ÉPILOGUE
cacha. Un jour on vint lui dire que le comtepacha de Bonneval la suppliait de lui écrire encore une seule fois. Elle le fit. Personne que lui n'a lu cette lettre. Quand il mourut on ne la retrouva pas avec les autres. La brûla-t-il pour éloigner des remords importuns? la conserva-t-il près de son coeur pour être enterrée avec lui? Nul ne saurait le dire.
Judith ne survécut pas longtemps à l'événement qui acheva de lui briser le cœur. Comme une fleur qui, éclose le matin, et bientôt rejetée parla main qui l'a cueillie, exhale quelque temps un doux parfum, et meurt avant le soir, elle montra à un siècle pervers, à une société corrompue, l'exemple d'une pure et chaste vertu, d'un amour légitime et malheureux, d'une constance qui ne se démentit jamais. A peine arrivée au milieu de la vie, la vie lui échappa, et, dans la maison de son père, cette maison où enfant elle avait joué, jeune fille aimé, et femme abandonnée pleuré, elle mourut à l'âge de quarantedeux ans.