2: Gaz -mjecté: 50 cm8 PME 3072; Poids: 47 kilos 900.
22 Mai 1922. — 17° insufflation.
Pt: — 5. Gaz. injecté-14Soiems Pl tr.
Poids: 47 kilos.
2 Juin 1922. — 18° insufflation.
P. 1:2=,6::Gaz injecté rotcme PTS GE.
Poids: 48 kilos.
13 Juin 1922. — 10° insufflation.
PE F5 .1/2. Gaz injecté: 360 Cm3. P: T: — 3 1/4: Poids: 48 kilos 600.
22 Juin 1922. — 20° insufflation.
RÉLEERGaz injecté: 360 cm3. P:T: 4 4 Juillet 1922. — 21° insufflation.
| BI: © 5 1/2. Gaz injecté: 370 cm3. P. T: — 3. 13 Juillet 1922. — 22° insufflation.
. P. I: — 4. Gaz injecté: 350 cm3. P. T: — 2 25 Juillet 1922. — 23° insufflation.
P.I: — 5. Gaz injecté: 400 cm3. P. T: — 2.
5 Août 1922. — 24° insufflation.
P. 1: — 5. Gaz injecté: 400 cm3. P. 1 — 2.
Poids: so kilogs.
18 Août 1922. — 25° insufflation.
P. I: — 5. Gaz injecté: 500 cm3. P. T: — 2 1/2. Poids: 50 kilogs 300.
30 Août 1922. insufflation.
PT /2. Gaz injecté: s50 cmg. P. T:—:2 1/2.
Poids: 50 kilogs 700.
12 Septembre 1922. — 27° insufflation.
PAL Se Gaz injecté: 550 cm PT: — "2.
Poids: 51 kilogs 300. 23 Septembre 1922. — 28° insufflation.
D G 27 injecté co0ems- Pr T3: 1/2.
Poids: 51 kilogs 200.
4 Octobre 1922. — 20° insufflation.
PAR 20 Gaz injecté sso cm3: P. T:.— 2.
‘ Poids: 51 kilogs 250.
16 Octobre 1922. — 30° insufflation.
PI: 22 65 Gaz: injecté: 450 cm3. :P.. T: = 2 1/2: Poids: 50 kilogs 900.
27 Octobre 1922. — 31° inSufflation. »
P. I: — 6. Gaz injecté : 450 cm3. P. T: — 2 1/2. Poids: 51 kilogs 300. |
Nous avons eu l’occasion d'examiner ces jours-ci Madame M... chez M. le Docteur. Gendron, et de constater que son état actuel ne laisse rien à désirer. La toux a complètement cessé: L’expectoration, qui s'élevait à 12 crachats par jour en Janvier, est réduite à un ou deux crachats par semaine. L’appétit est excellent. Le poids augmente progressivement. Le poumon gauche ne présente aucun signe d'activité lésionnelle.
Mme M... se levait dix jours après la création du second pneumo. Un mois 1/2 après, elle pouvait aller au théâtre. Au début de Juin, elle a pu faire sans fatigue le tour de la Bretagne en automobile, et actuellement elle mène une vie à peu près normale.
Disons un dernier mot, au sujet de son enfant, qui, âgé d’un an bientôt est en parfait état et pèse 8 kilogs 500.
La cuti-réaction reste négative.
Obs. II. - Docteur Hervé, de Larmotte-Beuvron (Paris-Médical, 19 juillet 1922). M. S..., étudiant, 25 ans, demeurant à M... (Loir-et- Cher). Père et mère bien portants, un frère plus jeune, bien portant.
Rien dans l'enfance. Rougeole et oreillons simultanément à 17 ans. Commence à tousser en 1914. Entre au Sanatorium des Pins, le o mai
1915. Pneumothorax droit le 13 mai 1015. Très léger hydrothorax en . 1918 seulement. Il quitte le sanatorium en mai 1016, considéré comme guéri cliniquement. Va aux Escales en février 1918. Rechute à gauche en février 1920 (38°, toux, crachats). Va à Leysin, chez Sillig, très légère hémoptysie, puis retour à M... Depuis juin 1921, crachats plus abondants, et 37°7. Légère hymoptysie en janvier 1912. Taille: r m. 68: poids habituel: 63 kgrs., poids actuel: 54 kilogs. Température le soir : 7°7 (buccale). Expectoration : 5 à 6 crachats nummulaires.
