‹ La comtesse de Bonneval: lettres du XVIIIe siècleChapitre 17 sur 19 · TREIZIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

TREIZIÈME LETTRE

Paris, [fin de 1719, début de 1720J (3).

On vous a mandé, mon cher cousin, que pour

(i) Lancelot, comte Turpin de Crissé, brigadier des armées du roi, mort en septembre 1720.

(a) Prince de Ligne, Mémoire, p. 4o.

(3) Non datée par le prince de Ligne et par Barbier. — Cette

LETTRES DU XVIII® SIECLE. -j-y

cette fois vous avez pensé devenir veuf, bientôt après avoir été orphelin. J'ai été à la dernière extrémité, de la petite vérole, qui a tué cette année tous les gens qui en ont été attaqués. Mais le Seigneur n'a pas encore voulu de moi. Il m^a cruellement fait envisager les approches de la mort; j'ai reçu tous mes sacrements, et après, j'ai attendu avec fermeté mon sort. Dès qu'il en faut venir là, un peu plus tôt ou un peu plus tard me parait assez égal. Je me flattais, par rapport à vous, que le temps, ce grand maître, vous consolerait promptcment et que même, par un de ses miracles ordinaires, il pourrait vous faire oublier que vous ayez eu une femme. Voilà, mon cher cousin, le jugement que j'avais fait à votre égard et qui me consolait infiniment dans mon attendrissement de me séparer d'un bonheur qui me flatte, tel éloigné qu'il me paraisse.

Je n'ai su qu'il y eût ici de vos nouvelles que plus de quinze jours après qu'elles sont arrivées. Mon père m'avait fait cacher vos lettres et je n'ai pu rien faire pour vos affaires. Mon père m'a dit par la fenêtre, où je le vois quelquefois, étant logée tout près de lui, qu'il a fait tout ce qui avait dépendu de lui; mais je vois bien qu'on n'a pas pris ici bien sévèrement l'affirmative. Je suis per-

lettre est postérieure à la mort de Bonrepos (la août 17 19) et à celle de la marquise de Bonneval (4 septembre 17 19); et elle n'est paé postérieure de beaucoup, puisque M""* de Bonneval n'a pas encore parlé de la mort de M. de Bonrepos et qu'elle relève de la maladie qui a failli la faire mourir « bientôt après >) sa bellemère.

suadée que vous aurez plus de satisfaction du côté deTAUemagne. Je me flatte, moucher cousin, que vous ne sortirez point de votre naturel et que vous conserverez ce sang-froid et cette prudence qui [font] toujours triompher d'un caractère aussi emporté que celui de M. de Mercy(i). Je sais à merveille que vous n'avez point besoin d'avis ; mais je suis flattée de prévenir ce que vous pensez et de vous paraître m'y conformer.

Je croyais que ce serait le valet de chambre de M. le comte [des] AUeurs (2) qui vous porterait ma lettre; mais le Rhingrave, gendre du prince de Salm, vint hier au soir pour m'avertir qu'il partait demain pour vous aller trouver. Il veut bien se charger de ma lettre et m'a priée de vous le recommander. Il me semble que c'est assez inutile; et, de la façon dont il m'a parlé, vous avez déjà eu tous les égards du monde pour lui. Mon père vous écrit à la prière de M°*® la princesse, pour lui. Je lui ai promis, malgré l'inutilité que j'y trouve, de me joindre à ces puissances. Je vous <;harge donc, mon cher cousin, de ma reconnaissance pour le M. le Rhingrave, de ce qu'il me procure l'occasion de vous écrire. Je vous avertis qu'elle est très grande et que, si vous l'adoptez, vous êtes engagé à faire beaucoup pour lui. Si

(i) Le prince de Ligne et Barbier : fait, — Les circonstances et le motif de cette brouille sont inconnus. La seule mention en est celle-ci : u Un homme... qui n'a pu être tranquille nulle part et qui a irrité contre lui... Mercy en Sicile » (Prutcb de Ligue, Mémoire, p. 6) ; et elle vient de la présente lettre (Ibid., p. iô5, note).

