COMMENT FINISSENT LES GRANDES MAISONS
C'est la fin ordinaire de ces grandes maisons; elles succombent sous le faix même de leurs grandeurs. Voyez-les, tous ces princes sur lesquels ont pesé tant de renommée et tant de gloire... A peine s'ils se souviennent des vieux siècles et de la jeunesse de leurs pères : la fatigue envahit ces corps débiles, l'ennui s'empare de ces âmes endormies, à peine s'ils ont la force et le courage d'engendrer quelque rejeton malingre, imbécile, estropié, qui meurt obscurément, dans l'abîme de l'oubli, écrasé sous le blason des croisades.
Tel était ce malingre comte Procoped'Egmont,
fléchissant sous toutes ses alliances et sous ses litres. Certes, le plus enviable de ces litres et la plus charmante de ces alliances, y compris sa parenté avec Robert de la Marck, lesanrjUcr des A rdcmies, et même les alliances de sa famille avec la maison d'Autriche, avec la maison d'Orange et de Nassau, c'était justement d'avoir épousé cette jeunesse et celte beauté, mademoiselle de Richelieu qui tenait de celte façon quasi royale à ce qu'il y avait de plus ancien parmi les princes Lorrains, à ce qu'il y avait de plus rare et de plus charmant parmi la noblesse française... Là-haut les Capel, et, plus haut, dominant toutes les lèles, M. le cardinal de Richelieu.