En février 1920, ce jeune malade revient me trouver. Il tousse, crache, fait de la température. Je l’ausculte : râles humides et gargouillants dans la région sous-claviculaire. A l'écran, petite spélonque de la grosseur d’une noix, à quelques centimètres au-dessous de la clavicule, un peu au: dessus et en dehors de la région hilaire.
Le poumon droit reste encore comprimé. Le lobe supérieur est considérablement atrophié, opaque, donne l'impression d’un champignon recroquevillé. La base, par contre, les deux lobes inférieurs sont largement distendus, très clairs.
Après quelques semaines d'observation, je propose une intervention: le malade, effrayé, refuse et disparaît. Silence pendant deux années au cours desquelles le malade multiplie les thérapeutiques les plus variées.
En septembre 1921, il me revient, et, las de ses insuccès, constatant que son état s'aggrave, — il tousse et crache sensiblement plus — il me demande de risquer une nouvelle intervention.
La situation n’est plus aussi brillante. Le poumon gauche, au lieu d’une caverne isolée dans un champ pulmonaire encore largement transparent, présente deux taches spéloncaires, accolées, assez fortement ourlées «et entourées d’une zône nébuleuse qui occupe toute la partie centrale du champ pulmonaire. Le sommet est un peu opaque. Le diaphragme a conservé sa mobilité presque intacte. Le coui-de-sac s’illumine.
À droite, le champ pulmonaire se présente très diminué, grisaillé uniformément, dans les 2/3 inférieurs; nébuleux, sans contours, distincts dans son 1/3 supérieur. À l’auscultation, à la zône inférieure correspond une respiration supplémentaire, fortement soufflante et quelque peu rugueuse. Au 1/3 supérieur, souffle intense, mais nulle part, dans l’hé-
mithorax, je ne trouve de bruits surajoutés. La situation est grave pour ce malade. L'intervention est risquée ; sans elle, le pronostic paraît fatal.
J'accepte d'intervenir, et, le 21 octobre 1921, je pratique les premières insufflations du côfé gauche. Les premières injections gazeuses furent timides, mais en général très bien supportées : le traitement fut conduit avec une extrême prudence, et chaque fois contrôlé par l’écran et par l’auscultation.
Le malade accusait parfois une légère dyspnée, mais c’est un pusillanime ; il présente en outre un estomac fortement dilaté et la compression exercée sur son côté gauche a parfois provoqué quelques troubles gastriques. |
Il a eu au cours de l’hiver un léger rhume qui s’est accompagné de quelques râles sibilants dans son: poumon droit: cela a duré deux jours. sans fièvre. :
Aujourd’hui, voici ce que montre la radiographie: la compression du poumon gauche est imparfaite: en bas et en haut, deux brides retiennent encore un moignon à mon sens trop important, que j'espère libérer prochainement L'état du sujet, non seulement n’a pas continué à décliner, mais il s’est amélioré, et bien qu'’imparfait et incomplet à l’heure actuelle, il me paraît que le second pneumothorax, en enrayant une évolution jusque là régulière, a donné à ce malade, des chances de survie que les thérapeutiques pratiquées jusque là avaient été impuissantes à obtenir.
En octobre 1922, le sujet continue à se très bien porter, et tout permet d'espérer, en fin de compte, un succès définitif.
(renseignement fourni par le docteur Hervé).
ObS, III.— Docteur Burnand (Bulletin de la Société Médicale, 17 novembre 1920). M. R.. Charles, employé de banque, «est admis au Sanatorium populaire de Leysin le 23 décembre 1013. Il est atteint d’une tuberculose fibro-caséeuse banale affectant le sommet du poumon droit et les territoires juxta-hilaires. Il quitte le sanatorium en juin, ayant récupéré 6 kilogs, et ayant perdu ses bacilles ; les signes d’auscultation ne permettent pas encore d’affirmer sa guérison.
En automne 1914, il fait une rechute ; hémoptysie et fièvre à 30°5. Il
est réadmis au sanatorium de 17 novembre, et fait quelques progrès dans le courant de l’hiver. Cependant, les signes d'infiltration et bientôt de
. caverne se sont aggravés au niveau du hile. droit: les bacilles sont
nombreux dans l’expectoration. En juin 1015, en présence de l'extension lente et de la chronicité de ce foyer cavitaire, je pratique un pneuntothorax artificiel à droite, malgré la présence de quelques râles secs pleuro-corticaux sous le sein gauche, et à la partie inférieure du plan axillaire de ce côté.