(a) Le prince de Ligne et Barbier : Desaleurs.

VOUS ne sentez pas le plaisiir que j'ai à causer avec VOUS; ne m'en avertissez pas : mon empressement et mon attachement méritent un sort plus heureux.

J'ai eu la petite vérole chez mon père, et j'ai chassé toute la famille, et j'en suis sortie à mon tour. Je suis logée chez M. de Saint-Frémond qui m'a fait offrir sa maison. Je m'aperçois que je suis bien imprudente de ne pas commencer par vous dire que M. de Saint-Frémond est à la campagne : je vous laisse un moment dans une épreuve cruelle (i). Cependant, si votre bienheureuse paresse vous permet de lui écrire un mot sur son honnêteté, je crois que ce ne serait pas mal; mais si cela vous paraît un poids trop pesant, prenez que je n'ai rien dit.

Ne soyez point bien en peine de vos affaires avec M. votre frère : on agit vivement. J'ai toujours oubhé de vous mander la mort du pauvre M. de Bonrepos(2). Je l'ai regretté très véritablement, et je l'ai vu mourir dans deux heures de temps. J'ai bien envie de savoir les réponses que vous aurez de Vienne.

En voilà beaucoup pour une veuve infirme.

Adieu, mon cher cousin, Aimez-moi pour être

(i) Le marquis de Saint-Frémond, lieutenant général depuis 1703, gouverneur de Maubeuge en 1706. Il mourut le 17 juin 172a à 78 ans. n avait donc, à ce moment-là, 76 ans : il n'était pas bien dangereux.

(2) 12 août 1719. — Cf. Saint-Simon, XÏ, p. i36 : « Bonrepos mourut subitement dans sa maison à Paris, dans une heureuse vieillesse, sain de corps et d'esprit, sans avoir été marié.. »

8o LA COMTESSE DE BONNEVAL.

juste ; et je vous serai attachée pour suivre un goût qui m'est bien cher.

C*est ajuste titre que M'^^de Bonneval s'appelait « veuve»,' car elle ne comptait guère dans la vie de son mari. Il s'amusait à Vienne et n'avait pas le temps de penser à elle, ni de lui écrire. Il préférait faire des folies et des imprudences qui, à la fin, le perdirent. Ne s'avisait-il pas, lui, si chatouilleux pour lui-même et si peu digne d'ailleurs de faire à qui que ce fût des représentations sur un pareil sujet, — ne s'avisait-il pas de reprocher au prince Eugène, son protecteur et son chef hiérarchique, « l'ascendant qu'il laissait prendre sur lui à la comtesse Bathiany, qui eii abusait un peu, à la vérité? Le prince prit fort mal la chose » (i), et son amie encore plus mal, comme il est naturel. La situation de Bonneval fut dès lors bien ébranlée ; il put encore j à l'occasion, obtenir des grâces de l'Empereur, mais c'étaient les dernières marques d'une faveur qui allait finir. Sa femme, éclairée sans doute par sa tendresse inépuisable^ le lui faisait entendre avec douceur et avec un pressentiment mélancolique.

QUATORZIEJUE LETTRE

A Paris, ce 8 novembre 1731.

Je vous suis très obligée, mon cher cousin, de l'attention que vous avez eue de me faire part de la grâce que vous a fait[e] TEmpereur en vous accordant un privilège exclusif pour rétablissement de vos aciers. J'ai été charmée qu'elle m'ait procuré

(i) Priuce de Ligne, Mémoire^ p. 4i«

LETTRES DU XVIII* SIECLE. 8l

une de vos lettres. Vous m'en avez privée longtemps et je n'ai pu attribuer votre silence qu'à une indiflférence qui n'est qu'un effet trop naturel d'une longue absence, après une légère connaissance. Ce qu'il y a de bien certain, c'est que je ne la mériterai jamais.

