‹ La comtesse de BonnevalChapitre 3 sur 20 · X AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

X AVERTISSEMENT

y avait épousé une femme charmante qu'il avait abandonnée le lendemain de son mariage pour aller en Allemagne courir de nouvelles aventures -, comment enfin, après avoir insulté le prince Eugène ainsi qu'il avait insulté autrefois Chamillart, il avait fui chez les Turcs, abjuré le christianisme à Constantinople et coiffé le turban-, puis, abreuvé de dégoûts par une cour qui lui devait un retour de succès militaires, était mort en Asie, au moment où il rêvait d'aller chercher le pardon de son apostasie aux pieds du successeur de saint Pierre et demander à la pénitence le repos d'esprit que la gloire et la vengeance n'avaient pu lui donner.

Mais, à côté de cette altière figure, est venue depuis quelque temps s'en placer une autre pleine de résignation et de grâce : c'est celle de la comtesse de Bonneval, dont la douce histoire est désormais inséparable de la sombre légende de son époux. Nous avons dit que l'on gardait quelques-unes des lettres qu'elle écrivit à cet homme qu'elle avait si peu vu. Un jour, l'auteur des Causeries du lundi en donna quelque chose au public et cette communication causa un ravissement.

Lady Georgina Fullarton , à l'esprit de qui rien n'échappe, fut vivement frappée par la gracieuse image qu'avait évoquée M. Sainte-Beuve ^ elle l'étudia de près dans ses propres révélations et dans celles de ses contemporains. Elle lut et relut les lettres de madame de Bonneval et les mémoires de son temps. Mais elle ne put y recueillir les éléments complets d'une histoire.

D'ailleurs, ce qu'elle aurait voulu connaître de la

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