ÉPILOGUE
souffrances de cette femme aux sentiments nobles et délicats, en apprenant que celui dont elle avait si aveuglément adoré la gloire n'était plus, aux yeux de Dieu et des hommes, qu'un vil apostat, qui reniait son Dieu comme sa patrie, son honneur comme sa foi! M. de Bonneval avait revêtu le turban, abjuré le christianisme. Elle refusa longtemps de le croire; mais, quand le doute ne fut plus possible, elle cessa de lui écrire. Renonçant à la longue illusion qui lui avait servi de bonheur, elle prit congé du passé; l'oubli lui semblait le seul moyen d'échapper au désespoir. Elle ensevelissait ses souvenirs comme on couvre d'un linceul le corps qu'on tenait embrassé l'instant d'avant. « Tout m'échappe à la fois, dutelle s'écrier, le passé comme l'avenir! » Dieu seul put entendre ce premier cri d'un cœur blessé à mort. Elle ne parla jamais de ce dernier malheur. Anéantie devant celui dont la puissance lui apparaissait prête à punir un tel forfait, elle le pleura en silence. Sans doute, dans le fond de son àme, elle appelait la mort; la miséricorde divine la lui envoya bientôt; et l'ange à qui il est