Je crois que la bonne foi de Kelner (i) pourra rendre l'octroi qui vous a été accordé, très utile. Ses idées sont justes, et je crois devoir vous dire qu'au cas que M. Valair soit encore porteur de vos ordres, je crois bien dangereux, pour le bien de la chose, qu'il s'en croie trop le maître ; ses projets sont trop vastes et le conduisent à la chimère.

J'ai beaucoup souffert des bruits qui se sont répandus ici de votre brouiUerie avec le prince Eugène, et je n'ai pas cru vous en devoir parler dès que vous ne m'en disiez rien. Quand nos amis deviennent nos ennemis, je les crois les plus dangereux. Je suis disposée à croire que vous n'ayez pas eu le premier tort et je n'en puis douter; mais j'avoue que je souhaiterais fort que vous fussiez bien avec lui, sachant que vous ne serez capable d'aucune fausse démarche pour vous raccommoder : ce qui me paraîtrait pis que la disgrâce la plus sûre.

Je souhaite beaucoup que vous obteniez ce que vous avez demandé ; mais je crains que mon étoile, qui n'est pas heureuse, ne soit un plus grand obstacle à votre bonheur que votre propre destinée. Ne croyez cependant pas, mon cher cou-

(i) Ou Keller. Voir la lettre douzième.

Sa LA COMTESSE DE BONNEVAL.

sin, que je pense devoir envier le sort de mes sœurs. Je les trouve très bien mariées ; mais quand on porte de certains noms et qu'on est née avec la gloire de le sentir, on prend patience sur les choses auxquelles il n'y a pas de remède. Je n'ai jamais imaginé que votre fortune dût être bornée à votre situation présente. J'espère que vous obtiendrez tôt ou tard la récompense de vos services et je vous prie d'être persuadé que ma vivacité pour voir arriver cette justice vous regarde plus que moi. Mes idées par rapport à moi sont dans des bornes très simples. Je me suis attachée à vous en bien peu de temps, de bonne foi, je suis sincère. Cette tendresse m'a été un sujet de beaucoup de peines ; mais elles n'ont point effacé une prévention qui me fera toujours également désirer votre amitié comme la seule chose qui puisse me rendre heureuse.

Ma mère me charge de vous faire mille amitiés. M. et M™" de Gontaut ainsi.

M. le duc de Brancas s'est retiré dans une abbaye de Bénédictins ; il est dans une dévotion exemplaire. Tout le monde a été bien étonné de son départ (i).

(i) Il parait que la chose était surprenante. C*était « un homme léger, sans méchanceté, sans bonté, sans affection et sans haioe, sans suite et sans but que celui d'attraper de l'argent pourvu que ce fût sans grand'peine, de le dépenser promptement et de se divertir. A qui n'avait que faire à lui et à qui n'y prenait point de part, aimable, amusant, plaisant, divertissant, avec des saillies pleines d'esprit, d'une imagination ravissante, quelquefois folle, qui ne se refusait rien, qui parlait bien et de source, avec un air naturel, souvent un naïf admirable... Une débauche outrée et vilaine l'avait séparé de presque tous les honnêtes gens et, quoiqu'il se remit par bouffées de fantaisie par-ci par-là dans le grand monde, dont il était toujours bien reçu du gros, l'obscurité de son

LETTRES DU XYIlT SIÈCLE. 83

^ Il n'a fait part de son dessein à personne, et a

écrit à M. le duc d'Orléans pour lui dire un dernier adieu.

