‹ La comtesse d'EgmontChapitre 3 sur 35 · IV DEDICACE · texte numérisé non relu

IV DEDICACE

signe (le sympathie; et comme le gage public d'une amitié que rien ne peut briser désormais puisqu'elle a résisté également au triomi)lie et à la défaite, à la prospérité aussi bien qu'au malheur.

JLLES JAMN.

EN l'année 17.

En Tannée 17.., un peu avant l'heure suprême où la féodalité allait disparaître, la France touchait à la Révolution, et, déjà, quiconque savait prêter une oreille attentive aux idées, aux murmures, aux espérances , aux châtiments de ce xviii« siècle, insulté par les sacristains, pouvait entendre les bruits précurseurs du grand orage. Il se passa alors, à la cour de Versailles, un petit drame inaperçu du vulgaire et que nous tenterons de raconter. Ces drames qui

font peu de bruit, qui se passent dans l'ombre, et dont la plaie est saignante jusqu'au jour où meurent et disparaissent les acteurs, valent certainement la peine que la postérité s'en souvienne. Ils exercent la sagacité de celui qui les * raconte, ils soulèvent les meilleurs instincts de celui qui les écoute; ils jettent au néant les accusations injustes, ils remettent en lumière la louange oubliée, ils deviennent une espèce de tradition orale et vivante, et, de ces vaines poussières que le temps emporte, ils font comme un fantôme qui reprend soudain toutes les apparences de la vie.

Heureux Thomme, revenu des grandes rumeurs d"ici-bas, et naturellement méfiant des assertions de la grande histoire, qui rencontre , en son chemin , quelqu'une de ces images de marbre que les révolutions violentes auront arrachée à son piédestal ! Il ramasse avec un respect d'artiste le chef-d'œuvre mutilé; il le relève, il le répare; il enlève avec soin l'outrage et la fange, et quand il lui a rendu enfin les honneurs mérités, il est le premier (c'est sa récompense) à se prosterner devant le dieu qu'il a sauvé !

Cela dit, transportons-nous dans une opulente maison du grand faubourg (la maison a été ren-

versée, on a bàli une ville entière sur remplacement de ses jardins, et vous chercheriez en vain, dans ce lieu de Tagilalion perpétuelle, un souvenir du calme, des fleurs et des grandeurs d'autrefois) ; celte maison (sur le marbre de la porte, le nom du maître est écrit en lettres d'or) appartient à S. E. monseigneur le maréchal duc de Richelieu. .

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