IK COMTESSE
Il est déjà trop tard.
SIDKEI.
Trop tard ! oh î non. . . je cours. . .
Il est trop tard, te dis-je.
SIDNEI.
Âh ! madame !
LA COMTESSE, i'ar vêlant.
Demeure.
Sidnei fait signe à la suivante, qui sorl aussîlôl.
Sidnei, lu ne sais pas que Ton veut que je meure.
SIDNEI, à lui-mêtne.
Ciel î quel affreux soupçon s'élève en mon esprit î Le comie, si pressé d'envoyer cet écrit,
Morton, seul eo ces lieux, Tétai de la comtesse... Il y va d'uD forfait , plus de délicatesse !
ÉcIâirons-nous...
II va vers Norton et lui arrache le billet qo^il tientàlamain. HORTOn, menaçant.
Milord !
SiDNEi, avec mépris»
Silence! on te connaît...
Après avoir lu la lettre.
Qu'ai-je lu? c'était là l'espoir qu'il me donnait !
Eh bien ! qu'est-ce, Sidnei?
SIDIfÊI.
Madame, c'est horrible.
Parle donc... Dois-je au comte une mort si terrible?
SIDRBI.
Je ne sais où j'en suis, ni comment m'expliquer.
Ne crains pas, pauvre ami, tu n'as rien à risquer, Et tes précautions sont tardives et vaines ; La mort! la froide mort court déjà dans mes veines... Le crime (si-il du comte?
SIDNEI,
Oui, car il Fa permis ; MaiS; sans ce scélérat, il ne l'eût pas commis.
MORTOIf.
Qu'osez-vous dire?
SIDIfBI.
En vain tu t'armes d'impudence ; Vois ce billet !. .. Ta vie est sous ma dépendance. Sais-tu ce qui t'attend? sais-tu ce qu'il te faut? Une corde, un gibet.
MORTON
Périr sur Téchafaud, Moi, Morton ! noa, milord, cela ne saurait être. Vous me counaissez mal, sachez mieux me connaître. Du comte j'ai voulu servir l'ambition Non moins par intérêt que par affection.
S'il obtenait, par moi, la suprême puissance, Par lui je grandissais, et sa reconnaissance M'eiJt payé de mes soins en répandant sur moi Quelques uns des rayons dont resplendit un roi. Allez, je ne suis point un criminel vulgaire, J'ai du cœur, et la mort ne m'épouvante guère... Les malheurs, contre moi, se sont tous réunis, Je n'ai pu réussir, eh bien ! je m'en punis...
H saisit le vase empoisonné et le vide rapidement. Voilà, de Téchafaud, comment on se délivre.
Dans une heure, Morton aura cessé de vivre.
Il sort précipitamment .
SCEIVE III.
LA COMTESSE, SIDNEI.
Dans une heure, dit-il ! et moi, moi, justes cieux ! Je vais mourir aussi.
SIDNEI.
Madame, espérons mieux.
Le ciel se montrera clément et pitoyable ; Il ne permettra pas ce malheur effroyable...
Vous semblez souffrir moins.
Je ne peux plus souffrir, Je n'en ai pas la force.
siD?iEr, votfnnt entrer le Médecin,
On va vous secourir.
SCEME IV.