Les sages avis de M™* de Bonneval ne furent naturellement pas écoutés. Bonne val, à la tète de son a régiment de roués», continua ses habitudes de libertinage, qu'on lui eût pardonnées, et de persiflage, qu'on ne lui pardonna pas. Il chansonna, dans des couplets qui firent esclandre, des protégés du prince Eugène, et, par ricochet, le prince Eugène et l'Empereur même, a Tout cela, avec des gaietés sur M""Bathiany, fit un peu trop oublier au prince tant de services et d'attachement particulier à sa personne... Charles YI le prit tout à fait en guignon. » Bonne val fut à demi exilé à Bruxelles « comme Feldzeugmeister ; et il y avait son régigoût Ten retirait bientôt dans Tobscurité de sa déraison, où il demeurait des années sans reparaître. » (S^int-Sision, YIIl, p. 4^7.) (( Au travers de ses débauches, il avait eu de fois à autres de faibles retours qui n'avaient eu aucune suite. Enfin Dieu le toucha, n s'adressa fort secrètement au Père de la Tour, général de l'Oratoire, grand et sage directeur... qui jugea qu'il avait besoin d'une forte pénitence et d'une entière séparation du monde. Il l'y résolut et se thargea de lui choisir et de lui préparer une retraite. Pendant tout le temps de ce commerce secret, le duc de Brancas avait quitté ses débauches, mais conservé tout l'extérieur de sa vie et soupait tous les soirs avec M. le duc d'Orléans, avec sa gaieté ordinaire. Au commencement d'octobre, il disparut tout d'un coup, ayant soupe la veille avec M. le duc d'Orléans, sans qu'il eût paru en lui aucun changement ; et on sut quelques jours après qu'il était allé se retirer dans l'abbaye du Bec en Normandie où

^ sont les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. M. le duc

d'Orléans, également surpris et fâché de sa retraite, espéra en sa légèreté et lui écrivit une lettre tendre et pressante pour le faire revenir. Le duc de Brancas lui fit une réponse d'abord plaisante, puis sérieuse, sage et ferme, édifiante et belle« qui ôta toute espé-

^ rance de retour. II y passa fort saintement plusieurs années : plût

f à Dieu qu'il eût persévéré jusqu'à la fini » (Ibid., XII, p. 9.)

ment en garnison, composé d'étrangers, jeunes gens distingués, aimables, bien choisis, bien étourdis, dont le comte de Latour, son fils naturel, fut colonel comniandant, après le prince de Salm. Gela lui fit d'abord une espèce de cour... Son amabilité, l'aisance de sa maison, la bonne chère, deux concerts par semaine, des soupers où régnait la liberté » (i), attirèrent la belle compagnie et firent le vide dans les salons du gouverneur, le marquis de Prié. Bientôt une sourde rivalité s'établit entre eux. Aussi la plus sotte histoire du monde amena une catastrophe. On répéta à Bonneval que la marquise de Prié avait difTamé la reine d'Espagne, fille du Régent. Bonneval, sous prétexte que la famille royale était apparentée à la sienne par les maisons de Foix et d'Albret, prit feu pour la reine et outragea publiquement le gouverneur. Mis aux arrêts dans la citadelle d'Anvers^ il envoie rapports, lettres et factums à tout le monde, à l'Empereur, au Conseil Aulique, au prince Eugène, aux plénipotentiaires espagnols réunis à Cambrai ; et enfin, par un coup de tète plus bizarre encore, il finit par adresser un cartel au prince Eugène lui-même. Ses arrêts terminés, il fut mandé à Vienne, déféré à un conseil de guerre sur la plainte du prince, et condamné à un an de détention. A l'expiration de sa peine^ il se rendit à Venise (1729). Là, il intrigua avec l'Espagne, et se remua tant qu'il finit par craindre d'être enlevé et livré à l'Empereur. Sans appui, sans ressources, il se dirigea alors vers la Bosnie, au hasard. A Bosna-Seraï, ville frontière, il fut arrêté, retenu quatorze mois durant, réclamé par l'Empereur et en grand danger d'être extradé. Pour en finir, il prit le turban et, faisant profession de mahométisme, entra au service du Grand-Seigneur (1780). 11 y voyait un moyen pour se venger. J'ai senti, disait-il, (t un niouvement de grâce turque intérieure, qui consiste à donner sur les oreilles au prince Eugène, à la tête de quelques bataillons turcs ».

