LA MÉLANCOLIE
L'eflel de la douleur n'est pas toujours terrible, Et l'àme peut jouir en s"y trouvant sensible. Souvent un mouvement doux, tendre, intéressant, Se cliani;e en volupté dans lame qui la sent! Charme des tendres cœurs, douce mélancolie, Tu consoles des maux qui poursuivent la vie; Ton charme attendrissant se mêle à nos douleurs. Et tu nous fais jouir même de nos malheurs!
III. — Nous ignorons le nom de la personne à qui le joli quatrain qui suit est dédié : ces vers rappellent les fragments d'élégie qu'on trouve gravés sur les marbres funéraires de la Grèce.
SUR LA MORT d'UNE AMIE.
Heureuse de t'aimer dés l'âge le plus tendre. Quand la cruelle mort t'enlève à mes désirs. Les pleurs que l'amitié verse encor sur ta cendre Sont les derniers de ses plaisirs!
IV. — Le comte d'AfTry, à qui les vers suivants sont dédiés, était le tuteur de madame d'Epinay.
Vous savez jouir sans pi^étendre; Vous aimez tous les arts, vous avez tous les goûts;
Les talents se plaisent chez vous,
Chez vous, on aime à les entendi'e.
Goûtez bien de si doux loisirs :
L'amitié qui vous y convie Doit, en les partageant, augmenter des plaisirs Qui ne pouri-ont cesser, pour vous, qu'avec la vie!
V. — Dans la pièce suivante, madame d'Houdetot doit, sous le nom de Damon, s'adresser à Saint-Lambert, au début de leur liaison. Nous reverrons ce nom de Damon revenir dans d'autres vers.