Les effets'du pneumothorax sont excellents et complets: le malade quitte le sanatorium le o octobre 1915, soit 4 mois après le début du traitement, ayant perdu sa fièvre, son expectoration et ses bacilles. I] reprend, dès le 1°° movembre son travail (8 heures par jour) dans une banque de Lausanne, et il est dès lors traité ambulatoirement, à la polyclinique, par des insufflations périodiques.
En janvier 1017, il revient passer un mois au sanatorium pour une légère bronchite. Une radiographie pratiquée à cette époque, montre que le poumon droit est comprimé au maximum et même refoulé très au-delà du médiastin. Il existe un faible exsudat pleural. La plèvre basilaire gauche est le siège de quelques altérations qui donnent des signes nets à l'examen clinique: (crépitements pleuraux épars; obscurité respiratoire).
En février, M. R.. reprend son travail, et le supporte sans incidents pendant l'été 1917 et l’hiver 1917-1918. Le pneumothorax est toujours entretenu.
En avril 1018, il fait une « grippe » avec fièvre à 38°. Cet accident est suivi d’une hémoptysie discrète. En mai, R... commet une grave imprudence : il s'expose au soleil dans un canot, sur le lac, pendant quatre heures et rentre chez lui très fiévreux, avec des signes nets de pleuropneumonie à gauche. Il reste fébrile deux mois et se fait réadmettre au sanatorium le 8 juillet. Le diagnostic d’entrée est le suivant: « Pneumothorax artificiel droit pour tuberculose pulmonaire du hile droit. Foyer pleuro-pneumonique antérieur au-dessus de la scissure interlobaire gauche. Evolution d’un foyer fibro-caséeux du lobe supérieur gauche. » L'état général est mauvais, la température à 38°. On trouve des bacilles de Koch dans l’expectoration, Laryngite ulcéreuse,
On abandonne le pneumothorax. Le poumon droit reprend assez rapidement son expansion, malgré la longue durée du temps de compression (3 ans).
On assiste à l'écran au déploiement du lobe inférieur sous la forme d'une saillie hémisphérique détachée du bord de l’organe.
En novembre 1918, le status thoracique est le suivant: foyer d’infiltration en voie de nécrose, à la partie inférieure et antérieure du lobe supérieur gauche; résorption progressive du pneumothorax À droite : il ne reste plus qu'une faible couche d’azote enveloppant le lobe supérieur.
L’aggravation des signes de fonte pulmonaire à gauche étant rapide, nous envisageons l’idée de pratiquer le pneumothorax de ce côté. La résorption du pneumothorax à droite paraît complète en janvier. On entend partout la respiration qui est d’ailleurs trouble et rugueuse. Au point hilaire, occupé naguère par le foyer caverneux, il persiste un souffle tubo-cavitaire sec.
Le pneumothorax à gauche est constitué facilement Le 29 janvier 1910. Six premières insufflations sont faites en février, à intervalles de trois à huit jours: la dose d’azote injectée ne dépasse pas 500 cm3 chaque fois et la pression terminale est maintenue à des chiffres négatifs.
Le 1° mars, on atteint une pression positive à l’expiration ; le pneumothorax est bien supporté ; le malade est assez dyspnéique après chaque insufflation, mais il se lève et se rend à la salle à manger; la capacité fonctionnelle du poumon droit se montre donc suffisante.
Le cœur occupe la partie médiane du thorax; il s’accommode assez aisément de ces déplacements successifs. Cependant, le pouls reste petit et tachycardique avec quelques faux-pas. Une radiographie, faite en mars, montre : au côté droit, des marbrures «et de larges taches très opaques au niveau du pourtour du hile droit; du côté gauche, le pneumothorax est presque complet. Cependant, des brides pleurales maintiennent le lobe supérieur adhérent au dôme thoracique, «et le bord de ce lobe traverse obliquement de bas en haut et de dedans en dehors, le segment supérieur de l’hémithorax. À l’auscultation, on trouve, à droite, de nombreux bruits adventices, de nature indéterminée, au niveau de l’ancien foyer, et des craquements secs épars à la surface de la base postérieure, La respiration,
à droite, n’est ample et bonne qu’à la partie moyenne, en arrière, et sous la clavicule.
