‹ La comtesse de LeicesterChapitre 17 sur 27 · M0RT · texte numérisé non relu

M0RT

Peut-être est-ce l'effet du souhait que je forme, Mais au leur aujourd'hui mon avis est conforme. âO 3i li

Bien... Réponds -moi) Morton, et sois de bonne foi. On parle des bonlés que la reine a poor moi?

HORT0!f.

Et comment serait-il possible de s'en taire, Lorsque pour les Anglais ce n'est plus un mystère ?

Mais aux princes, dit-on, il faut peu se fier.

HORTorr.

C'est juste, à moinà pourtant qu'on ne sache lier Par d'insolubles nœuds leur intérêt au nôlre.

Sans doute que tu crois ruser avec un autre ; Moi, malgré tes détours, j'entrevois aisément Ce que tu n'oses pas m'expliquer clairement.

Ce que tu viens de dire est pour que je comprenne Que, si je le voulais, j'épouserais la reine.

MORTOîf.

C'est vous qui l'avez dit, et non pas moi, mllord ;

Et quand je le dirais, où serait le grand tort,

Si quatre^vingt dix neuf sur cent pensent de même ?

Eh bien, le mieux instruit, Morlon, c'est le centième, C'est toi-même, qui sais quel est l'empêchement Qui repousse à jamais un si beau dénouement... L'Angleterre, il est vrai, la Hollande, la Suisse Désirent qu'au plus tôt cet hymen s'accomplisse, C'est une caution pour beaucoup d'Écossais; Rien ne le peut troubler du côté des Français, Et quant à l'Espagnol, aveuglé par sa haine.

Son opposition est impuissante et vaine.

J'ai des avis certains qui, de tous les côtés, Me sont par mes agents en secret apportés...

Mais à quoi cela sert, quand un sort inflexible Me rend, tu le sais bien, tout espoir impossible î

MORTON

En vérité, milord, je ne sais point cela.

Comment ! tu ne sais point, Morlon ! Que dis-tu là ?

HORTOIf.

Mais enfin la comtesse est très-indisposée.

Juste ciel ! Loin de moi celte affreuse pensée !

nORTOIf.

Elle-même, elle a dit : la mort est dans mon sein.

Malheureux ! veux-tu donc être son assassin.

HORTOIf.

Pour qui me prenei-vous ? suis-je donc si farouche ? Voyons, milord, est-il rien sorti de ma bonche Qui puisse autoriser votre horrible soupçon.

Et me valoir de vous cette rude leçon ?

J'ai dit que votre épouse est très-indisposée; Elle est au sort commun comme une autre exposée ; Mais que le ciel, milord, loi donne de longs jours, Et de sa longue vie embellisse le cours !

Cest bien, laissons cela. Je vais voir la comtesse. Et tâcher de calmer son trouble et sa tristesse.

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