(i) Proigb de Ligne, Mémoire, p. 5o. — Il avait eu ce fils, dans sa jeunesse, d'une « bourgeoise de Rochefort »*

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La comtesse de Bonne val avait dû suivre avec une vive anxiété les aventures de son mari; mais son apostasie lui révéla avec une évidence trop grande combien peu 'de chose elle était pour lui. li savait bien qu'en faisant ce pas, il renonçait pour jamais à elle et qu'il y renonçait publiquement. Elle cessa de lui écrire. J'aime, je l'avoue, ce mouvement de dignité blessée, et qu'à voir son amour et sa personne ainsi méconnues, elle ait eu enfin une révolte silencieuse : combien cette attitude est plus noble que la tendresse trop humble et pour ainsi dire maladive témoignée plus tard par la marquise de Sade envers son plus indigne mari. Et pourtant elle n'avait pas renoncé, au fond de son cœur, à sa fidèle affection. « Bonneval, qui comptait pour rien ses torts avec elle, se plaignit à un ami commun de cette interruption de commerce ; ce qui engagea la comtesse à lui écrire encore une fois. Mais cette lettre s'est perdue (i). » Si elle ne lui écrivit qu'une fois, elle ne cessait pourtant point de s'informer de son sort et de lui faire parvenir indirectement de ses nouvelles ; elle se croyait encore des devoirs envers lui ; elle voulait connaître ce qu'il devenait ; elle avait toujours pour son « mérite peu commun » la même admiration profonde ; elle épousait ses intérêts, et, malgré elle, ses rancunes mêmes ; elle se persuadait que tout ce qui était arrivé était « la faute de ses ennemis », et, tout en se le reprochant, elle se réjouissait des malheurs qui pouvaient survenir à l'ingrat Empereur. On ignore à qui elle écrivait les deux lettres suivantes, où se peint cette obstination quasi involontaire de sa tendresse.

Les Russes, en 1786, avaient attaqué les Turcs sans déclaration de guerre, sous prétexte de violation de territoire : Lascy avait repris Azof et Munich envahi le Caucase. L'Autriche, qui venait d'être vaincue en Italie (2), cherchait des compensations et crut les trouver en Orient. Elle offrit sa

(i) Prince de Ligne, Mémoire^ p. 38.

(2) Guerre franco- autrichienne terminée par les préliminaires de Vienne (1785).

médiation, et les Turcs Tacceptèrent, bien que Bonneval leur criât que <( prendre TAutriche comme médiateur, c'était se confesser au Renard (i) )). En effet, l'Autriche, secrètement d'accord avec les Russes, soutint leurs prétentions au Congrès de Niémirow ; et, pour prix de sa médiation, elle exigea les places fortes maîtresses de la Serbie. Les Turcs, indignés, rompirent et se décidèrent à suivre les conseils énergiques que leur donnaient Bonneval et le marquis de Villeneuve, ambassadeur de France. Ils réorganisent leurs armées d'après les instructions de Bonneval et lui demandent des pians de campagne; ils battent les Autrichiens à Bagna-Louka, leur reprennent Nisch et se rouvrent le chemin de Belgrade (1787); l'année suivante, ils les battent encore à Orsova et se préparent à attaquer Belgrade. A ce moment, un revirement inattendu se produit dans leur politique, et Bonneval, brusquement disgracié, est déporté à Kastamouni en Asie Mineure (novembre). Mais le parti de la guerre reprit bien vite le dessus : Bonneval fut rappelé et les opérations recommencèrent. Dans les premiers utois de 1739, les Turcs emportent les lignes d'Essargik, battent à Krotzka un corps autrichien et mettent le siège devant Belgrade. La première de ces deux lettres est écrite à ce moment.

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