MER NES
compétente (conseil général et plus souvent assemblée communale, etc) qui statue et, en acceptant le compte, donne décharge à l’administration aussi bien qu’au caissier. D’après l’organisation bernoise, l'Etat se réservant la haute surveillance sur l'administration des communes, les comptes de celles-ci doivent être soumis aux préfets respectifs pour apurement.
e) Critique de la comptabilité camérale ancienne.
La comptabilité que nous venons d’esquisser dans toute sa simplicité et en la débarrassant de tous les détails qui pourraient nuire à la clarté de l'exposé, a, derrière elle, un long passé qui mérite qu’on l’examine sérieusement avant de la juger. Dans bien des cas elle a été trouvée insuffisante et remplacée, après parois de longs tâtonnements et bien des hésitations. Actuellement elle est encore très répandue malgré les progrès de la science comptable. Il faut en rechercher la cause dans sa grande simplicité. Elle exige, en effet, peu de travail, un personnel restreint, de sorte qu’elle nécessite relativement peu de frais. Dans nos petites communes, le caissier à lui seul assume presque toute la tâche et il n'y consacre qu'une faible partie de son temps, car il est en même temps cultivateur ou artisan, se contentant d’un salaire plus que modeste. D'ailleurs, dans une petite localité, on manque souvent de personnel formé par l’école ou par la pratique, et le nouveau caissier communal n’a d'autre ressource que son bon sens et les enseignements de son prédécesseur ou de son collègue du village voisin. La comptabilité camérale ancienne, grâce à ces circonstances, a survécu et a des chances d'être encore longtemps appliquée.
Est-ce à dire qu’elle n’a que des avantages? Loin de là. Il arrive trop souvent que des communes sont jetées au bord de l’abîme par des caissiers incapables, négligents ou sans scrupule. Nous touchons ici au point faible de cette organisation: la difficulté de trouver un bon caissier et le manque de surveillance sur ce dernier. Il est clair qu'on ne choisira pour caissier qu’un citoyen honnête, capable et intègre; à côté de ces garanties morales et intellectuelles, il sera bon d’exiger des garanties matérielles sérieuses. Le caissier devra fournir une caution; mais pour que ce procédé