‹ La comtesse de BonnevalChapitre 10 sur 20 · LE HEROS · texte numérisé non relu

LE HEROS

ger une colombe, et mordre un agneau. Le fiel de sa parole, la morgue insolente de son maintien, cachés sous un vernis de raison et de savoir pédantesques, avaient toujours révolté la jeune fille; mais depuis que, presque seul dans le conseil de régence, le duc s'était opposé au retour du comte de Bonneval, il lui était tout à fait devenu odieux.

— Jamais, dit le duc en s'asseyant, je n'ai vu, madame, une surprise pareille à celle de votre oncle, à l'aspect d'un neveu depuis si longtemps éloigné et si étrangement arrivé, ni un transport de joie plus vif. En vérité M. de Lauzun me fait l'effet du père de l'enfant prodigue. Il ne manquera à ce retour ni le festin, ni la robe, ni Vanneau.

En prononçant ces derniers mots, il jeta un regard moqueur sur Judith qui détourna froidement la tête. Se penchant vers son frère, elle lui dit à voix basse, mais assez haut pour que le duc pût l'entendre :

— Je croyais que les jansénistes se piquaient de plus de respect pour l'Écriture sainte!

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