ACTE II
SCEIVE PRElIlfiRE.
Au lever du rideau j le conseil est assemblé; la délihé^ ration vient de finir, les membres se retirent, excepté BURLEIGH, SIMIER.
BORLEiod, aux membres du Conseil qui sortent. Puisse la reine enfin se rendre à vos avis; Mais je n'ose assurer, milords, qu'ils soient suivis.
SIUttEK.
Gomment !
BURLEIGH
N'avons-nous pas pour noas l'expérience ?
L'archiduc Charle aussi brigua son alliance.
D'abord, on se flatta qu'elle allait accepter, L'intérêt, son penchant, tout semblait l'y porter ; Mais, suivant de son cœur la mobile nature, Elle chercha bientôt un moyen de rupture, Et les conditions qu'elle osa proposer, Aux yeux de l'archiduc ne pouvaient s'excuser. Ainsi d'Elisabeth l'inconstant caractère Fit manquer un hymen qui flattait l'Angleterre. De la reine en effet les jours doivent finir, Qui sait ce qu'aux Anglais garde alors l'avenir.
Cet hymen promettait ud successeur au trône, Aux neveux des Tudor assurait la couronne, Kl préservait PÉtat de ces déchirements .Qui peuvent l'ébranler jusqu*en ses fondements : C'est ce quÉIisabeth devrait pourtant comprendre... D'autres raisons lui font un besoin de se rendre, Seule contre PEspagne unie au Portugal, Pour elle le débat devient trop inégal ; Mais qu'aux désirs du duc Elisabeth consente. Et forme avec la France une ligue puissante ; L'Espagne peut alors armer tous ses vaisseaux ; Quand nos deux pavillons flotteront sur les eaux. Qu'ils seront escortés de celui de Hollande, Appuyés, soutenus des forces de l'Irlande,.
Que pourraient contre nous Philippe et ses efforts. Et que craindrait la reine avec de tels renforts?
smifiR, La reine, croyejt-moi, se prétend trop habile Pour qu'agisse sur elle up semblable mobile.
Qu'on vienne lui parler de dangers, de secours, Sa fierté se raidit contre de tels discours ; Seule elle veut prévoir et repousser l'orage. Et que la réussite enfin soit son ouvrage.
Sur ce point là jamais les meilleures raisons IVe Pont fait renoncer à ses combinaisons.
Et quant à son hymen, laisse^ la politique.
Si vous voulez fléchir son esprit despotique, D'après ce que j'ai pu jusqu'ici remarquer.
C'est par un autre endroit qu'il la faut attaquer. Cerleii, je ne suis pas un profond diplomate. Je dois vous Pavouer, et pourtant je me flatte, Si Pon peut Pamener à Phymen attendu, Que ce succès heureux pourrait bien m'être dii.
BDRLEIGH.
Simicr, la défiance cfltre nous ne peut nailre ; Ce moyen si poissant je le voudrais connaître.
SIMIEB.
De grâce, permettez que l'effet fasse foi Qui devait réussir ou de vous ou de moi.
BORLSIGH.
La reine vient à nous, de Leicester suivie.
SIMIER
C'est lui qui la domine et la tient asservie.
iiCEive II.