I. Causeries du Lundi, t. XV, p
fi/BL/OTHECA
loo LA COMTESSE D'HOUDETOT.
affectueuses de la fin du x\iii siècle, qui ont laissé quelques cahiers de confidences et de mémoires, il faut faire abstraction des façons d'écrire et de juger de notre temps, et revivre par la pensée en ces jours lointains où tous les esprits cultivés étaient emportés par le vent de la philosophie et du libre examen, où tous les cœurs rêvaient des attachements fortunés, et s abandonnaient aux riantes délices de l'amitié et de l'amour.
Plus j'étudie ces années disparues qui précédèrent la Révolution, et m'enfonce dans les souvenirs de ce vivant passé, et plus aussi j'y trouve des affinités harmonieuses, et d'ensorcelants mirages. Que de séduisantes figures j'ai rencontrées déjà au cours de mes investigations et de mes recherches! \oici qu'une nouvelle conquête vient s'ajouter a ce chœur de femmes privilégiées qui furent la grâce, la beauté, 1 amour : il semble que nous avons pour celle-ci une sympathie plus douce et plus tendre, car elle ne fit, hélas! que saluer la vie, et fut prise par la mort dans 1 éclat de sa jeunesse... Oh! avec quel recueillement nous venons évoquer les souvenirs de sa trop brève destinée !