ÉPILOGUE
donné de consoler des douleurs inconsolables lui fit sans doute entendre alors une voix qui disait : « Tu as souffert, tu as pleuré; tu as vu se dissiper le vain prestige qui t'aveuglait et mourir une à une les illusions de la vie. Si ton cœur, fidèle encore à celui qui l'a brisé, te pousse à lui conserver un souvenir devant le maître qu'il a trahi, offre alors pour lui ta jeunesse flétrie, ta vie languissante, et cette dernière douleur, une des plus amères qu'il y ait, le désenchantement, qui empoisonne même le passé. Peut-être n'as-tu épuisé tant de souffrances, répandu tant de larmes; peut-être n'as-tu vu périr chaque espérance et ne descends-tu lentement au tombeau que pour apprendre à jeter un de ces cris qui arrachent de la main de Dieu une grâce inouïe, un prodige de miséricorde : la conversion d'une âme dans le moment suprême où lui seul peut entendre l'appel muet d'un tardif repentir. »
Judith entendit et comprit cette voix qui lui révélait le secret de sa vie. Elle se tut, elle se