La température tend à s’abaisser ; l’expectoration diminue légèrement ; mais les progrès sont, au total, peu marqués. |
En mai, un remplissage un peu fort (500 cm3, pression terminale — 4) provoque une forte dyspnée avec troubles cardiaques. Une extraction d’azote (300 cms) est pratiquée le lendemain et amène un certain soulagement. Cependant, la dyspnée demeure plus forte qu'avant ces accidents :
le 27 mai, on note dans l'observation: « le malade est très dyspnéique depuis deux jours, assez subitement ; pas de nouvelles manifestations du côté du poumon, pouls rapide, faible. — Intermittences. »
Exitus à une heure, presque sans agonie.
L’autopsie est pratiquée le jour même par le docteur Rossel, et donne les renseignements suivants :
Protocole d'autopsie: 7 mai 1919. À l'ouverture du thorax, on constate que le poumon droit s’affaisse légèrement ; du côté gauche, l’hémithorax paraît déshabité : le poumon gauche est étroitement comprimé contre la colonne vertébrale ; il adhère, par sa partie basse, à la paroi thoracique postérieure ; la coupole du diaphragme est absolument libre. Au pourtour du lobe supérieur, la main trouve des adhérences formant un Jlacis de brides dirigées dans toutes les directions et particulièrement vers la face antérieure du dôme thoracique. .
Le poumon droit adhère parfaitement par toute sa surface au plan costal. Une fois les adhérences détachées, la main rencontre deux brides, en forme de cordes, détachées du lobe supérieur, qui vont s’insérer au niveau du creux sus-claviculaire.
Coupe. — Poumon droit: Tout le lobe inférieur présente une surface rosée ; la pression fait sourdre de l’air des alvéoles. On aperçoit, disséminés partout sur les deux tranches, de petits tubercules de la grandeur d’une tête d’épingle, blanchâtres et crétacés. Le lobe moyen montre à la coupe les mêmes petites granulations, en plus grand nombre; quelques- . unes confluent en amas.
Vers la partie inférieure du lobe supérieur, on trouve encore une petite cavité du volume d’une noisette et remplie de caséum, et entourée d’une coque d’enkystement très dure. Tout le lobe supér'eur est fortement induré
et scléreux. Des coupes faites à travers le parenchyme montrent, à l’extrême sommet, de petits noyaux caséeux.
Poumon gauche. La plèvre est complètement lisse ; le lobe inférieur du poumon est de consistance très élastique. À la coupe, la tranche, au niveau du lobe inférieur, montre que l’organe est fortement congestionné. On n’aperçoit nulle part de tubercules. La surface de coupe du lobe supérieur présente un semis de lésions fibro-caséeuses confluentes. Au niveau du foyer juxta-scissural constaté cliniquement, on tombe sur un volumineux noyau de foyers caséeux conglomérés en voie de calcification.
En résumé, le poumon droit, siège du foyer .cavitaire primitif, comprimé en premier lieu, a été maintenu trois ans dans un état de collapsus complet. Le pneumothorax abandonné, cet organe a repris sa place et ses fonctions dans l’espace de cinq mois environ.
Le pneumothorax créé à gauche pour une lésion caséeuse juxta-scissurale secondaire, a été maintenu et toléré pendant quatre mois.
La mort a été dûe à des accidents cardiaques et asphyxiques dont l'apparition a été facilitée par l’état de faiblesse grave dans laquelle se trouvait depuis longtemps le malade.
L’autopsie a révélé: au miveau du poumon droit, la guérison des lésions diffuses de l’organe, et l’enkystement de la lésion cavitaire prin-. cipale ; quelques foyers en évolution de date probablement récente.
Dans le poumon gawche, comprimé depuis peu, des lésions caséeuses confluentes étaient encore peu modifiées par le traitement.
ObS.IV .—D' Burnand (Bul. Soc. Méd. 17 nov. 1920). La malade qui fait l’objet de cette observation a été traitée d’abord par M. Sillig, de Leysin et ensuite par M. Sillig et moi-même.
Mlle D..., 18 ans, arrive à Levysin, atteinte d’une affection tuberculeuse du sommet gauche, active en évolution fibro-caséeuse, avec fréquentes poussées fébriles et hémoptoïques. Bon état général; dyspnée d'effort marquée.
En avril 1914, le poumon gauche est dans l’état suivant : matité dans les fosses sus et sous-claviculaires gauches, jusqu’au niveau de la quatrième côte, et, en arrière, dans -les fosses sus et sous-épineuses. L’inspiration est très rude; l'expiration rude et prolongée, accompagnée de